Un "Portrait de Mao" de Yan Pei-ming en vente Dimanche à Granville
Yan Pei-ming (né en 1960), Portrait de Mao, 1992, huile sur toile, 100 x 80 cm. Estimation : 100 000/110 000 €.
Le succès de Yan Pei-ming ne se dément pas. Depuis les 138 083 € frais compris prononcés en octobre 2005 à Paris (Cornette de Saint Cyr) sur un portrait de Mao en vermillon rouge daté 2001, les records mondiaux se succèdent. Cet artiste contemporain chinois est en effet l’une des révélations de ces dernières années, suivant les traces de ses prédécesseurs Zao Wou-ki ou Chu Teh-chun. Yan Pei-ming arrive en France en 1980. Dès après sa première exposition personnelle, en 1987, Yan Pei-ming est de tous les grands rendez-vous. Sélectionné pour la biennale de Venise en 1999, il participera à des expositions collectives comme celle de Berlin en 1993, consacrée à l’avant-garde chinoise. En venant en France, le peintre cherchait la liberté de création. Sa technique dite "d’assaut" en est d’ailleurs l’expression. Elle consiste à peindre rapidement ses toiles au rouleau, à la brosse, en les saturant littéralement de noir et de blanc ou de gris, et parfois de rouge. Sa peinture est un savant mélange entre la calligraphie chinoise - où l’acte de dessiner est créateur - et la peinture expressionniste occidentale, inspirée en particulier du travail de Goya. Outre ses dessins au fusain, Yan Pei-ming peint essentiellement à l’huile, utilisant à volonté les empâtements de matières ou les coulures. La gamme chromatique de l’artiste est restreinte, le dessin suffisant à exprimer la violence de son propos. Un an avant la création de notre toile, en 1991, le peintre expose dans une galerie parisienne des portraits grand format de Mao. Sur le carton d’invitation, il fait inscrire la mention : "À partir de son histoire mon histoire commence." Cette obsession ne relève ni de l’admiration ni de la haine, mais plutôt du vécu de l’artiste et de ses compatriotes. À travers le portrait, c’est la quête identitaire qui devient le thème majeur de Yan Pei-ming. L’artiste se réapproprie ainsi l’image parfaite, celle placardée dans les rues, mise à distance et banalisée par la monochromie, par l’aspect sommaire et par la violence de la représentation. L’image emblématique de Mao est finalement indissociable de l’histoire personnelle du peintre.
Granville, dimanche 14 octobre. Rois SVV. Mme Guilhot-Voyant
