Art du XXème siècle à Cannes ce jour
Mimmo Rotella (1918-2006), La Calda Marilyn – 2003, décollage sur toile, 140 x 70 cm. Estimation : 35 000/40 000 €.
Au coeur des rendez-vous cannois organisés du 26 au 29 janvier , la vente du dimanche sera consacrée aux grands courants du XXe. Débutons par un hommage, celui de Georges Braque à Picasso, les deux fondateurs du cubisme. Ainsi, un exemplaire des Oiseaux bleus, hommage à Picasso de 1963 - fonte posthume de Landowski, signé, daté et numéroté 4/8 - sera proposé 60 000/80 000 €. Du même, signalons aussi les bijoux ayant appartenu à la collection de Mme Josette Escriva. Le baron Heger de Loewenfeld, l’un de ses proches, lui avait offert ces vingt-sept pièces de la période des "Métamorphoses" de Braque, parmi lesquelles une broche Hermès (8 000/10 000 €) et une paire de boucles d’oreilles Atalante (3 000/4 000 €). Sans transition, poursuivons avec Bernard Buffet représenté avec pas moins de huit oeuvres, peintures et lithographies. Le paysage des Maisons - 1996 (55 000/70 000 €) et la nature morte du Bouquet de roses jaunes sur fond vert - 1996 (30 000/35 000 €) illustrent les deux thèmes de prédilection de l’un des artistes phare de l’après-guerre. Buffet a délibérément choisi la voie de la figuration, s’opposant ainsi à la peinture abstraite, en plein essor. C’est à cette dernière que se rallia Chu Teh-chun dès son arrivée à Paris en 1955. Séduit par les oeuvres de Nicolas de Staël, il se lance dans la voie de l’abstraction lyrique. Sans toutefois renier ses origines, l’artiste chinois se distingue par une recherche constante d’élégance calligraphique, ainsi que par une description précise des manifestations de la nature. Chu Teh-chun invite au voyage spirituel, à l’image de la Composition - 1967 proposée à cette vente (25 000/30 000 €). Autre grand mouvement de l’après-guerre, celui des affichistes, dont Mimmo Rotella est l’un des principaux représentants. Ici, il met en scène l’une de ses icônes, Marilyn Monroe (voir photo). Lors de l’exposition "Nouveau réalisme", organisée au Grand Palais en 2007, le public avait pu découvrir l’une de ses premières Marilyn, datée de 1963 (Vérone, Byblos Art Gallery). Notre oeuvre, plus récente, s’inscrit donc dans sa série des "Cinecittà", dédiée aux affiches de cinéma. Parallèlement aux travaux de Raymond Hains, de Jacques Villeglé et de François Dufrêne, mais sans en avoir eu connaissance, Rotella réalise à Rome en 1954 ses premières affiches décollées, reportées sur une toile, puis lacérées. À la différence des artistes français, Rotella demeure attaché à la production picturale. Il recherche une harmonie à la fois esthétique et phonétique, les mots lisibles étant conservés pour leur valeur mélodique. Cette technique demeure pour lui un "geste de protestation contre la société qui a perdu le goût du changement". En 1962, sur l’invitation de Pierre Restany, Rotella intègre le mouvement des nouveaux réalistes. Le non-conformisme et la volonté d’innovation sont décidément au rendez-vous ! (courtesy www.gazette-drout.com)
Cannes, dimanche 27 janvier. Cannes Enchères SVV. M. Willer
