MERCEDES 300 SL coupé " papillon " - 1955
MERCEDES 300 SL coupé " papillon " - 1955
N° de série : #300SL / 198040 - 5500110 - Moteur : #198.980.7500521, six cylindres en ligne, avant, longitudinal - Alésage-course : 85 mm x 88 mm - Cylindrée : 2996 cm3 - Distribution : simple arbre à cames en tête, deux soupapes par cylindres - Alimentation : injection mécanique Bosch - Puissance maximum : 215 ch à 5800 tr/mn - Boîte de vitesses : mécanique à quatre rapports + MA - Châssis : multitubulaire, tubes d'acier - Carrosserie : coupé 2 portes, 2 places - Suspensions : roues indépendantes à l'avant et à l'arrière - Empattement : 2400 mm - Poids à sec : 1295 kg - Freins : hydrauliques, à tambours sur les quatre roues - Roues : Rudge, à fixation centrale - Nombre de voitures construites : 1400 coupés entre 1954 et 1957 - Estimation 350 000 - 450 000 €
Présenté au Salon de New-York 1954, le coupé Mercedes 300 SL de série dérivait étroitement de la 300 SL de compétition mise au point par Rudolf Ulhenhaut qui avait terminé à la seconde place des Mille Miles 1952 et aux deux premières places de la Carrera Panamericana la même année.Or, si la voiture était un pur produit Mercedes-Benz, rassemblant toutes les qualités propres à la marque, l'idée même de sa commercialisation ne vint pas de la maison-mère à Stuttgart, sinon d'un homme d'affaires américain avisé, d'origine autrichienne, répondant au nom de Max Hoffman.En 1951, celui-ci était l'unique importateur Daimler-Benz des Etats-Unis et éprouvait de certaines difficultés à vendre le modèle 170 aux lignes déjà vieillissantes.Armé d'un bel optimisme, et fort de sa position et de sa réputation, il se rendit à Stuttgart et obtint la fabrication de deux voitures aux lignes modernes : l'élégant et placide cabriolet 190 SL et une version dérivée de la 300 SL de course. Sûr de son succès, il s'engagea à acheter comptant les mille premiers coupés 300 SL à la commande. Il convient de rappeler que Max Hoffman était à l'époque le plus gros distributeur Mercedes au monde, couvrant l'ensemble des Etats-Unis. C'est dire son importance.New-York vit donc la présentation des deux nouvelles Mercedes. Si la 190, bien que moderne et élégante, restait somme toute très classique, sa grande sœur 300 était une véritable vitrine du savoir-faire Mercedes.Son moteur, un six cylindres en ligne dans la tradition de la marque, était incliné à 50° sur la gauche, comme sur les voitures de course, et équipé, pour la première fois sur une voiture de série, de l'injection directe dans les chambres de combustion plutôt que dans les conduits d'admission. Le gain de puissance était considérable, la voiture développant 215ch DIN à 5800 tr/mn. A titre de comparaison, une berline 300 de la même année dépassait péniblement les 115ch.Les freins à tambours était surdimensionnés, et ailetés. Le châssis était composé d'une multitude de tubes soudés, mais le seuil élevé des portes obligea l'installation de portes à ouvertures dite " papillon ", ce qui restera la marque de fabrique de la voiture. La carrosserie en acier, dessinée par Karl Wilfert, pouvait sur commande être réalisée en aluminium, ce qui fut fait sur 29 exemplaires destinés à des clients sportifs.
Hoffman avait donc vu juste, la voiture fut saluée par le public, enthousiasma les spécialistes, et 80% de la production fut vendue outre-Atlantique
En 1956, une 300 SL pilotée par Stirling Moss associé à Georges Houel termina second du Tour de France Auto derrière la Ferrari 250 GT du Marquis de Portago et devant la Ferrari 250 Europa de Gendebien.
La voiture se révéla donc être une parfaite automobile compétition/client, permettant de courir le dimanche et d'aller au bureau la semaine. Heureuse époque !
1400 coupés " papillon " furent construits en quatre ans, dont la voiture présentée, un magnifique exemplaire sorti d'usine le 25 février 1955, alors équipé du moteur
#198.9805500088 et peint en blanc, référence DB50, intérieur en cuir bleu référence 333.
La voiture fut envoyée au distributeur Mercedes de New-York avec une commande spéciale #664077 comprenant des roues à serrage centrale Rudge et un rapport de pont de 3.24. Depuis, la voiture totalisant 4917 miles a été repeinte en un rouge profond et ses cuirs refaits dans une belle teinte tabac blond. Elle est équipée de sa trousse à outils, de sa roue de secours et d'un Tripmaster. C'est une magnifique voiture d'usage, comme le prouve ses différentes participations à des rallyes historiques tel le Maroc Classic.
Titre de circulation communautaire
Artcurial – Briest – Poulain – Le Fur – F. Tajan SVV. Automobiles de collection. 9 févr. 2008 20:00, Palais des congrès.
