14 février 2008
Henri Rousseau, dit le Douanier (1844-1910), Vase de fleurs, mimosas et anémones
Henri Rousseau, dit le Douanier (1844-1910), Vase de fleurs, mimosas et anémones, huile sur toile, 32 x 22 cm. Estimation : 90 000/130 000 €.
| Les oeuvres de l’artiste sont suffisamment rares en ventes publiques pour être signalées – rappelons les 141 600 €, frais compris, d’un Paysage d’hiver avec scène de guerre, prononcés le 20 novembre dernier (Morand SVV). L’évènement est d’autant plus remarquable quand il s’agit de natures mortes, dont une dizaine seulement seraient connues. Si aucune ne peut être datée avec certitude, toutes ou presque représentent des fleurs dans un vase ou une corbeille, et furent exposées au Salon des indépendants en 1902, 1903 et 1904. Une constante, le même isolement du motif et la simplicité de la représentation : les fleurs sont arrangées symétriquement et couronnées d’un léger réseau de feuillages. Quant à leur langage, il incitera le spectateur à s’interroger : si le mimosa, signe de sécurité, symbolise l’énergie féminine cachée sous une apparente fragilité, l’anémone, elle, est la fleur du coeur épris de longue date, qui sait que sa persévérance et la profondeur de ses sentiments sauront triompher de la retenue de l’être aimé. Revers de la médaille toutefois, l’anémone, à la vie particulièrement brève, signifie la douleur et la mort ; elle serait d’ailleurs née des larmes versées par Vénus au décès de son bien-aimé Adonis. Rien n’est simple, décidément. N’est-ce pas, Monsieur Rousseau ? |
Jeudi 14 février, espace Tajan. Tajan SVV. |
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