PHOTOGRAPHIE : PARIS EN COULEURS, DES FRÈRES LUMIÈRE À MARTIN PARR
Lucien Lorelle, La Jolie Femme et le Ramoneur, 1955 © Collection Philippe Galois.
L'invention du cinéma avait paru chose aisée en regard des sept années nécessaires aux frères Lumière pour mettre au point la plaque autochrome, ancêtre de la photographie couleur. Plus intuitif, le banquier Albert Kahn consacre près de cinq mille plaques à la capitale. C'est surtout Robert Doisneau, Édouard Boubat, Willy Ronis et Robert Capa qui apprendront à regarder Paris, particulièrement ses quartiers populaires, au lendemain de la guerre. À travers cette imagerie en couleurs, Paris s'humanise du regard émouvant de passants anonymes et de leurs gestes ordinaires surpris dans des bistrots en voie de disparition. La reconnaissance de la photographie couleur par les artistes est tardive. Martin Parr en exploite l'expressivité avec humour. Son regard sardonique sur le rapport à la nourriture et le mauvais goût ne sauraient se comprendre sans cette dimension explosive de la couleur. Enfin, on ne rit pas moins des mises en scène truculentes d'Erwin Wurm et Philippe Ramette. GENEVIEVE NEVEJAN www.lesechos.fr
Jusqu'au 31 mars, Paris. Tous les jours sauf dimanche de 10 h à 19 h. Hôtel de Ville, salle Saint-Jean, 5, rue Lobeau, 75004 Paris. Tél. : 01 42 76 51 53.
