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Alain.R.Truong
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1 juin 2008

Jean-Michel Frank (1893-1941). Table à jeux en laque réticulée vert frottée d’or, vers 1928

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Jean-Michel Frank (1893-1941). Table à jeux en laque réticulée vert frottée d’or, plateau supérieur à damier de marqueterie de paille, prises boule en ivoire, vers 1928. 51 x 80 x 57,5 cm. Estimation : 35 000/45 000 €.

Une partie de dames ou de backgammon ? Les deux sont jouables sur cette table associant laque et marqueterie de paille, réalisée vers 1928 par Jean-Michel Frank. Reconnu dans les dernières années précédant la Seconde Guerre mondiale, Frank a toutefois attiré l’attention dès 1927, avec ses deux salons aménagés chez le vicomte de Noailles, place des États-Unis à Paris. Sobres et distinguées, ses créations se signalent par des lignes géométriques, des angles droits et de subtils effets décoratifs. Le galuchat et le parchemin ont ses faveurs, tout comme la marqueterie de paille, blonde ou brune. Dans les années 30, il signe l’aménagement de son propre appartement, au 7 de la rue de Verneuil, en collaboration avec Adolphe Chanaux. C’est le début d’une association qui durera de nombreuses années. Leurs créations sont destinées à une clientèle fortunée, Elsa Schiaparelli, Nelson Rockfeller ou Jean-Pierre Guerlain, pour ne citer que les plus célèbres. S’il est encore un décorateur dont les oeuvres sont particulièrement luxueuses et raffinées, c’est bien Armand-Albert Rateau (1882-1938). Mais, aux bois précieux, aux cuirs et au parchemin, ce dernier préfère le bronze, mat ou doré, dont il fait d’ailleurs un usage quasi exclusif. Presque unique aussi, son inspiration : l’Antiquité, qu’elle soit gréco-romaine, égyptienne ou encore assyrienne. C’est entre 80 000 et 100 000 € que devrait être disputée une paire d’appliques en bronze doré parfaitement typique de sa manière, à motifs de palmettes, fougères stylisées, marguerites et papillons. Rappelons qu’en juin 2001, deux appliques cygnes recueillaient 4 442 000 F frais compris, ce qui non seulement constituait un record mondial pour une paire d’appliques art déco, mais aussi pour un objet de décoration de Rateau (Delorme, Fraysse). La barre sera-t-elle dépassée ? Réponse dans quelques jours. Mais on terminera avec un tapis (laine au point noué, 50 000/70 000 €) déclinant, en beige, brun, tête-de-nègre et bleu-violine, la figure du losange. On le doit à Ivan da Silva Bruhns (1881-1980). Imprégné des cultures extra-européennes, l’artiste brésilien s’est imposé comme le créateur de tapis art déco le plus connu et le plus prolifique. Son principe ? L’ornement au sol doit mettre en valeur les meubles et assurer la solidité architecturale de la pièce, tout en unifiant l’espace par ses harmonies de couleur et de dessin. Pari réussi !
Lundi 2 juin, salle 5-6 - Drouot-Richelieu. Camard & Associés SVV.

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