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Alain.R.Truong
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3 juin 2008

Jean Dunand (1877-1942), suite de huit lés de boiserie, peints à la laque sur toile de soie écrue, contrecollée sur panneaux

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Jean Dunand (1877-1942), suite de huit lés de boiserie, peints à la laque sur toile de soie écrue, contrecollée sur panneaux, h. 238 cm -l. variables de 61 à 205 cm. Estimation : 360 000/400 000 €.

Peu après la fin de la Première Guerre mondiale renaît le goût du luxe dans l’habitat, mais aussi dans la mode et les arts dits "mineurs". De grands noms de décorateurs ensembliers ne dédaignent alors pas de fournir aussi les dessins de portes, d‘accessoires, de luminaires ou de reliures. L’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, à Paris en 1925, en fut l’apothéose. L’énorme retentissement international de l’évènement apporta la notoriété aux décorateurs français. Par exemple, Edgar Brandt y exposait, au centre du stand des Établissements Brandt dans la section ferronnerie, une table sur six pieds en console. Ce modèle a inspiré à une société nord-américaine une table d’apparat en fer forgé patiné et doré, au piétement de huit consoles à enroulements et portant l’estampille "Gre Dan". Elle est ici estimée 40 000 €. Plus moderniste, une table basse ronde en placage d’amarante sur bâti de chêne à deux plateaux, modèle dit "à colonnettes", fut dessinée et estampillée par Ruhlmann en 1920-1922. S’il faut compter 50 000 € pour cet élégant modèle, des crémones en bronze patiné vert, à poignée en volute à décor de pointillés, avec une attache de fixation haute et basse, et trois bagues intermédiaires dont une double par Rateau, sont accessibles à partir de 4 000 €. Un détail raffiné pour ponctuer un décor... À la même époque, Jean Dunand réalise pour les appartements de ses clients particuliers des murs de boiserie à décor peint à la laque d’animaux et végétaux stylisés, comme cette suite de huit panneaux à motifs d’oiseaux et de feuillage exotique. Provenant également de la galerie Anne-Sophie Duval, puis d’une collection privée, le canapé divan visible sur la reproduction est quant à lui attribué à Ruhlmann. La tendance moderniste se renforcera au long des années suivantes. En témoignent par exemple quatre chenets dus à Jean Puiforcat, en métal nickelé, formés de deux éléments réunis par une anse à patine canon de fusil, fixée à chaque extrémité par une bague en métal doré. Cet ensemble, estimé 18 000 € – dont un modèle similaire est reproduit dans le n° 12, de décembre 1931 d’Art et Industrie – ne déparerait pas dans une pièce aux côtés d’une coiffeuse de Michel Dufet (20 000 €), cependant créée en 1919. Luxe et technique font bon ménage...
Mardi 3 juin, hôtel Marcel-Dassault, à 20 h. Artcurial - Briest - Poulain - F. Tajan SVV. M. Marcilhac.

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