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10 juin 2008

Jean-Baptiste Perronneau (1715-1783). François Gorsse en habit gris, 1757

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Jean-Baptiste Perronneau (1715-1783). François Gorsse en habit gris, 1757, pastel, 56,6 x 46 cm. Estimation : 100 000/150 000 €.

Voici François Gorsse, notable bordelais, qui, ayant hérité de terres de son oncle abbé, créa le domaine viticole désormais orthographié Labégorce à Margaux. Son portrait au pastel par Jean-Baptiste Perronneau (voir photo) nous montre un fort bel homme, sûr de lui, mais sans ostentation. Perronneau fut un grand portraitiste et pastelliste. Élève de Laurent Cars, dont il fit le portrait, il se lie d’amitié, à Orléans, avec Desfriches. La collection de pastels que ce dernier a légué au musée d’Orléans est l’une des plus réputées. Personnage influent, Desfriches obtient pour son ami plusieurs commandes de portraits. Sur un fond neutre, celui-ci travaille au pastel le portrait en buste de son modèle, le visage vu de face. Cependant, il ne reçoit pas de commande de la cour et, pour gagner sa vie, voyage à l’étranger et en province, notamment à Bordeaux, où sa présence en 1756 est relevée par Ratouis de Limay, son premier biographe. Autre objet digne de figurer chez un amateur : une paire de statuettes en faïence figurant un chien et une lice, assis et portant un collier à anneau, réalisée vers 1700 et estimée 5 000 €. Le XVIIIe siècle s’éprit en effet de passion pour les cabinets de faïences et de porcelaines, aux couleurs chatoyantes à l’unisson des tentures et garnitures de sièges. Ici, une paire de chaises en hêtre d’époque Régence porte une marque au feu "LL" et une marque de collection sous la ceinture. Estimée 6 000 €, elle côtoie une paire d’encoignures en marqueterie de bois de violette, l’intérieur marqueté de panneaux à coins et filets en amarante sur fond de bois citron, estampille de Mathieu Criaerd, début de l’époque Louis XV, pour laquelle il faut compter 10 000 €. Une bergère en hêtre sculpté - ayant conservé son vernis faux bois d’origine -, les pieds antérieurs à double nervure sertissant une brindille fleurie, les supports des accotoirs reculés, les centres de la ceinture et du haut du dossier ornés de coquilles de rocailles épaulées de volutes de feuillages affrontés, porte l’estampille de Jean-Baptiste Gourdin et est accessible à 15 000 €. À la fin du règne de Louis XV, les ébénistes savent s’adapter au nouveau goût. Les formes plus simples des meubles laissent apprécier la beauté du bois, surface sur laquelle jouent les ornements de bronzes dorés. Jacques Dubois, reçu maître tardivement (il approchait de la cinquantaine), délaisse ainsi dans une commode demi-lune (35 000 €) les laques ou vernis Martin qui firent sa notoriété.
Mercredi 11 juin, salle 5 - Drouot-Richelieu. Damien Libert SVV. M. Rampal.

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