David Roentgen (1743-1807). Table mécanique à la Tronchin
David Roentgen (1743-1807). Table mécanique à la Tronchin en acajou, placage d’acajou à ramages, sycomore et bois de rose, ornementation de bronzes dorés, estampillée, 84 x 108 x 73 cm. Estimation : 200 000/300 000 €.
Un véritable style de vie. Joyau architectural mis à la mode dès le règne de Louis XIV, le pavillon se doit d’abriter les décors les plus raffinés. "Cette société, rapporte Louis Ducros, était constante dans ses plaisirs et s’est souvent vu reproché de faire sérieusement les choses frivoles et gaiement les choses sérieuses". En 1771, Marie-Joséphine de Savoie épouse Louis-Stanislas de France, comte de Provence et futur Louis XVIII. Désireuse d’avoir son domaine éloigné - point trop, tout de même - du château de Versailles et sans doute pour rivaliser avec sa royale belle-soeur, Marie-Antoinette, elle fait acheter le domaine de Montbarey à Montreuil, une commune rattachée à Versailles. Elle charge alors l’architecte Jean Chalgrin d’apporter les modifications à la demeure principale et d’agrémenter le parc à l’anglaise de plusieurs bâtiments - dont le plus célèbre reste le pavillon de musique. Madame, depuis l’accession au trône de Louis XVI, ne profite pas longtemps du hameau, de la pagode chinoise, du belvédère et des pavillons d’habitation et de musique. Elle rejoint Paris en 1789 avec la famille royale et part en exil en 1793. Le domaine est vendu l’année suivante, en deux lots. Bien plus tard, le pavillon d’habitation deviendra le lycée privé Sainte-Geneviève, en 1913, et le pavillon de musique la demeure d’un couple de collectionneurs. Celui-ci s’est attaché à redonner vie au lieu, en le décorant de tableaux, d’objets d’art et d’ameublement. Pour évoquer les fêtes et les concerts, quoi de mieux qu’une suite de six toiles par Jacques Vigoureux-Duplessis, à sujets de chinoiseries et de personnages mythologiques, ayant inspiré des opéras ou des pièces de théâtre sous le Roi-Soleil ? Ces peintures (150 000/180 000 €), autrefois montées en paravent, sont citées dans l’inventaire après décès du peintre, tout comme leur pendant, qui a appartenu aux collections Victor de Rothschild. Leur thème est éminemment propice à orner un pavillon de musique. Théâtre de réceptions somptueuses, mais aussi de délassement loin du protocole de la cour, on pouvait y voir des pièces d’exception, comme cette table à la Tronchin estampillée Roentgen, "ébéniste mécanicien du roi et de la reine", comme il se présente lors de l’ouverture de son magasin à Paris, en 1780 (voir photo). On peut aussi succomber pour une table à thé formant guéridon en acajou et placage d’acajou mouluré, estampillée Adam Weisweiler. À condition de prévoir 120 000 € pour ce meuble, qui correspond à celui mentionné en 1787 dans le salon de compagnie de la duchesse de Polignac, à Versailles. Enfin, un métier à broder en acajou estampillé Canabas, accessible à 3 000 €, évoque les occupations plus intimes - mais fort sages - des grandes dames de la cour, imitant les jeux de bergère de la reine.
Mardi 17 juin, espace Pierre Cardin. AuctionArt Pierre Cardin Rémy Le Fur & Associés SVV.
