Record mondial pour pour une paire de coupes en agate montées en pot-pourri, d’époque Louis XVI
323 986 € frais compris.
Paire de coupes en agate montées en pot-pourri, d’époque Louis XVI, travail parisien vers 1780-1785. Record mondial.
Ambiance des grands jours dimanche dernier, rue Royale à Fontainebleau. L’hôtel des ventes, coutumier des grands rendez-vous, accueillait une foule de toutes nationalités pour ce qu’il est convenu d’appeler l’évènement de la saison : la dispersion des collections de l’hôtel de Masseran, propriété de la république de Côte-d’Ivoire. En prévision du jour J, rien n’avait été laissé au hasard... Le temps lui-même se montrait ce jour-là clément. Il faut dire que l’on proposait le meilleur de la collection réunie par l’ancien président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny. Au total, une petite centaine de lots, mais quelles oeuvres ! Cette vente, il est vrai, réunissait tous les critères chers au marché : qualité irréprochable, provenances prestigieuses, rareté. Il n’en fallait pas moins pour dépasser les estimations – et ceci en dépit d’un marché XVIIIe généralement dit "en berne". Les amateurs, d’ailleurs, ne s’y trompaient pas. Et la batterie de téléphones connectés avec les acheteurs du monde entier donnait volontiers de la voix... Avec 85 % de lots vendus, le produit global s’élevait à 9 M€, dont 1,5 M€ revenait au tableau de Renoir, vers 1882, La Femme au fagot. Le Bouquet de fleurs signé Kees Van Dongen obtenait pour sa part 195 000 €, les trois tableaux de Bernard Buffet, 45 000 € chacun. Quant au portrait de Marie Leszczynska par Alexis Simon Belle, réplique (sans le dauphin) du célèbre tableau commandé par Louis XV et aujourd’hui conservé à Versailles, son acquéreur, faisant fi des estimations, lui accordait 95 000 €. L’ensemble des meubles en marqueterie de cuivre et d’écaille emportait aussi de belles enchères, confirmant la vogue du mobilier imaginé par André Charles Boulle. Le million d’euros était prononcé pour la paire de bas d’armoire de la collection Roslin d’Ivry réalisée d’après un modèle de ce dernier, livrée au duc de Bourbon pour la galerie des Conquêtes du château de Chantilly, une production à situer à la fin de la première moitié du XVIIIe siècle. La sélection proposait encore une série remarquable de commodes XVIIIe, dont celle estampillée Riesener d’époque Louis XVI, à ressaut central placage d’acajou moucheté de Saint-Domingue, provenant de la collection Charles Stein. Elle était adjugée 380 000 €, au-dessus de l’estimation haute. Du côté des salons à présent, le canapé et les six fauteuils à la reine estampillés Sené, recouverts de tapisserie de Beauvais, étaient adjugés 390 000 €. Rappelons que cet ensemble avait fait partie des collections de Jean-Régis de Cambacérès, archichancelier de l’Empire, ainsi que de Louis-Philippe. Classé monument historique et donc interdit de sortie, le salon du père Gourdin, garni de tapisserie fine d’Aubusson et provenant des collections des comtes de Sade au château de Condé-en-Brie, était adjugé 170 000 €. Les acheteurs faisaient preuve de la même ardeur pour les objets d’art. Ainsi, nos coupes en agate montées en pot-pourri d’époque Louis XVI inscrivent un record mondial car, précise le cabinet d’expertise Renfort… il n’existe pas d’équivalent. Elles étaient emportées à 260 000 € par un décorateur, pour le compte d’un riche amateur du Moyen-Orient, resté anonyme. Une pratique qui, décidément, de New York à Fontainebleau, n’a pas de frontières.
Fontainebleau, dimanche 29 juin. Jean-Pierre Osenat, Fontainebleau SVV. Mme Floret, MM. Augarde, Ronfort, Millet, Lorenceau.
