Michel Zadounaïsky, Serpents aux feuillages, 1935
Michel Zadounaïsky (1903-1983), Serpents aux feuillages, 1935, sculpture lumineuse en fer forgé, martelé et patiné, h. 242 cm. Estimation : 250 000/300 000 €.
Il est russe, réalise de surcroît des oeuvres art déco... Que demander de mieux ? C’est à l’âge de treize ans que Michel Zadounaïsky, né à Odessa, s’installe à Lyon. Ses parents ne s’y sont pas trompés en choisissant la cité rhodanienne, qui connaît alors une forte émulation artistique autour de grands noms de l’art nouveau et de l’art déco tels Sornay, Krass, Linossier, Piguet ou Paulin. Fougueux et rebelle, le jeune homme décide de quitter le nid familial à l’âge de seize ans. Il s’inscrit aux beaux-arts de Lyon mais n’y reste que quelques mois. C’est finalement sur le terrain qu’il apprend le métier de ferronnier, en intégrant les ateliers de lustrerie Fournet. Quatre années seulement lui suffisent pour ouvrir sa propre boutique. Tout d’abord d’un style très 1925, ses œuvres en fer forgé proposent par la suite un bestiaire animalier personnel, parfois à la frontière de l’étrange. Zadounaïsky se considère comme un véritable sculpteur, mais aussi comme un artisan prêt à participer à toutes les étapes de la réalisation. Cette exigence ne manque pas d’interpeller le Parisien Raymons Subes, qui lui propose plusieurs offres de travail... toutes rejetées. L’homme a du caractère, à l’image de ces serpents prêts à l’attaque qui agrémentent nombre de ses œuvres, souvent exécutées sur commande pour de riches clients. Au 13e Salon des Tuileries de 1935, l’artiste expose un totem très remarqué, notamment par le vicomte de la Croix-Laval, qui lui commande pour son château de Noailles, en Corrèze, ce lampadaire aux serpents ainsi que son pendant, aux singes et cocotiers.
Cannes, lundi 10 novembre. Marc-Arthur Kohn SVV.
