Xing Jian Gao (né en 1940), Sans titre (La Montagne)
Xing Jian Gao (né en 1940), Sans titre (La Montagne), encre sur papier de Chine, 70 x 70 cm. Estimation : 15 000/20 000 €.
"Le vrai voyageur ne doit avoir aucun objectif", écrit Xing Jian Gao dans son plus célèbre ouvrage, La Montagne de l’âme, odyssée dans la campagne du Sud-Ouest chinois mettant en présence des personnages miroirs les uns des autres, mais aussi facettes d’un seul et même être. C’est de montagne qu’il est semble-t-il encore question dans ce dessin. Un père banquier, une mère actrice qui très tôt éveille son intérêt pour les arts et l’écriture, Xing Jian Gao choisit les études supérieures de français à Pékin, et devient traducteur au début des années 1960. On lui doit notamment la traduction en mandarin de Ionesco, de Prévert ou de Michaux... Au terme de six années en camp de rééducation pendant la Révolution culturelle, il est autorisé à quitter la Chine. Xing Jian Gao se rend alors en France et en Italie. Ses spectacles expérimentaux et ses ouvrages lui valent encore de nombreuses confrontations avec la censure. Réfugié politique dans l’Hexagone en 1988, il obtient la nationalité française en 1997 ; trois ans plus tard, son oeuvre écrit est couronné du prix Nobel de littérature. Réalisés à l’encre - il a abandonné l’huile en 1978 -, ses tableaux évoquent de mystérieux paysages, entraînant le spectateur dans un voyage intérieur. Un périple sans fin, en quelque sorte.
Mercredi 17 décembre, 16 h, Drouot-Montaigne. Eve SVV. Cabinet Perazzone-Brun.
