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Alain.R.Truong
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Alain.R.Truong
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10 avril 2009

"La fabrique du portrait, Rodin face à ses modèles" @ Musée Rodin

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Garnier, Buste féminin, épouse de L. Garnier, Terre cuite. Paris, musée Rodin. Photo : C. Baraja / Musée Rodin

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Russell, Mariana, en Pallas, Marbre et Plâtre. Paris, musée Rodin. Photo : C. Baraja / Musée Rodin

Au printemps 2009, le musée Rodin met à l’honneur l’art particulier du portrait à travers l’exposition La fabrique du portrait, Rodin face à ses modèles et son prolongement contemporain, Confessions / Portraits, vidéos, deux oeuvres de l’artiste britannique Gillian Wearing

Laboratoire de création mais aussi fresque sociale, l’exposition La fabrique du portrait, Rodin face à ses modèles vous invite à découvrir l’oeuvre considérable, et pourtant méconnue, de Rodin portraitiste. Elle met en lumière le processus de création et la démarche de l’artiste dans la construction d’un portrait. Modelés dans la terre même, les visages de Baudelaire, Clemenceau, Balzac, côtoient celui du bourgeois de la fin du XIXe siècle. À cette occasion, le musée a sorti de ses réserves de nombreuses pièces restaurées, dont certaines sont montrées au public pour la première fois. Une synthèse inédite.

Publics ou privés, commémoratifs ou intimes, le sculpteur a réalisé tout au long de sa carrière des portraits d’une grande diversité.  Artistes, hommes politiques, banquiers, femmes aimées, femmes du monde, français et étrangers, autant de visages contemporains de Rodin, immortalisés dans la matière, réunis en une seule exposition.

Pour s’approprier les traits physiques et moraux du sujet portraituré, Rodin travaille directement la terre à partir de croquis saisis sur le vif ou de photographies.

Marbres, plâtres, bronzes, terres cuites, cous déformés, fronts agrandis, le sculpteur joue sur les matières et les échelles, à la recherche d’une « anatomie cérébrale », pour incarner l’essence même de son sujet.

La construction de ses portraits résulte cependant d’une réflexion plus large sur le rapport entre le particulier et le général, entre le type et l’individu. À partir du modèle, Rodin définit un type: les lignes du visage sont simplifiées ou élargies, le détail et le particulier s’effacent au profit du général. Pour réaliser le portrait posthume de Balzac, Rodin fait appel à un charretier de Touraine dont les traits, typiques de la région, lui évoquent ceux de l’écrivain. Le visage de Baudelaire est également façonné à partir de celui d’un modèle de substitution.

Face au sien, Clemenceau rétorqua : « Ce n’est pas moi ». Mais c’est sans doute dans cette distance entre le type et l’individu, entre le sujet portraituré et le résultat final que s’exprime toute la puissance d’interprétation et de symbolisation du sculpteur. « Clemenceau se voit dans la réalité. Je le vois dans sa légende », expliquait Rodin.

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Charles Baudelaire, Plâtre patiné. Paris, musée Rodin. Photo : C. Baraja / Musée Rodin

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Honoré de Balzac, Terre cuite. Paris, musée Rodin. Photo : C. Baraja / Musée Rodin

In spring 2009, Musée Rodin is putting the spotlight on the special art of the portrait through the exhibition La fabrique du portrait, Rodin face à ses modèles and its contemporary extension, Confessions/Portraits, videos, two works by the British artist Gillian Wearing.

A creative laboratory but also a social insight, the La fabrique du portrait, Rodin face à ses modèles exhibition invites you to discover the considerable but littleknown work of Rodin the portraitist. It highlights the artist’s creative process and approach in building a portrait. Modelled out of the earth itself, the faces of Baudelaire, Clemenceau and Balzac appear alongside the faces of the bourgeoisie of the end of the 19th century. For this event, the museum has taken many restored pieces out of storage, some of which are being shown to the public for the first time.

Public or private, commemorative or private, the sculptor created a great diversity of portraits throughout his career. Artists, politicians, bankers, women who were loved, women of the world, French and foreign, all faces of Rodin’s time, immortalized in material form, gathered in one single exhibition.

To achieve the physical and emotional characteristics of the subject portrayed, Rodin works the clay directly from real-life sketches or photographs. Using marble, plaster, bronze or baked clay, creating deformed necks and large foreheads, the sculptor plays with materials and scales, searching for a “cerebral anatomy”, to embody the very essence of his subject.

However, the construction of his portraits results from a wider reflection on the relationship between the particular and the general, between the type and the individual. From the model, Rodin defines a type: the lines of the face are simplified or enlarged, the detail and the particular give way to the general. To create the posthumous portrait of Balzac, Rodin uses a carter from Touraine whose features, typical of the region, evoke those of the writer for him. The face of Baudelaire is also fashioned from the face of a substitute model.

Faced with his portrait, Clemenceau said: “That’s not me”. But it’s undoubtedly in this distance between the type and the individual, between the subject portrayed and the final result that all the sculptor’s power of interpretation and symbolisation is expressed. “Clemenceau sees himself as he really is. I see him as part of his legend”, Rodin explained.

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Georges Clemenceau, Terre cuite. Paris, musée Rodin. Photo : C. Baraja / Musée Rodin

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Georges Clemenceau. Paris, musée Rodin. Photo : C. Baraja / Musée Rodin

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Georges Clemenceau, Terre cuite. Paris, musée Rodin. Photo : C. Baraja / Musée Rodin

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