Huit panneaux de chinoiserie. France, XVIIIe siècle
Huit panneaux de chinoiserie. France, XVIIIe siècle. photo courtesy Kohn - Paris
Matériaux : laine et soie sur canevas. 8 panneaux de 280 cm x 57 cm. Estimation : 90 000 / 100 000 €. Pas d'adjudication
La composition identique de chaque panneau est ponctuée par des variantes de couleurs. Des personnages vêtus de costumes chinois évoluent dans un décor « bizarre », formé de rocaille et de plantes exotiques.
Créé par Madame de Maintenon, seconde épouse du roi Louis XIV, la Manufacture de Saint-Cyr s'appliquait à produire des tapisseries brodées à l'aiguille d'unegrande qualité. On distingue les tapisseries de Saint-Cyr par les différentes tailles de points utilisés. Les décors « bizarre » également appelés « au chinois » furent très en vogue au début du XVIIIe siècle, suite à la visite en France d'une délégation de l'Empereur de Siam.
… « L'origine des tapisseries à sujet de chinoiserie est assez curieuse. En effet, tout commence avec l'Ambassade envoyée en 1684 par le roi de Siam, Phra Narai à Versailles et qui divertit fort la Cour de France, au même titre que les « turqueries » de Molière. C'est l'époque où la Compagnie des Indes
orientales, sous la haute protection de Mme de Maintenon, importait en France d'une manière massive, les produits de l'Extrême Orient. Louis XIV envoie à son tour une Ambassade au roi de Siam dans le but de le convertir. De ce voyage, le père Bouvet rapporte « Portrait Historique de l'Empereur de la Chine » qu'il présente en 1697 à Louis XIV. Ce texte accompagné de dessins et descriptifs vient alimenter l'inspiration des peintres et cartonniers qui seront chargés de mettre sur le métier une tenture prestigieuse, témoin de cette expédition. C'est à la Manufacture de Beauvais que revient le soin de faire établir les cartons pour cette Tenture en neuf pièces. C'est la « première tenture Chinoise ». Le règne de Louis XV prendra par la suite les chinoiseries pour thème de fantaisie favori. Jamais on n'a tant vu, dans les décorations les plus « figuratives », de chinoiseries, de turqueries ou de singeries. L'imagination se plait à ces inventions. On enjolive les pays lointains, que l'on ne cherche d'ailleurs guère à visiter, car on est trop bien chez soi… »
BIBLIOGRAPHIE : Style et meubles décors du Moyen-Age au Louis XV, Tome I, Paris, Larousse 1972, p. 229. Jacqueline Boccara, Ames de laine et de soie, Editions d'Art Monelle Hayot, 1988, p. 307.
Kohn - Paris. Vente du Vendredi 26 mars 2010. Drouot Richelieu - Salles 1 - 9, rue Drouot - 75009 Paris.
