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23 juillet 2011

Le char d'Apollon, 1793. Par Francesco Righetti (Rome, 1749-Rome, 1819)

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Le char d'Apollon, 1793. Par Francesco Righetti  (Rome, 1749-Rome, 1819). photo Kohn

Signé et daté sur le socle F. RIGHETTI G ROMAE 1793. Bronze à patine vert antique, bronzes dorés, marbre vert antique et marbre Sainte Anne H.76,7 cm, L. 90,7 cm, P. 49,5 cm - Estimation : 170 000 - 280 000 €

Certificat de Monsieur Alvar GONZALEZ-PALACIOS L'étude de cette oeuvre a été réalisée par Monsieur Alvar GONZALEZ-PALACIOS, historien d'art:: "Le groupe représente Apollon conduisant un bige; les rayons sur la tête du dieu et les rênes des chevaux sont dorés. Il repose sur un socle en vert antique avec un profil supérieur perlé et un serti à feuilles et perles en bas: entre ces deux sertis pendent des guirlandes nouées accompagnées de cabochons. En dessous se trouve un gradin en blanc et noir antique; quatre tortues en bronze doré servent de pieds. Inscrit F.Righetti F.Romae 1793.  Le modello est tiré presque à la lettre du bige des Musées du Vatican, une composition réalisée avec des fragments antiques de diverses provenances par le sculpteur Francesco Antonio Franzoni autour de 1787. Pour être exact, le char était à l'origine une chaire d'évêque provenant de la basilique de Saint Marc à Rome, donnée par le chapitre de cette église au pape Pie VI comme il est révélé par le plus grand archéologue de l'époque, Ennio Quirico Visconti: "un des plus rares et meilleurs monuments sculptés antique est le char en marbre dont la caisse toute antique et très bien conservée à servi dans la basilique de Saint Marc".

La conception de cet ensemble (qui inclut un cheval en partie antique, don du Prince Borghèse au Pape, et un autre, presque entièrement inventé) est due à Francesco Antonio Franzoni (1734-1818). Franzoni est un des principaux restaurateurs d'antiquités de l'époque: il fut, par exemple, responsable de la majeure partie des marbres exposés dans la Galerie des Animaux au Vatican. La création de la Galerie du Bige commence au milieu des années 1780, et se prolonge pour au moins un lustre (1). En même temps Franzoni travaille avec le fondeur Francesco Righetti avec lequel il demande des licences d'exportation pour des oeuvres en marbre et bronze (2). Une autre demande de licence d'exportation de juin 1793, présentée par Luigi Righetti mentionne deux caisses d'oeuvres qui doivent partir pour Gênes parmi lesquelles "la copie du Bige du Musée du Vatican avec sa base en vert antique garnie de métaux dorés" (3). Il s'agit sans aucun doute de l'exemplaire ici étudié. Righetti n'était pas modeleur, et il est donc incontestable que l'invention de cet ensemble soit de Franzoni lui-même, qui avait conçu non seulement le Bige mais aussi l'entière décoration architectonique de la pièce. La réalisation technique est comme toujours dans l'oeuvre de Righetti admirable: ce n'est pas par hasard qu'il deviendra peu après le fondeur officiel d'Antonio Canova dont il traduira, à grandeur d'exécution, le Napoléon triomphant aujourd'hui dans la cour du Palais Brera à Milan (tiré de l'original en marbre aujourd'hui à Aspley House, à Londres) (4). Au Musée de San Martino à Naples est conservé un groupe semblable au Char d'Apollon ici étudié, inscrit Fr. Righetti et fil Fec.Romae 1812. Par rapport au nôtre, le bige et les harnais des chevaux sont dorés, le socle a une plateforme en granit sur une autre en porphyre plus haute, avec des guirlandes et boucliers, un autre gradin en porphyre avec en haut une frise de feuillage et repose sur deux lions dans les angles (les mesures complètes sont 102 x 113 x 82 cm). Cette seconde version, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ne vient pas des collections royales mais fut achetée en 1871 (5) pour une somme conséquente."

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1: A. Gonzalez-Palacios, Arredi e ornamenti alla corte di Roma, Milano, 2004, pp.254-255 (l'article à déjà été publié en 1994).

2: G. Bartolotti "Esportazione di oggetti di Belle Art da Roma nel secolo XVII" in Archivio storico artistico archeologico e letterario della città e provincia di Roma, 1878, vol.II, fasc.8, p.298: il s'agissait d'une réduction de la fameuse fontaine avec les Atlantes de la Villa Albani, de tazze de marbre à garniture métallique, bases et obélisques en marbre, têtes de bronze avec piedestaux en marbre, groupes animaliers copiés sur ceux du Vatican, et autres statuettes de bronze. A la page 299 du même article est publiée une autre demande de Righetti incluant divers bronzes et copies d'antiques pour des surtouts de table.

3: Maestà di Roma, catalogue de l'exposition à Rome, Scuderie del Qurinale, (catalogue Skira, Milan) 2003, p.157 (R. Valeriani, qui avait déjà publié le document dans le volume dE. Colle, A.Griseri, R. Valeriani, Bronzi decorativi italiani, Milan 2001, p.192. On rappellera qu'au même moment Righetti intervient dans deux centre de table destinés au Doge de Gênes Michelangelo Cambiaso. Il n'est donc pas impossible qu'un objet aussi somptueux comme celui ici étudié ait été destiné au même Doge, mais il s'agit seulement d'une hypothèse. Sur cet argument, voir ce qui est écrit dans Bronzi decorativi cit. P.228 et A. Gonzalez-Palacios dans Ricordi dell'Antico, catalogue de l'exposition à Rome, Musei Capitolini, 2008, p.37, fig.36.

4: Sur Righetti, voir mes diverses interventions, toutes rassemblées et avec des ajouts dans le récent catalogue de l'exposition Ricordi dell'Antico, pp.36-43.

5: Civiltà dell'Ottocento a Napoli, catalogue de l'exposition, Naples, 1997, VI.116, p.208.

Kohn - 98000 Monaco.  Mercredi 27 juillet 2011. Salon des Arts et Salon François Blanc - Place du Casino - 98000 Monaco. EMail : auction@kohn.fr - Tél. : +33 1 44 18 73 00

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