Important fragment d'étoffe en cretonne
Important fragment d'étoffe en cretonne, Photo Hôtel des Ventes de Toulon - Paris
à décor de branchages fleuris rouge et noir sur fond écru, provenant du mobilier de la tour du Temple ayant servi à la Famille royale. Pourrait provenir du lit du Dauphin ou de celui de Madame Elisabeth. Conservé sous verre dans un encadrement à baguette doré. H.: 14 cm - L.: 21 cm. Estimation : 2 500 / 3 000 €
Au dos figure l'inscription manuscrite suivante: « Ce morceau de cretonne, que j'ai le grand plaisir d'offrir à mon ami Paul Rousseau provient d'une bergère de la chambre occupée par Madame Elisabeth à la prison du Temple.
Il m'a été donné par Mme. Havot, héritière de tous les meubles de la petite tour du Temple, où habita jusqu'au 13 août 1792, M. Barthélemy, archiviste de l'ordre des Templiers.
Plusieurs de ces meubles ont été offerts par Mme Blavot au Musée Carnavalet. Les baguettes qui encadrent ce fragment d'étoffe ont la même origine.
Paris, le 8 avril 1928. G. (Gosselin) Lenotre.»
Historique : Jacques-Albert Barthélemy (1745-1813), gardien des archives de l'Ordre de Malte conservées à la tour du Temple, fut expulsé de son logement et dût laisser une grande partie de ses meubles.
C'est ce mobilier qui garnit la prison du Temple pendant la détention de la Famille royale du 10 août 1792, à la mort de jeune Louis XVII.
Après de longues demandes et marchandage qui durèrent 3 ans, Barthélemy se vit restituer son mobilier et effets personnels lui ayant appartenu et ayant servi à la Famille royale.
En 1882, la fille de ce dernier décida de mettre en vente une partie de ce mobilier devenu depuis reliques historiques.
Les pièces conservées par sa descendance seront remis à Carnavalet par Mme. Gustave Blavot, veuve du petit-fils de J. A. Barthélemy en 1907, et sont toujours visibles au musée depuis 1910.
G. (Gosselin) Lenotre, de son vrai nom Louis Léon Théodore Gosselin (1855-1935), historien et auteur dramatique français, spécialiste de la Révolution française et de la Famille royale.
Il publia notamment en 1902, « La captivité et la mort de Marie-Antoinette », en 1905, « Le drame à Varennes », en 1920, « Le roi Louis XVII et l'énigme du Temple » suivi d'un grand nombre d'ouvrages historiques sur le sujet.
Il fut élu à l'Académie française le 1er décembre 1935.
Agé de 77 ans, G. (Gosselin) Lenotre s'éteignit avant de pouvoir siéger.
Bibliographie : catalogue de l'exposition Marie-Antoinette, archiduchesse, dauphine et reine, château de Versailles, 16 mai au 2 novembre 1955, p., 232.
Deux fragments de cette étoffe provenant de la même origine (G. (Gosselin) Lenotre), se trouvaient dans la collection Alain Bancel et furent vendus à Drouot, chez Piasa, le 21 mai 2003, sous le n°230.
Hôtel des Ventes de Toulon - Paris. Samedi 24 mars 2012. Salle Rossini - 7, rue Rossini - 75009 Paris. Tel. 04 94 92 62 86
