Pendule aux Chinois. Époque Régence, vers 1730
Pendule aux Chinois. Époque Régence, vers 1730. Photo Europ Auction
en marqueterie de cuivre et d'écaille de forme violonée présentant un impressionnant décor de bronzes ciselés et dorés. Deux dragons ailés ornent les pieds arrière et deux chinoises forment les pieds avant, le culot central à motif de feuilles entrelacées est surmonté d'un branchage de feuilles. Des enroulements courent tout autour de la pendule pour se terminer dans la partie haute par un bronze représentant une téte de dragon surmontée d'un chinois assis sur un rocher tenant une ombrelle. Mouvement signé sur la platine arrière HENRY BALTHAZAR PARIS Le cadran indique les heures, les minutes et le petit cadran central est celui du réveil. H 80, L 35 cm. Lot n°223. Estimation : 80 000 - 100 000 €
Bibliographie: A.Pradère, Le maître aux pagodes, un ébéniste mystérieux, in L'Estampille/Objet d'art, mars 1992, pp. 22-44
Henry Balthazar, mort en 1752, maître à Paris, horloger de Mesdames, filles de France, établi rue de la Calandre en 1708, et rue du Harlay en 1726, fait partie d'une des plus célèbres dynasties d'horlogers comptant dix huit horlogers sur quatre générations.
L'absence quasi générale d'estampille sur les meubles de la Régence et du début de l'époque Louis XV ne permet pas de faire des attributions en toute certitude.
Certains ateliers ont été redécouverts dans la dernière décennie: Noél Gérard, Doirat, Lieutaud, etc, mais beaucoup restent à découvrir comme les fils de Boulle ou le maître aux pagodes. Cette pendule s'inscrit dans ce contexte.
Un certain nombre d'éléments concourent à attribuer cette pendule au maître des pagodes, en particulier les dragons ailés formant les pieds et la téte de dragon surmontée d'un chinois à l'ombrelle. Le motif du dragon très présent dans la sculpture décorative a vu son image ravivée par plusieurs représentations gravées dans les ouvrages dus aux pères missionnaires du XVII° siècle, mais il semble avoir connu une multiplication peu commune après la parution de l'ouvrage du père Louis de Comte «Nouveaux mémoires sur l'état présent de la Chine» en 1696.
Toutefois, il faut remarquer que la branche de feuilles qui se déploie sur la vitre juste en dessous du cadran est d'une facture presque identique à celle qui orne les côtés du bureau dit de Vergennes estampillé Jacques Dubois (conservé au Louvre).
Jacques Dubois était le demi-frère de Nicolas Gérard, le célèbre marchand mercier. On peut supposer que Jacques Dubois travailla dans l'atelier de Noél Gérard qui comptait sept établis, et surtout un énorme stock.
Décédé en pleine activité en 1736, on compte 80 pendules dans les pièces d'ébénisterie recensées.
EUROP AUCTION. MERCREDI 16 MAI À 14H00. Drouot - Richelieu - Salle 5. info@europauction.fr - Tél. : 01 42 46 43 94
