Paul LIEGEOIS (actif a Paris au milieu du XVII° siecle, entre 1650 et 1670), Nature morte aux fleurs dans un vase et aux fruits
Paul LIEGEOIS (actif a Paris au milieu du XVII° siecle, entre 1650 et 1670), Nature morte aux fleurs dans un vase et aux fruits (peches et cerises) sur un entablement en pierre. Photo courtesy Europ Auction
Huile sur toile. H : 71,5 L : 54,5 cm. (Restaurations au niveau inferieur droit de l’entablement). Pas d'estimation
Provenance :
Conserve in situ au chateau de la Jonchere, a Bougival, jusqu’en 2010. (le chateau est construit par Gerard-Michel de la Jonchere, Tresorier-General de Louis XV, puis devient propriete du prince
Eugene de Beauharnais, de Napoleon Ier, et en 1815 du banquier Gabriel-Julien Ouvrard).
Nous remercions madame Claudia Salvi pour son aide dans la redaction de cette notice.
Une lettre de confirmation sera remise a l'acquereur.
Il s’agit probablement d’une commande pour un mecene prive.
En effet, a ce jour nous ne connaissons aucune œuvre de Liegeois representant des fleurs. Neanmoins on y reconnait les caracteristiques plastiques presentes dans toutes les autres compositions de l’artiste, et pour madame Claudia Salvi, specialiste de la Nature francaise au XVII°, notre tableau peut etre considere comme la seule œuvre connue de P. Liegeois figurant des fleurs.
Apprecie de son temps, et par ses pairs (ses œuvres et son nom sont explicitement cites dans des inventaires de peintres, dont Champaigne) et par les puissants (jusqu’au Roi), Paul Liegeois est l’auteur de compositions importantes qui marquent la liaison entre celles des « Maitres de la Realite » (comme Jacques Linard ou Louise Moillon) et celles plus decoratives d’un Pierre Dupuis.
Il donne une vision scrupuleuse du reel, avec une grande liberte plastique, qui conduit a un art sensible et mesure, anime d’une rare delicatesse dans une gamme de tons raffines.
On retrouve, sans que cela vaille signature ( ), une draperie d’un beau bleu soutenu, remplace ici par un vase dans les memes teintes.
Pour autant cette serenite n’est pas perenite : le monde est fragile et les equilibres instables.
Les peches posees sur la table de marbre commencent a tomber, tout comme les cerises, le contrepoids paraissant bien insuffisant. De meme les fleurs, si belles, ont deja depasse leur apogee.
La tulipe-perroquet, au centre de la composition, est epanouie, mais prete a perdre ses petales...
Allusion a la vie terrestre Aux grandeurs de ce monde quand on sait que la tulipe, fut-elle un oignon, pouvait couter le prix d’une maison, et au-dela, dans la Hollande du XVII° siecle dont Liegeois etait originaire La beaute elle–meme est ephemere : Carpe diem !
Europ Auction.Mercredi 13 novembre 2013. Drouot Richelieu - Salle 1 - 9, rue Drouot - 75009 Paris
