Robe d’été en gaze impériale brodée au point compté, jifu, Chine, Dynastie Qing, fin de l’époque Qianlong
Robe d’été en gaze impériale brodée au point compté, jifu, Chine, Dynastie Qing, fin de l’époque Qianlong (1736-1795). Photo courtesy Feci Auction
Entièrement brodée de fils de couleur bleu, beige, rose, blanc, vert, jaune et rouge en dégradés subtils, rehaussée de fils d'or, décorée de neuf dragons féroces à cinq griffes, tenant ou évoluant autour de la perle sacrée, entourés de nuages, de chauve-souris et des douze symboles impériaux, l'ensemble de ce décor sur un fond d'entrelacs géométriques, la partie inférieure de la robe ornée d'un registre arc-en-ciel surmonté de flots tumultueux desquels émergent des rochers. L’extrémité des manches, le col et la bordure du flanc à décor de dragons et vagues sur fond bleu nuit. Estimation : 270,000-400,000 US$
PROVENANCE : Ancienne collection de Paul Pelliot (1878-1945),
Christie’s Paris, France, 7 décembre 2007, lot 281
Paul Pelliot (1878-1945)
Premier pensionnaire de l’École française d’Extrême-Orient, il fut envoyé à Pékin en 1900 afin d’acquérir des ouvrages pour la bibliothèque et des objets pour le futur musée de cette nouvelle institution.
Il participa alors aux événements de la guerre des Boxers et son rôle dans la défense des Légations étrangères lui valut la Légion d’honneur à 22 ans. En 1901, il devient professeur de Chinois à l’EFEO.
Il est surtout connu pour l’expédition qu’il dirigea en 1906-1908 en Asie centrale. De Dunhuang, un site bouddhique rupestre à la limite orientale de la Route de la Soie, il rapporte une collection inestimable de manuscrits, xylographes et bannières peintes, toutes antérieures au Xe s., qui est conservée à la Bibliothèque nationale de France et au musée Guimet. En 1911, il est nommé professeur au Collège de France à la tête d’une chaire de « Langues, histoire et archéologie de l’Asie centrale », créée pour lui, et intégre dix ans plus tard l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
À la fois linguiste, philologue, historien et archéologue, ses intérêts furent multiples : histoire des échanges diplomatiques, religieux et culturels, de la diffusion des techniques (l’imprimerie).
Il n’a publié aucune synthèse, les jugeant encore prématurées, mais de très nombreux articles et notes érudites. Dans le Journal asiatique et dans le T’oung Pao, ses comptes rendus critiques d’une érudition sans défaut et d’un ton sans appel constituaient un véritable tribunal pour les auteurs.
Note: Cette robe fut offerte comme cadeau de naissance à l’ancien propriétaire en 1928 et resta depuis dans sa famille jusqu’en 2007.
Le col et les manchettes de cette robe sont d'une époque plus récente.
Les "Douzes Symboles de l'Autorité Impériale sont représentés à travers le soleil, la lune, la constellation de sept étoiles du "Big Dipper", des montagnes, des dragons, des faisans, une paire de coupes à sacrifice, des algues, des graines de millet, des flammes, une hache à sacrifice, et un symbole "Fu". Ces symboles ont fait leur apparition au temps de la dynastie Zhou, et leur combinaison dans leur intégralité était exclusivement réservée à l'empereur, représentant le Chef de l'Univers, cf V.Garret, Chinese Clothing, An Illustrated Guide, Oxford, 1994, p.4.
Par la suite, ces douzes symboles furent adoptés en tant que motifs impériaux sur les robes "dragon" de la dynastie Qing popularisées sous le règne de l'empereur Qianlong.
Le Huangchao liqi tushi, “Precedents illustrés de l’attirail rituel de la Cour Impériale” qui a été appliqué en 1766, a restreint l'utilisation des Douze symboles de l'empereur et il est très probable que cette robe ait été faite pour l'empereur Qianlong lui même.
Un exemple du motif brodé «douze - symboles dragon» de la robe impériale est un jifu qui a été inclus dans l'exposition, L'empereur de Qianlong, Trésors de la Cité Interdite, Zhang Hongxing, National Museums of Scotland Publishing Limited, 2002, p.45, pas. 12. Les auteurs expliquent que le jifu a été porté par l'empereur Qianlong lors d’occasions moins formelles comme des banquets de l'Etat, des nouvel an ainsi que des anniversaires de la famille impériale.
Il a également été présenté dans l’exposition de la Royal Academy of Arts Chine, Les Trois Empereurs, 1662-1795, Londres, 2005, p.72 du catalogue, no 5.
Cette robe peut aussi être comparée avec deux robes jaune kesi aux douze Symboles du dragon, dont une fut illustrée dans Dikenson et Wrigglesworth, Imperrial Wardrobe, Oxford University Press, 1990, pl.57; et l’autre vendue à New York, Sotheby’s, 22 Mars 1995, lot 88.
AN IMPERIAL SUMMER GAUZE TWELVE-SYMBOL DRAGON ROBE WORKED IN COUNTED STITCH EMBROIDERY, JIFU. CHINA, QING DYNASTY, LATE QIANLONG PERIOD (1736-1795)
PROVENANCE: Private collection of Paul Pelliot (1878-1945)
Christie's Paris, France, 7 December 2007, lot 281
Notes: It was offered as a birth present to the actual owner in 1928 and remained in the family since then till 2007.
The collar and cuffs of this robe are of later date and probably contemporary with the construction.
The 'Twelve Symbols of Imperial Authority' are presented by the sun, moon, the constellation of seven stars of the Big Dipper, mountains, dragons, pheasants, a pair of sacrificial cups, water weed, grains of millet, flames, a sacrificial axe, and fu symbol. These symbols appeared as early as the Zhou dynasty, and the entire combination when used together was exclusively reserved for the emperor, signifying the Ruler of the Universe, cf. V. Garrett, Chinese Clothing: An Illustrated Guide, Oxford, 1994, p.4. These twelve symbols were later adopted as imperial motifs on Qing dynasty 'dragon' robes which were regulated in the reign of the Qianlong Emperor. The Huangchao liqi tushi, 'Illustrated Precedents for the Ritual Paraphernalia of the Imperial Court', which was enforced in 1766, restricted the use of the Twelve Symbols to the emperor and it is highly likely that the present robe was made for the Qianlong Emperor himself.
For an example of imperial embroidered 'twelve-symbol dragon' robe, see the jifu that was included in the exhibition, The Qianlong Emperor, Treasures from the Forbidden City, Zhang Hongxing, National Museums of Scotland Publishing Limited, 2002, p.45, no. 12. The authors explain that the jifu was worn by the Qianlong Emperor on less formal occasions such as state banquets and festivals as well as Imperial birthdays.
FECI AUCTION. Art d'Asie. 08 Juin 2014 à 13h30. HÔTEL SHANGRI-LA, 10, AVENUE D'IÉNA, 75116 PARIS (SALLE ROLAND BONAPARTE) - Tel. 01 53 76 47 82 - e-mail : feciauction4@gmail.com

