Cadre sculpté, Manufacture génoise, troisième quart du XVIIIe siècle
Cadre sculpté, Manufacture génoise, troisième quart du XVIIIe siècle. Photo ARTCURIAL - BRIEST-POULAIN-F.TAJAN
En bois sculpté, en partie peint et doré, à motif de rinceaux déchiquetés et agrafes rocaille, le fronton ajouré surmonté par deux têtes de putti, le centre représentant le Martyre de Saint André. Dimensions : 147 x 108 cm (57 ¾ x 42 ½ in.). Estimation : 40 000 € / 60 000 €
A SCULPTED FRAME, GENOESE MANUFACTURE, THIRD QUARTER OF THE 18TH CENTURY
Le déclin du style baroque et la diffusion dans les années 1750 du goût rococo venu de France, provoqua un regain d'intérêt pour les décors en stuc ; ces stucs permettaient à toute une nouvelle génération d'artistes de laisser libre cours à leur imagination. En témoigne le cadre raffiné, aux volutes vibrantes et effilochées, que nous présentons. Destiné à orner une toile représentant le Martyre de saint André , ce cadre fut sculpté par un artisan génois entre 1750 et 1775, très probablement pour orner la chapelle privée d'une famille aristocratique, comme il était d'usage assez fréquent dans le Piémont et la Ligurie surtout au XVIIIème siècle.
Un cadre en bois doré et stuc comparable, servant également d'écrin à une peinture religieuse, est conservé dans la chapelle de Faraggiana à Albisola et illustré dans E. Colle, Il mobile Rococo in Italia. Arredi e Decorazioni d'Interni dal 1738 al 1755 , Milano, 2003, p. 259.
Les décorations en stuc et bois envahirent les intérieurs génois ; les exemples les plus raffinés de cette période furent réalisés d'après l'architecte Giacomo Brusco (ou Bruschi) à partir de 1743 par les frères Porta, stucateurs d'origine lombarde à la Villa della Rovere, ensuite renommée Villa Gavotti, à Albisola pour Francesco Maria della Rovere (L. Magnani, Il tempio di Venere. Giardino e Villa nella cultura genovese , Genova 1987, pp. 195-198 et A. González-Palacios, Il Mobile in Liguria, Genova 1996, p. 204, fig. 236-238). Entre 1762 et 1767 Brusco dessina un album avec les vues des différentes propriétés de la famille Della Rovere, parmi lesquelles on peut admirer en plan et l'élévation de plusieurs édifices à l'intérieur desquels les décorations sont enrichies de motifs ornementaux pour les encadrements des miroirs et des plafonds. Les légers décors de treillis présents dans les dessins de l'artiste se rapprochent de ceux que nous observons sur notre cadre où le bord intérieur se déploie avec une fantaisie tout à fait comparable aux inventions décoratives de Giovanni Brusco.
Par ailleurs, les parties travaillées à-jours le long des bords du cadre sont à rapprocher d'arabesques très raffinées en stucs, réalisées vers 1750 par des membres de la famille Canton originaire de Gênes dans un des salons de Villa Durazzo à Cornigliano pour Marcello Durazzo ; habile diplomate, celui-ci était aussi, comme le disent des sources de l'époque, un architecte amateur capable de s'occuper personnellement en suivant ses propres projets de la restauration des résidences de famille (E. Colle, Il mobile Rococo in Italia, pp. 246-247).
Les lignes mouvementées et nerveuses de notre cadre, fait d'entrelacs de volutes rocailles, sont typiques de celles du mobilier génois et plus particulièrement des somptueux cadres et miroirs du dernier quart du XVIIIème siècle. Les dessins d'ornement en témoignent, notamment celui de Gregorio Petondi, pour un dessus de porte en 1770.
Notre cadre interprète avec audace les motifs inventés par les décorateurs génois peu après le milieu du siècle ; on y retrouve les mêmes lignes déchiquetées et les profils mouvementés typiques du mobilier génois (E. Colle, Il mobile Rococo in Italia, pp. 272-275).
Nous tenons à remercier Monsieur Enrico Colle, pour sa collaboration à la rédaction de cette notice.
We are thankful to Mr Enrico Colle, for his collaboration in the writing of this notice.
ARTCURIAL - BRIEST-POULAIN-F.TAJAN. 08 Juillet 2014. HÔTEL DASSAULT - 7 ROND POINT DES CHAMPS-ELYSÉES, 75008 PARIS. Contact: Gabrielle Richardson au +33 1 42 99 20 68.




