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Alain.R.Truong
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27 février 2016

Carambolages au Grand Palais

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Carambolages : Affiche.

Carambolage (Le Littré) : (ka-ran-bo-la-j’) s. m. : terme du jeu de billard. Coup dans lequel la bille du joueur va toucher deux autres billes. fig. : coup double, ricochet

PARIS - Jean-Hubert Martin propose une exposition inédite au concept novateur : décloisonner notre approche traditionnelle de l’art, dépasser les frontières des genres, des époques ou des cultures et parler à l’imaginaire de chacun.

L’exposition offre une traversée de l’art universel à partir d’un point de vue délibérément actuel. Plus de centquatre-vingts œuvres, toutes époques et toutes cultures confondues, sont regroupées selon leurs affinités formelles ou mentales. Les œuvres présentées, souvent atypiques, choisies pour leur fort impact visuel, correspondent à des interrogations ou à des choix contemporains, sans tenir compte du contexte d’origine.

Elles sont ordonnées selon une séquence continue, comme dans un film narratif, où chaque œuvre dépend de la précédente et annonce la suivante. Dans un parcours laissant place à la pensée visuelle, la pédagogie du sensible et les surprises de l’art, le visiteur déambule parmi les œuvres de Boucher, Giacometti, Rembrandt, Dürer, Man Ray ou encore Annette Messager.

2

Johan Tobias Sergel, Nymphe au bain, 1767-1778, marbre, 78,8 x 62,3 x 13 cm, Paris, Musée du Louvre(c) RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Michèle Bello

Les artistes se constituent un bagage de références visuelles puisées dans l’histoire de l’art. Leur choix est libre et ne suit pas les logiques et les catégories de la connaissance. Leurs références peuvent être aussi bien formelles que sémantiques. Pour Ingres, Picasso et bien d’autres, ce n’est pas tant l’authenticité de l’œuvre qui compte que son souvenir, sa présence obsessive et son impact. Beaucoup d’artistes constituent des collections, à l’instar d’André Breton et du rassemblement d’objets hétéroclites qui prennent sens sur le Mur de l’Atelier. L’œuvre tire alors une part de sa signification de ce qui l’entoure. D’autres ont donné corps à des musées imaginaires. Daniel Spoerri a organisé une série d’expositions intitulées, « Musées sentimentaux », dont la première version fut présentée au Centre Pompidou à Paris en 1977. Les objets sont réunis pour leur capacité d’évocation et de suggestion. L’affect l’emporte sur l’esthétique. L’objet devient souvenir vivant pour l’imaginaire collectif.

3

Jean Huber, dit Huber Voltaire, Le Lever de Voltaire à Ferney, vers 1772, huile sur toile, 37,5 x 31 cm, Paris, Musée Carnavalet - Histoire de Paris(c) Musée Carnavalet / Roger-Viollet

La question d’un nouvel ordre à trouver, qui ne soit pas celui de l’histoire de l’art et de son inévitable chronologie, préoccupe de plus en plus de conservateurs. Le courant de l’histoire de l’art incarné par Warburg, Gombrich et Baltrusaïtis trouve aujourd’hui un regain d’intérêt et stimule des études et des expositions. La conception transculturelle qu’ils ont de l’art -leur approche large ne s’arrêtant pas à l’art savant et leur usage du comparatisme- sert, autant que l’exemple des artistes, de fondement à la réflexion pour ce projet.

Cette conception décloisonnée de l’assemblage des œuvres, obéissant à des critères non exclusivement historiques, se retrouve très fréquemment dans les collections privées d’hier et d’aujourd’hui. Le musée y a opposé son ordre spatio-temporel, sauf dans quelques cas où des donateurs ont exigé que leur présentation soit intégralement préservée, par exemple le Soane Museum à Londres, le Pitt Rivers Museum à Oxford, le musée Condé à Chantilly ou encore le Gardner Museum à Boston. Ces musées connaissent un regain d’intérêt aussi bien auprès du public que des experts. Tous sont sous le charme des surprises que réserve leur présentation à base d’affinités formelles ou mentales. 

4

Nicola Van Houbraken, Autoportrait, vers 1720, huile sur toile, 136 x 99 cm, Florence, Galerie des Offices

Cette exposition, affranchie du principe thématique, aborde toutes sortes de sujets qui s’enchaînent selon une logique associative. Il s’agit de la mise en forme et de l’expression d’une pensée visuelle qui constitue le fondement de la création artistique. 

Les œuvres présentées proviennent de prestigieux établissements tels que la Bibliothèque nationale de France, le Centre Pompidou, le musée du Louvre, le musée national des Arts asiatiques – Guimet, le musée du quai Branly ou encore le musée Barbier-Mueller de Genève. Leur rassemblement n’a pas pour but de plonger le spectateur dans l’histoire mais plutôt de lui donner un aperçu des désirs, peurs ou espoirs de l’humanité qui font écho aux siens. Si quelques trouvailles devraient ravir les initiés, l’exposition ambitionne de s’adresser au public le plus large, en particulier à ceux qui n’ont aucune connaissance en histoire de l’art, en suscitant choc, rire et émotion. 

Ex-voto antique, pièces contemporaines, peintures occidentales et orientales se conjuguent dans un ballet sensible selon un jeu de correspondances visuelles, analogiques ou sémantiques. Un travelling ludique pour tous les publics. 

2 mars - 4 juillet 2016

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Inscription : « Laisse ce panneau fermé, sinon tu seras fâché contre moi » 

6 

Inscription : « Ce ne sera pas de ma faute car je t’avais prévenu » 

7

Inscription : « Et plus nous voudrons te mettre en garde, plus tu auras envie de sauter par la fenêtre. »

Anonyme flamand, Diptyque satirique, 1520-1530, huile sur bois, 58,8 x 44,2 x 6 cm, Université de Liège - Collections artistiques(c) Collections artistiques de l'Université de Liège

PARIS - Jean-Hubert Martin presents a unique exhibition featuring an innovative concept: to break down the barriers of our traditional approach to art, to transcend the borders of genres, eras or cultures and talk to each person’s imagination. 

The exhibition offers a journey through universal art from a deliberately modern perspective. Over one hundred and eighty works, from across all eras and cultures, are grouped according to their formal or mental affinities. The works presented, which are often unusual and selected for their strong visual impact, correspond to contemporary questions or choices, irrespective of the original context. 

They are arranged in a continuous sequence, like a narrative film, where each work depends on the previous one and announces the following one. In a progression that allows for visual thinking, educating the sensitive and the surprises of art, visitors wander among works by Boucher, Giacometti, Rembrandt, Man Ray and even Annette Messager. 

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École française, Louis-Antoine de Gontaut, duc de Biron en paon, XVIIIe siècle, huile sur toile, 67 x 51,5 cm, Versailles, Musée nationale des Châteaux de Versailles et de Trianon(c) RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Hervé Lewandowski

The artists constitute a wealth of visual references drawn from art history. They are chosen freely, not following the processes and categories of knowledge and their references can be both formal and semantic. For Ingres, Picasso and many others, it is not the authenticity of the work that is important, but its memory, its obsessive presence and its impact. Many artists create collections, such as André Breton and the collection of odd objects that are given meaning through the Mur de l’Atelier. The work then draws some of its significance from its surroundings. Others have brought about imaginary museums. Daniel Spoerri organised a series of exhibitions entitled "Musées sentimentaux", the first version of which was presented at the Centre Pompidou in Paris in 1977. Objects were brought together for their capacity for evocation and suggestion. The affect carries it through the aesthetic. The object becomes a living memory for the collective imagination.

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Giuseppe Antonio Petrini, Le Sommeil de Saint Pierre, XVIIIe siècle, huile sur toile, 85 x 115 cm, Paris, Musée du Louvre(c) RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Curators are increasingly preoccupied with the issue of finding a new order, which is not that of art history and its inevitable chronology. The trend of art history embodied by Warburg, Gombrich and Baltrusaïtis is today enjoying renewed interest and inspiring studies and exhibitions. The cross-cultural view that they have of art (their broad approach not stopping at high art and their use of comparatism) is used, as much as the example of the artists, as a basis for discussion for this project. 

This unrestricted concept for the assembly of the works, obeying criteria that are not exclusively historical, is often found in past and present private collections. The museum has opposed its spatio-temporal order, except in a few cases where donors have demanded that their presentation is fully preserved, for example the Soane Museum in London, the Pitt Rivers Museum in Oxford, the Musée Condé in Chantilly and even the Gardner Museum in Boston. These museums are experiencing renewed interest among both the public and experts, all spellbound by the surprises that their presentation, based on formal or mental affinities, has in store. 

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Emblème Ejagham de la société Esprit du Léopard, Nkpa, État de Cross River, Nigéria, XIXe siècle, bois, crânes animaliers, bambou, fer, tambour, 115 x 97 x 23 cm, Paris, Collection Liliane et Michel Durand-DessertPhoto : François Doury

This exhibition, freed from the principle of a theme, covers all kinds of subjects which are linked through an associative logic. It is the format and expression of visual thinking which is the basis of the artistic creation. 

The works presented come from prestigious establishments such as the Bibliothèque Nationale de France, the Centre Pompidou, the Musée du Louvre, the Musée National des Arts Asiatiques Guimet, the Musée du Quai Branly and even the Barbier-Mueller Museum in Geneva. They are brought together, not with the intention of immersing the spectator in history, but rather of offering him a glimpse of the desires, fears or hopes of humanity that reflect his own. While a few treasures should delight the initiated, the exhibition aims to target the widest possible audience, and in particular those who have no knowledge of art history, causing shock, laughter and emotion. 

Ex-voto antique, modern pieces, Western and Eastern paintings are combined in a sensitive ballet according to a set of visual, analogue or semantic connections. An entertaining travelling exhibition for every audience.

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Crâne Asmat, Irian Jaya, Indonésie, XIXe-XXe siècle, plumes, vannerie et coquillages, 27 x 20 x 25 cm, Paris, Collection Liliane et Michel Durand-Dessert. Photo : François Doury

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Daniel Spoerri, Variations on a Meal, 1964, assemblage d'objets sur panneau de bois, H. 54,5, L. 64,5, P. 16,6 cmCourtesy GP & N Vallois, photo André Morin, (c) ADAGP, Paris, 2016

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Curator Jean-Hubert Martin stands in front of a painting by Mathieu Dubus entitled "Destruction de Sodome et Gomorrhe" as part of the exibition "Carambolage" on February 25, 2016 at the Grand Palais in Paris. DOMINIQUE FAGET / AFP.

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Curator Jean-Hubert Martin stands in front of a painting by Albrech Durer entitled "Tête de cerf percée d'une flèche" as part of the exhibition "Carambolage" on February 25, 2016 at the Grand Palais in Paris. DOMINIQUE FAGET / AFP.

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