"Chefs-d'oeuvre de Budapest. Dürer, Greco, Tiepolo, Manet, Rippl-Rónai" au Musée du Luxembourg
Chefs-d'œuvre de Budapest : Affiche. © Affiche Réunion des musées nationaux - Grand Palais, Paris 2016
PARIS - Alors que le musée des Beaux-Arts de Budapest, le célèbre Szépmüvészeti Múzeum, se lance dans une vaste campagne de rénovation qui l’oblige à fermer ses portes, les chefs-d’oeuvre les plus remarquables qui fondent sa renommée s’exposent au Musée du Luxembourg.
Budapest se distingue par la richesse de ses collections conservées au musée des Beaux-Arts et à la Galerie nationale hongroise, mais aussi par l’originalité de leur histoire commune qui prend racine au XIXe siècle. Leur genèse témoigne de la volonté des pouvoirs publics d’alors de doter la capitale hongroise d’une institution d’envergure internationale qui puisse offrir le meilleur de l’art national et européen, essentiel à la formation et à l’élévation de la population. Portée par une politique culturelle dynamique et raisonnée, l’idée d’un musée des Beaux-Arts prend forme avec l’acquisition par l’État en 1871 des quelques six-cents chefs d’oeuvre de la collection des princes Esterhazy. Elle se développe par la suite notamment grâce à la générosité de collectionneurs hongrois, désireux de contribuer à l’entreprise en comblant progressivement les lacunes du noyau initial. 1896 marque un tournant décisif : cette année-là, le Parlement décide de faire construire un vaste bâtiment où réunir tous ces trésors alors présentés en divers endroits de la ville. Dans l’histoire de la Hongrie, la création de ce musée coïncide avec un moment d’essor économique et accompagne un âge d’or artistique. Véritable temple des muses élevé à l’orée du grand parc urbain, le nouvel édifice marqué par la référence à l’architecture antique ouvre ses portes en 1906. lI devient rapidement un rendez-vous obligé des habitants de Budapest et une collection parmi les plus prestigieuses d’Europe centrale.
Andrea Pisano (Pontedera, v. 1290 - Orvieto, 1348 ou 1349) , Vierge à l’Enfant, vers 1335. Albâtre, 36 cm (hauteur). © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016
Au-delà de la possibilité de voir à Paris des oeuvres de Dürer, Cranach, Greco, Tiepolo, Goya, Manet, Gauguin, Kokoschka, il s’agit de raconter la singularité du rapport à l’art de cette capitale européenne. Un certain nombre d’oeuvres les plus spectaculaires promettent d’être une découverte totale pour le public français, depuis les sculptures médiévales jusqu’au symbolisme hongrois, puisqu’aux collections du musée des Beaux-Arts se joignent celles de la Galerie nationale hongroise.
L'exposition suit un fil chronologique, mettant parfois en avant les spécificités d’une école (le siècle d’or hollandais tant aimé des Esterhazy), mais développe aussi de façon transversale quelques thèmes qui sont illustrés de façon très originale dans la collection : ainsi peut-on réunir portraits et figures de fantaisie ou scènes de genre, en passant de Hoffmann et Rubens à Messerschmidt, Goya, Füssli et Manet.
La grande peinture religieuse est également évoquée au travers des écoles européennes pour créer des face-à-face riches de sens. Quant au tournant du XXe siècle, entre symbolisme et expressionnisme, le visiteur peut s’en faire une idée nouvelle grâce à la rencontre entre des chefs-d’oeuvre hongrois et des oeuvres, tout aussi rarement vues en France, de Böcklin, Rodin ou Puvis de Chavannes.
Quelque 85 peintures, dessins et sculptures relèvent donc le défi de recréer dans la petite enceinte du Musée du Luxembourg toute la splendeur d’un musée qui ne ressemble à aucun autre et offre une perspective inattendue sur l’art européen.
09 Mars 2016 - 10 Juillet 2016 - Musée du Luxembourg.
Albrecht Dürer (Nuremberg, 1471 – 1528), Portrait d’un jeune homme, vers 1500-1510, Huile sur panneau de sapin, 42,8 x 34,5 cm. Budapest, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016
PARIS - As Museum of Fine Arts, Budapest, the famous Szépmüvészeti Múzeum, embarks on a major programme of renovation work requiring it to close its doors, the most outstanding masterpieces on which its reputation is based are to go on display at the Musée du Luxembourg.
Budapest is known for the richness of its collections housed at the Szépmüvészeti Múzeum and at the Hungarian National Gallery, and also for the originality of their shared history, which has its roots in the 19th century. Their genesis bears witness to the desire of the public authorities of the time to provide the Hungarian capital with a world-class institution offering the best of Hungarian and European art, essential to the formation and elevation of the populace. Driven by a dynamic, well-thought-out cultural policy, the idea of a fine-art museum took shape in 1871, with the acquisition by the State of some six hundred masterpieces from the collection of the Princes Esterhazy. It was subsequently expanded thanks to the generosity of Hungarian collectors, keen to contribute to the enterprise by gradually filling in the gaps in the original core collection. 1896 marked a decisive turning-point: that year, parliament decided to have built a single large building to house all these treasures, which at the time were displayed in various sites across the city. In the history of Hungary, the creation of this museum coincided with a period of economic growth and a golden age for the arts. Built on the edge of the large city park, the new building – a veritable “Temple of the Muses”, marked by references to classical architecture – opened in 1906. It soon became a popular meeting-place among the inhabitants of Budapest, and one of the most prestigious collections in central Europe.
Lucas Cranach l’Ancien (Kronach, vers 1472 – Weimar, 1553), Salomé avec la tête de saint Jean Baptiste, entre 1526 et 1530, Huile sur bois, 88,4 x 58,3 cm. Budapest, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016
Beyond the opportunity to see in Paris works by Dürer, Cranach, Greco, Tiepolo, Goya, Manet, Gauguin and Kokoschka, the exhibition recounts the Hungarian capital’s unique relationship with art. Some of the most spectacular works, from medieval sculptures to Hungarian symbolism, promise to be an entirely new discovery for visitors to the Musée du Luxembourg, as the Szépmüvészeti’s Múzeum collections are joined by those of the Hungarian National Gallery.
The exhibition is in chronological order, sometimes focusing on the specific characteristics of a particular school (e.g. the Dutch Golden Age so beloved of the Esterhazys), while also developing a number of cross-cutting themes, illustrated in a highly original way in the collection, which alternates between portrait, imaginary figure and genre scene, from Hoffmann and Rubens to Messerschmidt, Goya, Fùssli and Manet.
Religious painting is also evoked through the European schools, to create encounters rich in meaning. Meanwhile, visitors are offered a new perspective on the symbolism and expressionism of the turn of the 20th century, through the presentation of Hungarian masterpieces alongside works, equally rarely seen in France, by Böcklin, Rodin and Puvis de Chavannes.
Some 85 paintings, drawings and sculptures, then, rise to the challenge of recreating in the small space of the Musée du Luxembourg all the splendour of a museum like no other, to offer an unexpected take on European art.
Rome, premier quart du XVIIe siècle, Jeune fille endormie, vers 1610-1620, Huile sur toile, 67,5 x 74 cm. Budapest, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016
Frans Hals (Anvers, 1582/1583 – Haarlem, 1666), Portrait d’homme, 1634. Huile sur toile, 82,5 x 70 cm. Budapest, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016
Edouard Manet (1832 - 1883), La Dame à l’éventail ou La Maîtresse de Baudelaire, 1862, Huile sur toile, 90 x 113 cm. Budapest, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016
József Rippl-Rónai (1861 – 1927), Femme à la cage, 1892, Huile sur toile, 185,5 x 130 cm. Budapest, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016
Egon Schiele (1890 - 1918), Femme assise, 1911, Crayon et aquarelle sur papier, 44,6 x 30,2 cm. Budapest, musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts, Budapest 2016










