Jannis Kounellis, BRUT(E) à La Monnaie de Paris jusqu'au 30 avril 2016
Jannis Kounellis, Salle Arnauné : Sans titre, 2015. Photo Manolis Baboussis/Monnaie de Paris, 2016/ADAGP, Paris
PARIS - A la Monnaie de Paris, Jannis Kounellis compose une sculpture dramatique sur les mille mètres carrés des salons XVIIIe siècle du Palais en bord de Seine. Eminemment présente, concrète, irréductible, la nouvelle exposition de Kounellis impose une expérience directe, sans intermédiaire, par le visiteur.
« Je viens à Paris les mains vides, comme un vieux peintre ». C’est avec ces mots que Kounellis avait répondu, il y a quelques mois, à l’invitation faite par la Monnaie de Paris qui accueille cette figure de l’art contemporain, à l’origine de l’Arte povera.
"Je cherche de façon dramatique l'unité, bien qu'elle soit difficile à appréhender, bien qu'elle soit utopique, bien qu'elle soit impossible, et de ce fait dramatique."
Jannis Kounellis, Salle Guillaume Dupré : Sans titre, 2016. Photo Manolis Baboussis/Monnaie de Paris, 2016/ADAGP, Paris
Comme un peintre, Kounellis conçoit son exposition à la Monnaie de Paris comme une fresque. Il avait déjà, en 1972, franchi les limites de la peinture avec Da inventare sul posto, le tableau joué par une ballerine et un violoniste.
Au sein des salons XVIIIe de la Monnaie de Paris, la peinture est mise en scène à travers une installation de chevalets en métal. Cette armée de métal froid saisira le visiteur par sa dimension et le contraste avec l’architecture et les décors du Palais : colonnes, marbre, ornements, dorures…
Jannis Kounellis, Salle Guillaume Dupré : Sans titre, 2000. Photo Manolis Baboussis/Monnaie de Paris, 2016/ADAGP, Paris
Jannis Kounellis propose une véritable expérience aux visiteurs. Il avait déjà positionné l’énergie vivante, animale ou humaine, au centre de son œuvre avec l’incomparable 12 chevaux vivants en 1969. Mais aussiNabucco en 1970 ou les quartiers de viande suspendus, tout comme à la Synagogue Stommeln Pullheim quand des poissons évoluaient dans une assiette menacés d’un couteau en 1991.
Kounellis s’inspire de la Monnaie de Paris, la plus ancienne entreprise du monde et part du cœur de la dernière manufacture de Paris où s’entremêlent savoir-faire et industrie afin d’y réaliser son « nouveau projet ». L’artiste interpelle le visiteur et pose la question du processus de fabrication d'une œuvre. C'est dans la technique, dans le travail des ateliers, dans l'intuition des formes, dans le modelage que naît le projet de l'artiste pour la Monnaie de Paris. L’œuvre Libertà o Morte. W Marat W Robespierre de 1969 sera présentée dans l’exposition ainsi que Da inventare sul posto qui fera écho au cœur battant des presses monétaires de la Monnaie de Paris, en incarnant la force, le rythme, l’orchestration.
Jannis Kounellis, Salle Antoine : Sans titre, 1969. Photo Manolis Baboussis/Monnaie de Paris, 2016/ADAGP, Paris
Jannis Kounellis, Salle Duvivier : Sans titre, 2013. Photo Manolis Baboussis/Monnaie de Paris, 2016/ADAGP, Paris
Jannis Kounellis, Salle Antoine : Sans titre, 1969. Photo Manolis Baboussis/Monnaie de Paris, 2016/ADAGP, Paris
Jannis Kounellis, Salle Antoine : Sans titre, 1969. Photo Manolis Baboussis/Monnaie de Paris, 2016/ADAGP, Paris
Jannis Kounellis, Salle Arnauné : « Da inventare sul posto », 1972. Photo Manolis Baboussis/Monnaie de Paris, 2016/ADAGP, Paris
Jannis Kounellis, Salle Franklin : Sans titre, 2012. Photo Manolis Baboussis/Monnaie de Paris, 2016/ADAGP, Paris
Né en 1936 au Pirée, Kounellis est une figure majeure de l’art contemporain et l’un des pionniers de l’Arte Povera, aux côtés de Alighiero Boetti, Mario Merz, Giulio Paolini, Giovanni Anselmo, Michelangelo Pistoletto, Giuseppe Penone…
Avec une attitude artistique révolutionnaire, Kounellis défie l’industrie culturelle en revenant à l’essence même du geste créateur, notamment par le recours, dans le processus de création, à des matériaux dits « pauvres ».
Jannis Kounellis, Sans titre, 1989. Photo Claudio Abate/Jannis Kounellis/ADAGP, Paris









