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Alain.R.Truong
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29 avril 2016

Matthias Stomer (Amersfoot 1600 - après 1652 Italie), La mort de Brutus

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Lot 35. Matthias Stomer (Amersfoot 1600 - après 1652 Italie), La mort de Brutus. Huile sur toile, 131 x 213,5 cm ; 51 1/2 by 84 in. Estimation: 130,000 — 150,000 EUR. Photo Sotheby's

MATTHIAS STOMER ; THE DEATH OF BRUTUS ; OIL ON CANVAS

ProvenanceVente Christie's à New York, le 25 mai 2005, lot 43, vendu 168 000 $

LittératureB. Nicolson, Stomer Brought Up to date, in The Burlington magazine, 119. Avril 1977, p. 239, fig. 13, p.242 n. 92;
B. Nicholson, The international Caravaggesque Movement 1590 - 1650, 1979, p. 92, pl. 166;
B. Nicolson, Caravagism in Europe, ed. L. Vertova, 1990, I, p. 180 and III pl. 1556

NotesLa mort de Brutus, qui avait lui-même assassiné Jules-César en 44 av. JC, est relatée par plusieurs historiens de l’Antiquité, qui n’en donnent pas toujours des versions identiques. La scène représentée par Stomer, se rapproche du récit qu’en fait Appien dans son Histoire romaine (IV, 17) : Lors Brutus se retournant vers ses amis, leur parla ainsi : « Puis qu’il en est donc ainsi, je ne suis plus utile en quoi que ce soit à ma patrie. ». Alors il appela un de ses principaux amis, nommé Straton, et il le pria de vouloir avancer sa mort. Et voyant que ce Straton temporisait et voulait le persuader d'adopter de meilleures pensées, il appela l’un de ses esclaves pour exécuter ce projet. Alors Straton lui dit : « En donnant ce dernier ordre, tu ne manqueras pas davantage d'un ami que d'un esclave ! ». Et aussitôt, il lui fit passer son épée à travers le corps, sans que Brutus se retirât ni ne remuât. 

Notre tableau représente l’instant précédent l’épisode tragique. L’intensité dramatique de la scène est rendue sensible grâce aux regards qui convergent vers le poignard que Brutus tient dans sa main gauche. Au premier plan, l’esclave semble vouloir tendre une main secourable à son maître, tandis que Straton, les mains ouvertes, tente de le raisonner. Les contrastes de lumière, les attitudes des personnages, le rideau en arrière-plan, tout dans cette œuvre concourt à la théâtraliser. Cette peinture nous présente ainsi une scène suspendue dans le temps, dont seul le spectateur connaît le tragique acte final.

Stomer se forma à Utrecht, dans l’atelier de Gerard van Honthorst. C’est certainement à cette occasion qu’il put recevoir la leçon du Caravagisme utrechtois, qui l’imprégna définitivement. Stomer partit ensuite pour l’Italie, où il s’établit durablement. Son nom apparaît pour la première fois à Rome, sur le registre de la Paroisse de San Nicola in Arcione de 1630 à 1632 : « Signor Mattheo Sthom, fiammingo pittore. » Il s’installa ensuite à Naples, où il devint un suiveur de Caravage reconnu et réputé en particulier pour ses scènes de nuit. Les dimensions impressionnantes de ses peintures d’histoire de cette période sont une preuve du mécénat généreux qu’il reçut des napolitains. En 1641, Stomer partit pour la Sicile, et travailla à Palerme et à Messine. Ce faisant, il s’inscrivait dans la lignée de son mentor, Caravage, qui avait brièvement travaillé dans ces deux villes, après sa fuite de Rome en 1606.  

L’œuvre de Stomer se caractérise par des scènes dramatiques, auxquelles la lumière donne parfois une dimension irréelle. Ses compositions, les attitudes de ses personnages rappellent parfois les œuvres de Barburen.

Sotheby's. Voyage à Rome, Collection particulière italienne, IIème partie - Paris, 04 May 2016, 10:30 AM

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