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25 février 2018

Corot, Le peintre et ses modèles au Musée Marmottan Monet

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Corot, Le peintre et ses modèles au Musée Marmottan Monet

PARIS - Placée sous le commissariat de Sébastien Allard, conservateur général du patrimoine et directeur du Département des Peintures du musée du Louvre, l’exposition «Corot. Le peintre et ses modèles» est la première manifestation parisienne dédiée à l’artiste depuis la grande rétrospective du Grand Palais organisée en 1996. Présentée au musée Marmottan Monet du 8 février au 8 juillet 2018, l’exposition réunit un ensemble exceptionnel de peintures de figures et célèbre la part la plus personnelle, la plus secrète mais aussi la plus moderne de la production de l’artiste.

Connu avant tout pour ses paysages et ses études sur le motif qui ouvrent la voie à la modernité des impressionnistes, Camille Corot fut aussi un peintre de figures. Le maître, cependant, garda cette partie de sa production dans le secret de son atelier; c’est à peine si ses œuvres se diffusèrent, de son vivant, auprès de quelques amis, marchands ou collectionneurs. 

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Camille Corot, L'Atelier de Corot, Jeune femme assise devant un chevalet, vers 1873, Huile sur toile, 63 x 42 cm. Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

L’exposition rassemble une soixantaine de ces figures provenant des plus prestigieuses collections publiques et privées d’Europe et des Etats-Unis (musée du Louvre, National Gallery de Londres, Metropolitan Museum de New York, National Gallery de Washington, Kunsthalle de Hambourg, Belvedere de Vienne, Fondation Collection Bührle de Zurich…), et entend rouvrir ce dossier encore trop peu connu. De grand chefs-d’œuvre sont présentés comme la célèbre Femme à la perle, la Dame en bleu du Louvre ou l’impressionnante Italienne de Londres, autrefois dans la collection du peintre Lucian Freud, mais aussi des œuvres, tout aussi éblouissantes, mais rarement vues, comme certains de ses nus. 

Il s’agit là de la part la plus intime de la production de cet artiste mondialement célébré pour ses paysages. L’exposition propose de découvrir les portraits qu’il fit de ses proches, et surtout le secret de son atelier où posèrent les modèles les plus fameux de l’époque (comme Emma Dobigny), les mêmes que ceux qui travaillaient, au même moment, pour Manet ou Degas. Car Corot, contemporain de Delacroix, est d’une génération antérieure à celle de la «nouvelle peinture», initiée par Degas et des Manet; c’est avec ses figures, plus qu’avec ses paysages qu’autour de 1850-60, qu’il entre en dialogue avec eux, comme le montre la Dame en bleu. L’exposition entend mettre en évidence le rôle essentiel que joue les figures de Corot dans l’émergence de la peinture moderne, notamment dans la question qu’il pose avec une forme de réalisme et le rôle du modèle. 

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Camille Corot, La Dame en bleu, 1874, Huile sur toile, 80 x 50,5 cmPhoto © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Elle entend aussi montrer la diversité et la versatilité de la production en ce domaine. Si ses variations autour du thème de l’Italienne ou de la Grecque, de la Femme lisant ou de la Femme à la fontaine font entrer le spectateur dans un univers poétique d’une insaisissable mélancolie, qui sait aujourd’hui que Corot a exécuté des magnifiques et spectaculaires nus, certains animés d’une étrangeté quasi surréaliste comme Le Nu à la panthère du musée de Shelburne? Si son univers se construit autour de la figure féminine qu’il magnifie, notamment dans les monumentales effigies de la fin de sa vie, l’homme n’est pas absent, dans les séries qui sont présentées elles-aussi, des moine lisant ou faisant de la musique et des hommes en armures.

Cette exposition, qui met au jour le moment de basculement entre romantisme et réalisme, entre romantisme et impressionnisme, apporte un éclairage nouveau sur l’un des génies de la peinture française du 19e siècle, trop facilement réduit à son activité de paysagiste.

8 février - 8 juillet 2018.

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Camille Corot, La Femme à la perle, vers 1868-1870, Huile sur toile, 70 x 55 cm. Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

PARIS.- Under the curatorship of Sebastian Allard, General Heritage Curator and Director of the Department of Paintings in the Musée du Louvre, the exhibition ‘Corot. Le peintre et ses modèles’ (‘Corot: the painter and his models’) is the first Parisian event devoted to the artist’s work since the major retrospective held in 1996 in the Grand Palais. On view in the Musée Marmottan Monet between 8 February and 8 July 2018, the exhibition brings together an exceptional ensemble of figurative paintings and highlights the most intimate, secret, and modern aspects of the artist’s works. 

Primarily famous for his landscapes and studies of motifs, which opened the way for the modernism of the Impressionists, Camille Corot also painted figures. However, the master preferred to keep these works in his studio, from where they rarely departed, and even then they only went to a few friends, dealers, and collectors.  

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Camille Corot, La Lecture interrompue, vers 1870, Huile sur toile montée sur panneau, 92, 5 x 65, 1 cm© Chicago, The Art Institute of Chicago.

The exhibition displays around sixty of these figure-based works, loaned by the most prestigious public and private collections in Europe and the United States (such as the Musée du Louvre, the National Gallery in London, the Metropolitan Museum in New York, the National Gallery in Washington, the Kunsthalle in Hamburg, the Belvedere in Vienna, and the Bührle Foundation in Zurich), with the intention of exploring this relatively unknown side of the artist’s œuvre. There are masterpieces such as the famous Femme à la Perle (Woman With a Pearl), the Louvre’s Dame en Bleu (Lady in Blue), and the National Gallery’s impressive Italienne (Italian Woman), which was once held in the collection of the painter Lucian Freud, along with other works that are just as splendid but rarely seen, such as his nudes. 

These are the most personal examples of the works of the artist, who is primarily famous for his landscape paintings. The exhibition focuses on portraits he made of his family and, above all, explores the secrets of his studio, in which some of the most famous models of the time posed for him (for example, Emma Dobigny); they were the same models who posed for Manet and Degas. As Delacroix’s contemporary, Corot belonged to the generation that preceded that of ‘the new painting’, which was initiated by Degas and Manet; it was with his paintings of figures, rather than his landscapes, that, in around 1850–60, his dialogue with them began, as attested by La Dame en Bleu (Lady in Blue).  

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Camille Corot, Le Moine au violoncelle, 1874, Huile sur toile, 72, 5 x 51 cm. © Hamburger Kunsthalle / bpk Foto: Elke Walford

The exhibition highlights the essential role played by Corot’s figures in the emergence of modern painting, particularly in his emphasis on a certain form of realism and the sitter’s role. It also reveals the diversity and versatility of the works produced in this field. While his variations on the theme of the Italian or Greek woman, the woman reading, or the lady at the fountain invite the viewer into an indefinably melancholic poetic universe, few are aware today that Corot executed magnificent and spectacular nudes, some of which have an almost surrealistic strangeness, like the Shelburne Museum’s Bacchante à la Panthère (Bacchante with a Panther). Although he focused on female figures, which were glorified, especially in the monumental portraits executed towards the end of his life, he also represented men in series of works that will be displayed, featuring monks reading or playing music and men wearing armour. 

This exhibition—which highlights the point at which realism emerged from Romanticism, somewhere between Romanticism and Impressionism—sheds new light on one of the geniuses of nineteenth-century French painting, an artist who is too often associated solely with landscape painting.

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Camille Corot, Moine blanc, assis, lisant, vers 1850-1855, Huile sur toile, 55 x 45, 5 cmPhoto © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

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Jean-Baptiste Camille Corot, Le Repos dit aussi Bacchante au tambourin, 1860, repris vers 1865-1870. Oil on canvas, 57, 8 × 101, 6 cm. Washington D.C., National Gallery of Art, collection William A. Clark, Corcoran Gallery of Art © Washington, National Gallery of Art

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Jean-Baptiste Camille Corot, Bacchante à la panthère, vers 1855-1860 (detail). Oil on canvas, 54, 6 x 95, 3 cm. Shelburne (Vermont), Shelburne Museum © Shelburne Museum. 
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