Nicolas de Staël (1914-1955), Fleurs au pot bleu, 1954
Lot 30. Nicolas de Staël (1914-1955), Fleurs au pot bleu, signé 'Staël' (en bas à gauche); signé, daté et inscrit 'Staël 1954 "FLEUR"' (au revers), huile sur toile, 81 x 60 cm. Peint en 1954. Estimate EUR 400,000 - EUR 600,000 (USD 439,749 - USD 659,624). Unsold. © Christie's Image Ltd 2019
signed 'Staël' (lower left); signed, dated and inscribed 'Staël 1954 "FLEUR"' (on the reverse), oil on canvas 31 7/8 x 23 5/8 in. Painted in 1954
Provenance: Paul Rosenberg, New York (acquis en 1954).
John J. Mayers, Bronxville, New York (acquis en 1956).
Galerie Beyeler, Bâle (acquis en 1995).
Galerie A. Gattlen, Lausanne.
Collection privée, Suisse.
Vente, Sotheby's, Londres, 28 juin 1990, lot 23.
Vente, Sotheby's, Londres, 9 décembre 1999, lot 32; Collection privée, New York (acquis au cours de cette vente).
Vente, Christie's, Paris, 3 décembre 2012, lot 34.
Acquis au cours de cette vente par le propriétaire actuel.
Literature; J. Dubourg, F. de Staël, Nicolas de Staël: Catalogue Raisonné des Peintures, Paris, 1968, no. 801 (illustré, p. 329).
H. Joffre, "Nicolas de Staël, Rétrospective", in Hors Ligne, juin 1990, no. 48, pp. 65-67 (illustré en couleurs).
F. de Staël, Nicolas de Staël: Catalogue Raisonné de l'Oeuvre Peint et Lettres de Nicolas de Staël, Neuchâtel, 1997, no. 903 (illustré, p. 565).
Note: Peu de peintures de Nicolas de Staël se rattachent aussi fortement au réel que ses Fleurs au pot bleu : l’œil y voit deux marguerites, posées dans un vase azur contre une table ocre et un mur vert d’olive. Si l’artiste peint des fleurs sur le motif dès 1952, il n’embrasse ainsi avec aplomb la figuration qu’en 1954. Car, de ses premières natures mortes, Staël n’a gardé que le sujet : ses blocs maçonnés ont disparu, forme et couleur se pliant désormais entièrement au réel. Sa pâte épaisse s’est également fluidifiée, déposée en de légers aplats éthérés. Comme dans ses Fleurs au pot bleu, où se lit en transparence un premier passage de rouge.
La démarche de Staël est audacieuse, alors qu’il expose la même année à la Biennale de Venise, dans la salle des abstraits. Mais le peintre, en proie au doute, se jette corps et âme dans un éternel recommencement. Y participent sans nul doute ses voyages d’alors qui lui laissent le loisir d’observer et de se mesurer aux maîtres – Corot, Matisse ou Velázquez. Au lendemain d’une visite au Prado, il couche ainsi sur le papier son impression du peintre espagnol, dont l’œuvre paraît d’une troublante ressemblance avec Fleurs au pot bleu : « suprême aristocratie de cette pincelada qui, avec un minimum de matière, un minimum de brio, un maximum d’autorité, suscite un art déconcertant de simplicité et de présence » (cité in Nicolas de Staël, rétrospective de l’œuvre peint, catalogue d’exposition, Saint-Paul-de-Vence, Fondation Maeght, 1991).
Few of Nicolas de Staël's paintings are as strongly rooted in realism as his Fleurs au pot bleu, with two daisies sitting in a blue vase set against an ochre table and olive green wall. While the artist painted flowers already in 1952, it was not until 1954 that he fully embraced figuration. Because, from his first still lifes, Staël kept only the subject. His monotone blocks disappeared, with shape and colour now tending entirely towards reality. His thick textures also thinned out, applied in lighter, ethereal flat tints. Like in his Fleurs au pot bleu, where an underlying coat of red can be glimpsed.
Staël's approach was bold, since he exhibited the same year at the Venice Biennale, in the abstract room. But the painter, plagued by doubt, plunged headlong into perpetual renewal. His travels of the time undoubtedly played a role, giving him the opportunity to observe and measure himself against the masters, such as Corot, Matisse or Velázquez. The day after a visit to the Prado, he jotted down his impressions of the latter Spanish painter, whose work seemed to bear a striking resemblance to Fleurs au pot bleu: "supreme aristocracy of this brushstroke which, with minimal material, minimal verve, but maximum authority, arouses a disturbing art of simplicity and presence" (quoted in Nicolas de Staël. Rétrospective de l’œuvre peint, exhibition catalogue, Saint-Paul-de-Vence, Fondation Maeght, 1991).
Christie's. Paris Avant-Garde, Paris, 17 October 2019
