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Table à jeux. France, époque RégencePhoto Kohn

Hêtre, noyer, placage de buis, houx, amarante, noyer et os. H. 77 cm, L. 81 cm, P. 60 cm - Estimation : 25 000 / 35 000 €

Cette table à jeux de forme rectangulaire en hêtre mouluré et sculpté présente une large ceinture chantournée ornée de coquilles et de feuillages reposant sur un piètement en console terminé par des pieds de biches.

Le plateau amovible en noyer mouluré à cuvette est plaqué en son centre d'un damier en houx et noyer flanqué de deux motifs de culots feuillagés en buis et amarante. L'intérieur de la table à deux casiers (appelés jans) présente un jeu de trictrac en noyer, buis et amarante.

Les pièces de jeu comprennent 15 dames de buis et 15 dames en amarante, 3 jetons de buis dont 1 de bredouille, 4 dés en os, 2 gobelets à tirer les dés, 2 fichets et un pavillon rangés dans la caisse.

Les tables à jeux apparaissent en tant que meuble spécialisé dès la fin du XVIIe siècle. Décrivant les grands appartements de Versailles en 1682, Le Mercure cite notamment « une table pentagone, une quarée et une en triangle (…) qui servent pour les jeux du Roy et de la Reyne ».

La table à jeu devient rapidement un meuble volant que l'on transporte au gré des envies. Rapidement, pour chacun des jeux, les ébénistes durent créer une table spécifique ; la carrée pour le quadrille, la pentagonale pour le reversy, la triangulaire pour le brelan ou le tri, et les circulaires, polyvalentes.

Le Mercure de 1682 mentionnait alors « des tables pour plusieurs jeux nouvellement inventez ».
En 1750, les comptes du Garde-meuble royal font état d'une livraison effectuée à Versailles par l'ébéniste Gilles Joubert de « cinq tables de quadrille, six de piquet, une de comète, une de brelan et une pour l'ombre en triangle ».

Les tables de trictrac, jeu qui remplaça au cours du XVIIIe siècle le hocqua, fut pourvu d'un dessus amovible qu'on retournait pour en faire un bureau. Si du temps de Louis XV les tables à jeux restent relativement rares, c'est surtout sous le règne de Louis XVI qu'elles se multiplient dans les intérieurs privés et connaissent alors une vogue considérable.
Notre modèle est donc un exemple rare de ce type de mobilier très peu développé sous la Régence.

Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris. http://www.kohn.fr