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Alberto Giacometti, Portrait de Jean Genet, 1954-1955. Paris, Centre Pompidou MNAM-CCI © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Adam Rzepka © Succession Alberto Giacometti (Fondation Alberto et Annette Giacometti, Paris / ADAGP, Paris) 2015

MARSEILLE - Il y a trente ans disparaissait Jean Genet, le plus flamboyant et le plus rebelle des écrivains du XXe siècle. À ce poète de la liberté et de l’ailleurs, qui commença son œuvre en prison et l’acheva sur les rives du Jourdain, le Mucem rend hommage par une exposition qui s’enracine dans ce territoire qu’il aimait plus que tout autre, la Méditerranée : point de fuite de l’Europe et ouverture sur l’Afrique et le Moyen-Orient. Pôle magnétique de sa trajectoire, la Méditerranée offre à Genet la chance d’une « échappée belle ». 

C’est l’histoire d’un homme qui, dès l’âge de treize ans, brûle de quitter l’Europe et la France. Il veut partir pour l’Égypte, l’Orient, l’Algérie, l’Afrique. « Mon enfance, dit-il, a rêvé de palmiers. » Mais il rêve trop fort, fugue, fraude, s’évade, s’engage dans l’armée et déserte, vole enfin. On l’arrête, on le ramène à Paris, on le place en maison de correction, puis en prison.

 

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Alberto Giacometti, Homme qui marche II, 1960. Bronze, 188 × 29 × 110,5 cm (H × L × P) Collection Fondation Marguerite et Aimé Maeght, Saint-Paul-de-Vence © Archives Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, photo Claude Germain © Succession Alberto Giacometti (Fondation Alberto et Annette Giacometti, Paris / ADAGP, Paris) 2016

C’est un délinquant, un homme sans attache, sans père ni mère, sans domicile ni patrie, sans feu ni lieu, mais il possède une arme : la langue française. Dans sa cellule de la Santé ou de Fresnes, avec un certificat d’études et un livre de grammaire pour tout bagage, il commence à écrire ses premiers poèmes, ses premiers romans. 

Le parcours de l’exposition est organisé en trois thèmes dont chacun fait se croiser un moment de sa vie, une de ses œuvres, et un territoire méditerranéen : Le Journal du voleur—L’Espagne ; Les Paravents—L’Algérie ; Un captif amoureux—La Palestine.

L’exposition donne à voir les déambulations réelles et imaginaires de Genet, depuis ses premières fugues adolescentes vers le Sud, jusqu’à la fin de sa vie au Maroc. Écriture, vagabondages, engagements, amitiés et témoignages sont ici rassemblés autour de la figure du seul artiste que Genet ait jamais admiré : Alberto Giacometti. 

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Jean Genet, Brassaï (dit), Halasz Gyula, 1948 © Estate Brassaï—RMN-Grand Palais cliché © RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski

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Couverture de la pochette du dossier de Genet aux Renseignements généraux © Archives de la Préfecture de police. Tous droits réservés.

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Télégramme attestant la reconduction de Genet à l’hospice dépositaire de l’Assistance publique de Marseille, 17 février 1926 © Archives de Paris—1926—D5X4 2970 n° 105.

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Jean Genet en 1937 © D.R., Fonds Jean Genet / IMEC, cliché Michael Quemener. 

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Journal du voleur, édition originale clandestine, 1948 © Fonds Jean Genet / IMEC, photo Michael Quemener.

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Ernest Pignon-Ernest (Ernest PIGNON, dit), Parcours Jean Genet, 2006. Sérigraphie. Photographie in situ, Brest. © Ernest Pignon-Ernest / ADAGP, Paris, 2016

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Les Paravents, édition originale de 1961, exemplaire de travail annoté par Roger Blin, 1966 © Fonds Jean Genet / IMEC, photo Michael Quemener.

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André Acquart, Planche originale pour le costume d’un personnage des Paravents : Leïla, 1966 © Fonds Jean Genet / IMEC, photo Michael Quemener, André Acquart / ADAGP, Paris 2016

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André Acquart, Planche originale pour le costume d’un personnage des Paravents : le Sergent, 1966 © Fonds Jean Genet / IMEC, photo Michael Quemener, André Acquart / ADAGP, Paris 2016

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Didier Morin, La tombe de Jean Genet au cimetière de Larache, Maroc, 1988 © Didier Morin