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De l'alcôve aux barricades : Affiche.

Une des plus grandes collections de dessins français exposée à la Fondation Custodia. Réputés pour leur précieux fonds de dessins régulièrement montré au Cabinet des dessins Jean Bonna, les Beaux-Arts de Paris s’associent avec la Fondation Custodia pour présenter cet automne, dans le cadre de son Bicentenaire, l’un des volets les plus prestigieux de sa collection au 121 rue de Lille. 

L’exposition « De l’alcôve aux barricades », comprenant 145 dessins, est l’occasion de dresser un panorama historique ambitieux de l’art du dessin de la fin du règne de Louis XV à la Révolution. Elle précède de quelques mois un ensemble d’événements patrimoniaux et contemporains qui visent à porter un regard original sur le conservatoire et le laboratoire que constituent les Beaux-Arts de Paris, partie prenante de l’histoire artistique, culturelle et intellectuelle de son temps depuis deux cents ans. L’exposition est un préambule au premier volet de ce programme exceptionnel qui traite du thème de la République. 

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Jacques-Louis David, Tête de pestiféré, 1780, Plume et encre noire sur un tracé à la pierre noire, 212 x 152 mm, inv. EBA 729© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

Du rococo au néo-classicisme : une période historique singulière

L’exposition « De l’alcôve aux barricades » décrit la période singulière de l’histoire de l’art qui voit la transition du rococo au néo-classicisme.Les œuvres sélectionnées permettent de mettre en lumière une époque particulièrement riche de bouleversements historiques, caractérisée par le passage de la royauté à la République : un monde qui bascule du lieu de la cour où évolue la noblesse, à l’espace de la rue où prime la notion de citoyenneté. Les arts ne sont pas en reste, qu’il s’agisse de la peinture d’histoire ou de genre, du paysage ou encore des arts décoratifs, et surtout de l’architecture. On assiste aux changements multiples des goûts : ainsi du rocaille que l’on délaisse au profit d’un style à la grecque, ou des sujets mythologiques mièvres et sensuels que l’on abandonne en faveur de scènes tirées de l’histoire romaine, propres à raviver le courage des patriotes. Ces évolutions qui renouvellent profondément l’art de la fin du XVIIIe siècle incarnent et symbolisent les préoccupations du temps et les mutations qui le caractérisent. Des courants romantiques se manifestent déjà, notamment dans le domaine du paysage où l’on voit apparaître la nostalgie de la nature et la recherche de lieux sauvages. Un nouveau vocabulaire architectural et décoratif s’impose, associé aux techniques scientifiques alors en cours. Enfin, la ville se transforme pour offrir à la population un urbanisme plus planifié et des bâtiments publics où s’instaure une vie sociale et culturelle plus importante.

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Anne-Louis Girodet, Étude pour la Scène du déluge, figure de la mère, Pierre noire et rehauts de craie blanche, 537 x 439 mm, inv. EBA 1022© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

Une lecture dense aux multiples facettes

Beaucoup de chefs-d’œuvre – dont un grand nombre sont inédits – sont réunis pour la première fois dans le but d’évoquer cette diversité de styles. Procurant un aperçu très dense d’une période artistique donnée, cette diversité se lit également à travers la carrière des artistes : on y suit leur formation aux Beaux-Arts de Paris, leurs séjours en Italie comme pensionnaires à l’Académie de France à Rome, et leur retour en France pour répondre aux commandes royales, puis de la République et de l’Empire. Cette variété de styles s’exprime encore à travers les sujets et les techniques : pierre noire, sanguine, graphite, lavis brun ou d’encre de Chine rivalisent avec l’aquarelle et la gouache. Du dessin d’étude, on passe peu à peu aux dessins de grand format préparatoires à des projets ambitieux de peintures, de sculptures, de mobilier, de bâtiments. Le dessin permet ainsi d’embrasser tous les arts et d’être au cœur de la pratique artistique mais aussi du processus de création dans une société en pleine mutation.

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Pierre Ranson, Décoration d’appartements à la chinoise et à la turque, Plume et encre brune, lavis gris et aquarelle, 366 x 532 mm, inv. EBA 2666-14© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

Aux origines de la collection des Beaux-Arts de Paris

Puisant leurs origines dans la création de l’Académie Royale de peinture et de sculpture en 1648, les Beaux-Arts de Paris conservent un ensemble unique d’œuvres liées à la formation des artistes, plus particulièrement les académies dessinées, feuilles exécutées devant le modèle vivant. Outre ce corpus historique lié à l’enseignement, les Beaux-Arts de Paris ont bénéficié dès le milieu du XIXe siècle d’importantes donations qui ont permis de réunir des chefs-d’œuvre de maîtres français, tels qu’Hubert Robert, Fragonard, David, Ingres...

Exposition du 15 octobre 2016 au 8 janvier 2017. Fondation Custodia, 121 rue de Lille, Paris 7e

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Charles-François de La Traverse, Paysage rocheux, Aquarelle et gouache, 374 x 260 mm; inv. PM 2546© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

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Bernard Poyet, Salle de comédie pour une grande ville, coupe longitudinale, 1768, Plume et encre noire, lavis gris et rose, rehauts d’aquarelle jaune, 670 x 945 mm, inv. PRA 69. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier 

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Jean-Antoine Constantin, Paysage provençal, Plume et encre noire et lavis gris, 397 x 520 mm, inv. PM 2691. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier 

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Jean-Baptiste Isabey, Académie. Homme assis appuyé sur le bras gauche, Pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier brun, 468 x 607 mm, inv. EBA 2964© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

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Jean-Baptiste Greuze, Les Amants surpris, Plume et encre noire, lavis gris, 240 x 280 mm, inv. EBA 7388. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

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Jean-Germain Drouais, Soldat Cimbre, étude pour Marius à Minturnes, Pierre noire et rehauts de craie blanche, 420 x 437 mm, inv. EBA 861. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

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Jean-Auguste-Dominique Ingres, Hector et Andromaque (?), Graphite et lavis gris, 353 x 510 mm, inv. EBA 1116. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

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Pierre-Paul Prud’hon, Le Rêve du bonheur : Étude de la femme, Pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier bleu, 330 x 580 mm, inv. EBA 1494. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

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Jean-Guillaume Moitte, Une table, un trépied, une coupe et des vases de style antique, Plume et encre noire, lavis gris sur papier bistre, 226 x 360 mm, inv. EBA 1255. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

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Charles de Wailly, Fantaisie architecturale avec rotonde, Plume et encre brune, lavis de bistre sur fonds jaune avec rehauts de gouache blanche, 320 x 232 mm, inv. O.927. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

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Louis-Gustave Taraval, Monument funéraire en forme de pyramide, Plume et encre noire, lavis gris, rose et brun, aquarelle bleue et verte, 258 x 423 mm, inv. O.889. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier 

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Pierre-François-Léonard Fontaine, Monument sépulcral, coupe du monument général avec élévation de la pyramide centrale, Plume et encre noire, lavis gris, 765 x 2750 mm, inv. PRA 107-2. © Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier