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Cy Twombly, "Blooming," 2001-2008 (Courtesy Archives Fondazione Nicola Del Roscio Photo : Studio Silvano, Gaeta © Cy Twombly Foundation)

PARIS - Le Centre Pompidou organise la première rétrospective complète de l’œuvre de l’artiste américain Cy Twombly. Événement de l’automne 2016, cette exposition d’une ampleur inédite sera uniquement présentée à Paris. Elle rassemble des prêts exceptionnels, venant de collections publiques et privées du monde entier.

Construite autour de trois grands cycles : Nine Discourses on Commodus (1963), Fifty Days at Iliam (1978) et Coronation of Sesostris (2000), cette rétrospective retrace l’ensemble de la carrière de l’artiste à travers un parcours chronologique de cent quarante peintures, sculptures, dessins et photographies permettant d’appréhender toute la richesse d’un œuvre, à la fois savant et sensuel. Dans cette sélection, le visiteur pourra découvrir les œuvres emblématiques de l’artiste dont beaucoup, jamais exposées en France.

PARIS.- The Centre Pompidou is presenting a major retrospective of the work of American artist Cy Twombly. A key event of the fall 2016, this exceptionally vast exhibition will only be shown in Paris, and features remarkable loans from private and public collections from all over the world. 

Organized around three major cycles – Nine Discourses on Commodus (1963), Fifty Days at Iliam (1978) and Coronation of Sesostris (2000) – this retrospective covers the artist’s entire career in a chronological circuit of some 140 paintings, sculptures, drawings and photographs, providing a clear picture of an extraordinarily rich body of work which is both intellectual and sensual. The selection includes many of Twombly’s iconic works, several of them never previously exhibited in France.   

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Cy Twombly + relics, Robert Rauschenberg, Rome 1952

Né en 1928 à Lexington, Virginie, Cy Twombly est décédé en 2011, à l’âge de quatre-vingt-trois ans, à Rome où il a passé une grande partie de sa vie. Unanimement salué comme l’un des plus grands peintres de la seconde moitié du 20e siècle, Twombly qui, depuis la fin des années 1950, partageait sa vie entre l’Italie et les États-Unis, «syncrétise» l’héritage de l’expressionisme abstrait américain et les origines de la culture méditerranéenne. De ses premiers travaux du début des années 1950, marqués par les arts dits primitifs, le graffiti et l’écriture, jusqu’à ses dernières peintures aux couleurs exubérantes, en passant par ses compositions très charnelles du début des années 1960 et sa réponse à l’art minimal et conceptuel dans les années 1970, cette rétrospective souligne l’importance que Cy Twombly accorde aux cycles et aux séries dans lesquels il réinvente la grande peinture d’Histoire. L’exposition est aussi l’occasion de rendre sensible la relation forte entretenue par l’artiste avec Paris. Le Centre Pompidou lui avait dès 1988 consacré une première importante rétrospective. 

L’exposition est organisée en étroite collaboration avec la Cy Twombly Foundation et son président Nicola del Roscio, la Fondazione Nicola Del Roscio, Gaeta et avec le soutien d’Alessandro Twombly, le fils de l’artiste.

Born in 1928 in Lexington, Virginia, Cy Twombly died in 2011 at the age of 83 in Rome, where he spent a large part of his life. Unanimously acclaimed as one of the greatest painters of the second half of the 20th century, Twombly, who began dividing his life between Italy and America in the late Fifties, merged the legacy of American abstract expressionism with the origins of Mediterranean culture. From his first works in the early Fifties (marked by the so-called primitive arts, graffiti and writing) to his last paintings with their exuberant colour schemes, by way of the highly carnal compositions of the early Sixties and his response to minimalist and conceptual art during the Seventies, this retrospective emphasises the importance of cycles and series for Twombly, in which he reinvented great history painting. The exhibition is also the occasion to highlight the artist’s close relationship with Paris. The Centre Pompidou had devoted a first substantial retrospective to him as early as 1988. 

The exhibition is organized in close collaboration with the Cy Twombly Foundation and its president, Nicola Del Roscio, and the Fondazione Nicola Del Roscio in Gaeta, with the support of the artist’s son, Alessandro Twombly. 

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Cy Twombly and Robert Rauschenberg. Robert Rauschenberg, Venice 1952

Salle 1
Les années 1950 témoignent de la maturité précoce de Cy Twombly, jeune peintre originaire de Lexington, dans le sud des États-Unis. À peine sorti du Black Mountain College, université libre expérimentale de Caroline du Nord, où il côtoie l’avant-garde américaine, il s’embarque, à 24 ans, pour l’Europe et l’Afrique du Nord en compagnie de Robert Rauschenberg. À son retour à New York à la fin du printemps 1953, il réalise ses premières œuvres d’envergure, dont la sonorité des titres évoque des villages et sites archéologiques marocains. Naissent ensuite les toiles blanches couvertes d’écritures – Cy Twombly n’affectionnait pas le terme «graffiti» dont la critique les affuble. Le chef-d’œuvre de la décennie est sans conteste la série de peintures blanches réalisées en 1959 à Lexington, que Leo Castelli refuse pourtant d’exposer. L’économie de moyens est poussée à l’extrême, en un mélange de peinture industrielle blanche et de mine de plomb. L’austérité du langage pictural en fait des œuvres d’exception.

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The 1950s saw Twombly evidence a precocious maturity. After leaving Black Mountain College – the experimental liberal arts college in North Carolina where he encountered the crème de la crème of the US avant-garde – the 24-year-old painter from Lexington, Virginia, set off on a trip to Europe and North Africa in the company of Robert Rauschenberg. On returning to New York in late spring 1953, he produced his first major works, the sounds of their titles recalling villages and archaeological sites of Morocco. These were followed by white canvases covered in script – Twombly disliked the term “graffiti” employed by many of the critics - and its suggestion of triviality. The masterpiece of the decade is undoubtedly the series of white paintings done at Lexington in 1959, which Leo Castelli however refused to show. The austerity of their pictorial language makes outstanding works, economy of means being pushed to an extreme in the combination of white house paint and pencil. 

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Cy Twombly, Sans titre (Lexington), 1951. Peinture industrielle sur toile, 101,6 x 121,9 cm. Cy Twombly Foundation © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio

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Cy Twombly, Volubilis, 1953 Mine de plomb blanche, peinture industrielle, crayon à la cire sur toile 139,7 x 193 cm Cy Twombly Foundation, en dépôt à la Menil Collection, Houston © The Menil Collection © Photo Hickey-Robertson, Houston.

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Cy Twombly. Robert Rauschenberg, Tangier, Winter 1952/1953

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Cy Twombly in Fulton Street Studio. Robert Rauschenberg, New York 1954

Salle 2
Au cours de l’été 1957, Cy Twombly retourne en Italie pour rendre visite à son amie Betty Stokes; l’épouse de l’aristocrate vénitien Alvise Di Robilant vient de donner naissance à leur premier enfant. Le couple habite alors Grottaferrata, où Cy Twombly photographie Betty à plusieurs reprises. Lors de ce séjour, il réalise notamment une suite de huit dessins à la craie de couleur, dont il lui fait cadeau. L’un d’eux fut malheureusement extrait de l’ensemble qui ne compte plus actuellement que sept dessins. Leur écriture nerveuse et leurs couleurs vives en font des œuvres d’exception.

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In the summer of 1957, Cy Twombly returned to Italy to visit his friend Betty Stokes, who was married to Venetian aristocrat Alvise Di Robilant and had just given birth to their first child. The Robilants were then living at Grottaferrata, where Twombly took several photographs of Betty. During his stay, he also made a series of eight wax crayons drawings, which he presented to her. One of these has since been separated from the group, leaving only seven, outstanding in their vigorous hand and lively colour. 

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Cy Twombly, Sans titre (Grottaferrata), 1957. Crayon à la cire et mine de plomb sur papier quadrillé, 21,6 x 29,9 cm. Collection particulière © Galerie Karsten Greve, St. Moritz, Paris, Köln.

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Cy Twombly, Sans titre (Grottaferrata), 1957. Crayon à la cire et mine de plomb sur papier quadrillé, 21,6 x 29,9 cm. Collection particulière © Galerie Karsten Greve, St. Moritz, Paris, Köln.

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Cy Twombly, Sans titre (Grottaferrata), 1957. Crayon à la cire et mine de plomb sur papier quadrillé, 21,6 x 29,9 cm. Collection particulière © Galerie Karsten Greve, St. Moritz, Paris, Köln.

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Cy Twombly, Sans titre (Grottaferrata), 1957. Crayon à la cire et mine de plomb sur papier quadrillé, 21,6 x 29,9 cm. Collection particulière © Galerie Karsten Greve, St. Moritz, Paris, Köln.

Salle 4
Après son mariage avec l’aristocrate italienne Luisa Tatiana Franchetti, célébré à New York le 20 avril 1959, Cy Twombly s’installe à Rome, dans un palais situé via di Monserrato, quartier d’intellectuels. Le couple fait de cette demeure sa résidence principale. À cette époque, Twombly vient d’abandonner la peinture industrielle, fluide et visqueuse, au profit de la peinture à l’huile en tube, aux propriétés opposées.
Entre 1960 et 1962, il réalise quelques-unes de ses peintures les plus charnelles. Empire of Flora en est un exemple éloquent. Des fragments de corps épars, féminins comme masculins, parsèment les toiles qui semblent conserver la mémoire sensuelle des chaudes nuits romaines.

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After Twombly’s marriage to Italian aristocrat Luisa Tatiana Franchetti, celebrated in New York on 20 April 1959, the couple settled in Rome, living in a palazzo on the Via di Monserrato, in a quarter known for its intellectual life. Twombly had just given up using his fluid and viscous house paint for oil paint in tubes with precisely the opposite properties. 

Between 1960 and 1962 he produced some of his most sexual paintings, Empire of Flora being an evocative example. Partial glimpses of body parts, male and female, are scattered over canvases that seem to preserve the sensual memory of hot Roman nights. 

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Cy Twombly, Sperlonga Collage, 1959. Morceau de papier cristal semi-transparent déchiré irrégulièrement et plié), peinture industrielle sur papier, 85 x 62 cm. Cy Twombly Foundation © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio © Photo : Mimmo Capone

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Cy Twombly. Tatiana Franchetti, Sperlonga, August 1959

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Cy Twombly, School of Athens, 1961. Huile, peinture industrielle, crayon de couleur et mine de plomb sur toile, 190,3 x 200,5 cm. Collection particulière © Robert Bayer, Bildpunkt AG, Munchenstein

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Cy Twombly, Dutch Interior, 1962. Crayon à la cire, mine de plomb, huile sur toile, 265 x 300 cm. Cy Twombly Foundation © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio

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Cy Twombly. Werner Schloske, Rome 1962

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Cy Twombly. Tatiana Franchetti, Egypt 1962

Salle 5

Fin 1963, alors que John F. Kennedy est assassiné à Dallas, Cy Twombly consacre un cycle de neuf peintures à l’empereur romain Commode (161-192), décrit comme cruel et sanguinaire. L’artiste traduit le climat de violence du règne de l’héritier de Marc Aurèle, marqué par la terreur et les exécutions. Exposé à la galerie Leo Castelli à New York au printemps 1964, le cycle reçoit un accueil extrêmement défavorable de la part de la critique. Le public new-yorkais, qui s’enthousiasme alors pour le minimalisme naissant, comprend mal le génie pictural de Cy Twombly et sa capacité à transcrire sur la toile les phases psychologiques complexes qui marquèrent la vie et la mort de l’empereur romain. À l’issue de l’exposition, Cy Twombly récupère les œuvres du cycle «Commodus» qui fut vendu à un industriel italien, puis acquis en 2007 par le musée Guggenheim de Bilbao.

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In late 1963, when John F. Kennedy was assassinated in Dallas, Cy Twombly devoted a cycle of nine paintings to the Roman emperor Commodus (161-192), son of Marcus Aurelius and remembered as a cruel and bloodthirsty ruler. In these he conveys the climate of violence that prevailed during his reign, marked by executions and terror. Shown at Leo Castelli’s in New York in the spring of 1964, the paintings were roundly condemned by the critics. Won to the newly emergent Minimalism, the New York public was unable to grasp Twombly’s painterly gifts and his ability to render on canvas the complex psychological phases informing the life and death of the emperor. At the close of the exhibition, Twombly recovered the paintings, which would be sold to an Italian industrialist before being acquired in 2007 by the Guggenheim Museum, Bilbao. 

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Cy Twombly,  Nine Discourses on Commodus, 1963. Oil, pencil, and wax crayon on canvas. Guggenheim Bilbao Museo, Bilbao © Cy Twombly Foundation, Rome © FMGB Guggenheim Bilbao Museoa, 2016

Salle 6
Après avoir réalisé une série de peintures placées sous le signe d’Éros à l’aube des années 1960, Twombly se tourne dès 1962 vers Thanatos, personnification de la Mort. Ce virage trouve une expression paroxystique dans les deux premières méditations portant sur la guerre de Troie auxquelles se livre l’artiste: Achilles Mourning the Death of Patroclus et Vengeance of Achilles. Cy Twombly y donne forme à la douleur puis à la vengeance d’Achille suite à la mort de Patrocle dans cet ensemble exceptionnellement réuni pour l’exposition. Le triptyque Ilium fut, quant à lui, démembré à une date inconnue et le premier panneau rejoignit la collection Eli et Edythe Broad à Los Angeles. Au début des années 2000, Cy Twombly, pour pallier cette dispersion, réalise une nouvelle version du premier panneau afin de compléter le triptyque, alors en possession du collectionneur François Pinault.

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Having painted a series under the sign of Eros in the very early part of the decade, in 1962 Twombly turned to Thanatos, death, a theme that finds paroxysmal expression in his first two meditations on the Trojan War, Achilles Mourning the Death of Patroclus and Vengeance of Achilles. In these two paintings, brought together for this exhibition, Twombly gives form to Achilles’ sorrow and fury on the death of his friend. The Ilium triptych, for its part, was broken up at an unknown date, the first panel joining the Eli and Edythe Broad collection in Los Angeles. In the early 2000s, Twombly painted a new version of that panel to recreate the triptych, then owned by collector François Pinault. 

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Cy Twombly,  Achilles Mourning the Death of Patroclus (Achille pleurant la mort de Patrocle), 1962, 259 x 302 cm. Huile, mine de plomb sur toile. Collection Centre Pompidou, Paris © Centre Pompidou / P.Migeat / Dist. RMN-GP

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Cy Twombly. Mario Dondero, Rome 1962

Salle 9
En réaction aux nouvelles tendances minimales et conceptuelles qui émergent aux États-Unis dans les années 1960, Cy Twombly entame en 1966, à Rome, une nouvelle séquence de peintures remarquables par leur austérité, dominées par une palette réduite aux gris et noir. L’artiste y trace des formes simples ou des graphes circulaires à l’aide d’un bâton de cire blanche. Il expose l’ensemble début 1967 à Turin à la Galleria Notizie. À l’automne, son galeriste Leo Castelli présente à New York une seconde série, réalisée en janvier de la même année, dans un loft de Canal Street que le collectionneur et conservateur David Whitney met à disposition du peintre. Parmi les œuvres exposées figure Sans titre (New York City), datée de 1967 [cat. n° 75], qui fit l’objet d’un échange entre Andy Warhol et Cy Twombly. Ce dernier, en contrepartie, choisit un des Tuna Fish Disasters du chef de file du pop art.

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Reacting to the Minimalism and Conceptualism that emerged in the United States in the 1960s, in 1966 Twombly, then living in Rome, embarked on a new series of remarkably austere paintings, with backgrounds of grey or black inscribed with simple forms or script-like loops in white wax crayon. He showed these at the Galleria Notizie, Turin, in early 1967. In the autumn, Leo Castelli in New York exhibited a second series, painted in January in a Canal Street loft made available to the painter by curator and collector David Whitney. Among the works shown was Untitled (New York City) (1967, cat. No. 75), which Twombly would later exchange with Andy Warhol for one of his Tuna Fish Disasters. 

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Cy Twombly, Night Watch, 1966. Peinture industrielle, crayon à la cire sur toile 190 x 200 cm. Collection particulière. Courtesy Jeffrey Hoffeld Fine Arts, Inc. © Courtesy Cheim & Read

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Cy Twombly working on the Bolsena paintings. Ugo Mulas, Bolsena 1969

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Cy Twombly outside his studio on the Bowery. Eliot Elisofon, New York 1971

Salle 11
Constituées d’éléments disparates, les sculptures de Cy Twombly peuvent être qualifiées d’«assemblages» et d’«hybridations». Élaborées à partir d’objets trouvés (morceaux de bois, fiches électriques, cartons, fragments de métal, fleurs séchées ou artificielles), ces combinaisons de formes brutes sont unifiées par un mince revêtement de plâtre. Le blanc dont elles sont badigeonnées fait naître à leur surface de subtiles nuances, accroche la lumière et leur octroie une apparence spectrale. En ce sens, l’artiste, dans un entretien avec le critique d’art David Sylvester, soulignait: «La peinture blanche est mon marbre». Parfois transposées en bronze dans un second temps, ces sculptures apparaissent comme autant de réminiscences de mythes, d’objets symboliques ou archéologiques, à l’instar de Winter’s Passage Luxor (Porto Ercole) (1985). «La sculpture de Cy Twombly, écrit Edmund de Waal, paraît plus archaïque qu’archaïsante, comme si l’élan qui pousse à sa réalisation était lui-même ancien.»

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Twombly’s sculptures might be described as “assemblages” or “hybridisations”, in that they consist of disparate elements. These combinations of found materials (pieces of wood, electrical plugs, cardboard boxes, scraps of metal, dried or artificial flowers) are unified by a thin coat of plaster. The white in which they are roughly painted catches the light, bringing out subtle nuances in the surface and giving them a spectral appearance. As Twombly explained in an interview with art critic David Sylvester, “White paint is my marble”. Sometimes later cast in bronze, these sculptures suggest myths, symbolic objects, archaeological finds, as in Winter’s Passage Luxor (Porto Ercole) (1985). “Cy Twombly’s sculpture”, wrote Edmund de Waal, “seems more archaic than archaizing, as if the impulse behind its creation were ancient itself." 

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Cy Twombly, Sans titre (Formia), 1981. Bois, fil de fer, clous, ficelle, peinture blanche, 152 x 88,5 x 33,5 cm, Cy Twombly Foundation. © Cy Twombly Foundation, courtesy Foundazione Nicola Del Roscio © Photo : Mimmo Capone

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Cy Twombly, Winter’s Passage Luxor (Porto Ercole), 1985. Bois, clous, peinture, crayon de couleur sur papier, 53,5 x 105 x 51 cm, Kunsthaus Zürich, Zurich © Kunsthaus Zürich, Zürich

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Cy Twombly, Sans titre (Lexington), 2004. Bois, vis, corde, toile à sac, plâtre, peinture à la résine synthétique, 206,5 x 44,5 x 45 cm, Cy Twombly Foundation © Cy Twombly Foundation, courtesy Sammlung Udo and Anette Brandhorst © Photo: Jochen Littkemann

Salle 12
En 1975, Cy Twombly acquiert une maison du 16e siècle à Bassano in Teverina, au nord de Rome. Après une restauration rudimentaire, il y installe son atelier d’été. Inspiré par la lecture de l’Iliade du poète Homère qu’il découvre dans la traduction anglaise qu’en donna Alexander Pope au 18e siècle, il entame en 1977 le cycle «Fifty Days at Iliam». Il lui faut deux étés successifs pour achever les dix toiles qui composent ce cycle majeur. Au terme «Ilium» qui désigne la ville antique de Troie, Cy Twombly substitue celui d’«Iliam», dont il préfère la sonorité. À ses yeux, la lettre «A» évoque Achille, le héros grec qu’il place au cœur de deux toiles en 1962. Après avoir été exposée en 1978 à la Lone Star Foundation de New York, l’œuvre restera dix années en caisse et ne sera rendue visible qu’après son acquisition par le Philadelphia Museum of Art, en 1989. Depuis lors, elle est présentée de façon permanente dans une salle du musée dédiée à Cy Twombly. À l’occasion de cette exposition, elle est présentée pour la première fois en Europe.

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In 1975, Cy Twombly bought a 16th-century house at Bassano in Teverina, north of Rome, and after basic renovations he established his summer studio there. Inspired by Homer’s Iliad, read in Alexander Pope’s 18th-century English translation, he embarked in 1977 on the major cycle “Fifty Days at Iliam”, whose ten paintings were completed over two successive summers. In the word “Ilium”, one of the ancient names for Troy, Twombly replaced the U with an A, preferring the sound. For him, the letter A evoked Achilles, the Greek hero to whom he had devoted two paintings in 1962. After being shown in 1978 at the Lone Star Foundation (now Dia Art Foundation) in New York, the work remained boxed up for 10 years, to be seen again only upon its purchase in 1989 by the Philadelphia Museum of Art, where it is on permanent exhibition in a room devoted to Cy Twombly. This exhibition marks the first time it has been shown in Europe.

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Cy Twombly. Rome 1972

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Cy Twombly, Fifty Days at Iliam Shield of Achilles, 1978. Partie I: Huile, crayon à l'huile, mine de plomb sur toile, 191,8 x 170,2 cm. Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, gift (by exchange) of Samuel S.White 3rd and Vera White 1989-90-1 © Courtesy of Philadelphia Museum of Art, Philadelphie.

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Cy Twombly, Fifty Days at Iliam Shades of Achilles, Patroclus and Hector, 1978. Partie VI: Huile, crayon à l’huile, mine de plomb sur toile, 299,7 x 491,5 cm. Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, gift (by exchange) of Samuel S.White 3rd and Vera White, 1989-90-6 © Courtesy of Philadelphia Museum of Art, Philadelphie.

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Cy Twombly, Apollo, 1975. Pastel à l'huile et mine de plomb sur papier, 150 x 134 cm, Cy Twombly Foundation. © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio © Photo : Mimmo Capone

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Cy Twombly, Venus, 1975. Pastel à l'huile, mine de plomb et collage sur papier, 150 x 137 cm, Cy Twombly Foundation. © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio © Photo : Mimmo Capone

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Cy Twombly. Plinio de Martiis, Rome 1981

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Cy Twombly, Pan, 1975. Pastel gras et collage sur papier, 148 x 100 cm, Cy Twombly Foundation © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio © Photo: Mimmo Capone

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Cy Twombly, Sans titre (Bassano in Teverina), 1985. Huile, acrylique sur panneau de bois, 181,7 x 181,7 cm, Cy Twombly Foundation © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio

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Cy Twombly, Wilder Shores of Love, 1985. Peinture industrielle, huile (bâton d’huile), crayon de couleur, mine de plomb sur panneau de bois, 140 x 120 cm. Collection particulière © Robert Bayer, Bildpunkt AG, Munchenstein

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Cy Twombly, Summer Madness, 1990. Acrylique, huile, crayon de couleur, mine de plomb sur papier monté sur panneau de bois, 150 x 126 cm, Udo et Anette Brandhorst Collection © BKP, Berlin. RMN-Grand Palais / Image BStGS

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Cy Twombly, Quattro Stagioni: Primavera, 1993 – 1995. Acrylique, huile, crayon de couleur et mine graphite sur toile, 313,2 x 189,5. Tate, Londres © Tate, London 2016

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Cy Twombly. David Seidner, Lexington, Virginia 1994

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Cy Twombly and Dominique de Menil at the Cy Twombly Gallery. Houston, Texas 1995

Salle 15
«Coronation of Sesostris» appartient aux grands cycles de peintures qui jalonnent l’œuvre de Cy Twombly et se démarquent des séries purement abstraites par l’insertion d’éléments narratifs. À l’instar du dieu égyptien Râ qui traverse le ciel à bord de sa barque solaire du crépuscule à l'aubre, Cy Twombly ouvre le cycle par des toiles lumineuses dominées par des teintes solaires – jaune et rouge – et le clôt en noir et blanc par une évocation douce-amère d’Éros, extraite d’un poème de Sappho: «Eros tisseur de mythes, Eros doux-amer, Eros annonciateur de souffrance». Il entremêle par fragments les références à Sésostris Ier, aux poètes antiques Sappho et Alcman ainsi qu’à la poétesse contemporaine Patricia Waters. Ce cycle, entamé par Twombly dans sa demeure italienne de Bassano, n’est achevé qu’une fois les toiles envoyées à Lexington. Les photographies de Sally Mann révèlent en effet les toiles de formats différents directement clouées aux murs du petit atelier, attestant ainsi qu’elles ne furent montées sur châssis qu’une fois achevées.
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“Coronation of Sesostris” is one of the major painting cycles that punctuate Cy Twombly’s career, differing from the purely abstract series in their incorporation of narrative elements. Inspired by the example of the god Râ, whose sun-boat traverses the heavens from dawn to dusk to the end of night, Twombly opens the series with luminous canvasses dominated by sunny yellow and red to close it in black and white with an evocation of Eros from a poem of Sappho’s: “Eros weaver of Myth / Eros, sweet and bitter / Eros, bringer of pain.” Twombly combines fragmentary references to Sesostris I, to ancient Greek poets Sappho and Alcman, and to the contemporary poet Patricia Waters. Begun at Twombly’s house in Bassano, this cycle was completed after the canvases were shipped to Lexington. Sally Mann’s photographs show canvases of different sizes tacked to the walls of the little studio, showing that they were stretched only when finished.

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Cy Twombly, Coronation of Sesostris, 2000. Part III: Acrylique, crayon à la cire, mine de plomb sur toile, 206,1 x 136,5 cm. Pinault Collection © Cy Twombly Foundation. Courtesy Archives Nicola Del Roscio

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Cy Twombly, Coronation of Sesostris, 2000. Part V: Acrylique, crayon à la cire, mine de plomb sur toile 206,1 x 156,5 cm. Pinault Collection. © Pinault Collection / Photo: Robert McKeever.

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Cy Twombly, Coronation of Sesostris, 2000. Part VI: Acrylique, bâton de peinture, crayon à la cire, mine de plomb sur toile, 203,7 x 155,6 cm, Pinault Collection © Pinault Collection / Photo Robert Mc Keever

Salle 17
Pour la série Bacchus que Cy Twombly peint début 2005 dans son atelier italien de Gaète alors que sévit la guerre en Irak, il se tourne à nouveau vers l’Iliade d’Homère et revient à son écriture si caractéristique déjà expérimentée dans les «Tableaux noirs» de la fin des années 1960. Il remplace cependant le crayon de cire blanc par de la peinture rouge, évocatrice du sang ou du vin, qu’il laisse couler librement sur les immenses toiles beiges. La première série comprend huit peintures monumentales qu’il expose fin 2005 dans la galerie Larry Gagosian sur Madison Avenue à New York. Entre 2006 et 2008 il entreprend une nouvelle série de toiles autour de la figure de Bacchus, parfois sur des formats plus imposants encore. Les deux œuvres exposées ici sont issues de la première série.
Depuis ses débuts au Black Mountain College, en Caroline du Nord, Cy Twombly n’a cessé de pratiquer la photographie. Formé auprès de la photographe américaine Hazel-Frieda Larsen, il réalise dès 1951 une série de natures mortes, capturant bouteilles et pots, qui évoquent le souvenir des œuvres du peintre italien Giorgio Morandi. Au Maroc en 1953, lors de son premier voyage outre-Atlantique, il scrute attentivement les chaises, les plis des nappes d’un restaurant de Tétouan. Mais c’est plus tard, lorsqu’il découvre le format carré du Polaroïd qu’il développe sa propre identité photographique. Reflets du goût de Cy Twombly pour le flou, les couleurs pastel ou parfois saturées et stridentes, les agrandissements tirés à sec évoquent un monde d’images contemplatif. Ces photographies rappellent les lieux où il vécut, son goût pour la sculpture, les fleurs et les végétaux. Lorsqu’un ami lui apporte cédrats, mains de Bouddha et autres fruits de la famille des citrons, il accentue leur côté sculptural et sensuel dans des séries de polaroïds. Loin des conventions photographiques de l’époque, il fait naître par l’image des «poèmes succincts et discrets».
Room 17 
For the Bacchus series, painted at Twombly’s Gaeta studio in early 2005, in the midst of the Iraq War, the artist remembered again Homer’s Iliad and returned to the very characteristic writing he had explored in the “Black Paintings” of the late 1960s. Here, however, he replaced the white wax crayon with red paint evocative of both blood and wine, allowed to run freely across the vast beige canvases. The first series consisted of eight monumental paintings that were shown in late 2005 at the Gagosian Gallery on Madison Avenue in New York. Between 2006 and 2008, Twombly produced another series on the theme of Bacchus, some of these paintings being even larger in format. The two works here are from the first series. 
Twombly took up photography at Black Mountain College in North Carolina and never afterwards gave it up. Studying under American photographer Hazel-Frieda Larsen, in 1951 he produced a series of still lifes with bottles and other glass vessels that recall the memory of the work of the Italian painter Giorgio Morandi. In Morocco in 1953, on his first trans-Atlantic travels, he attentively studied the chairs and draped tablecloths of a Tetouan restaurant. But it was only later, on discovering the square format of the Polaroid, that he discovered his own photographic identity. Reflecting his taste for the blurred, for colours sometimes pastel and sometimes stridently saturated, the dry-printed enlargements evoke a world of contemplation. The photographs evoke the places he lived and his interest in sculpture, flowers and plants. When a friend brought him citrons, Buddha’s hands and other citrus fruits, he captured their sculptural and sensual aspect in a series of Polaroids. Distant from the photographic conventions of the time, Twombly’s images are “succinct and discreet poems".

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Cy Twombly, Sans titre (A Gathering of Time), 2003. Acrylique sur toile, 215,9 x 267,3 cm, Udo et Anette Brandhorst Collection © BKP, Berlin. RMN-Grand Palais / Image BStGS

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Cy Twombly, Untitled (Bacchus), 2005. Acrylique sur toile, 317,5 x 417,8 cm. Udo et Anette Brandhorst Collection © BKP, Berlin. RMN-Grand Palais / Image BStGS

cy-twombly 2007

Cy Twombly. François Halard, Gaeta, 2007

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Cy Twombly, Camino Real (V), 2010. Acrylique sur panneau de bois, 252,4 x 185,1 cm. Fondation Louis Vuitton © Gagosian Gallery

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Cy Twombly, Alessandro Twombly, 1965. Impression à sec sur carton, 43,2 x 28 cm, Cy Twombly Foundation. © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio

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Cy Twombly, Lemons, Gaète, 1998. Impression à sec sur carton, 43,1 x 27,9, Collection Fondazione Nicola del Roscio © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio

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Cy Twombly, Lemons, Gaète, 1998. Impression à sec sur carton, 43,1 x 27,9, Collection Fondazione Nicola del Roscio © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Nicola Del Roscio