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François Marius Granet, Travaux de construction sur un toit, vue d’une fenêtre, 1836, graphite, aquarelle et lavis d’encre sur papier vergé, H. :18 cm, L. : 29,3 cm. Musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Le Mage

PARIS.- L’exposition entend montrer la diversité de la pratique du dessin “sur le motif” ou “sur nature” en France dans la première moitié du XIXe siècle et s’attache à des figures majeures de l’art français : Delacroix, Corot, Chassériau, Valenciennes, Daubigny, ou d’autres moins connues comme le graveur Bléry…

Réalisée avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France et le soutien du musée d’Orsay, elle réunit plus d’une centaine de dessins et eaux-fortes et permet de présenter une trentaine de carnets de croquis, instruments par excellence du dessin de plein air.

La pratique du dessin en plein air, sur le motif, est bien attestée en France (comme en Europe) au XVIIe siècle et devient courante au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, jugée indispensable à la formation des jeunes artistes, elle ne cesse d’évoluer et prend une place capitale dans l’histoire du dessin. Les expressions “sur nature”, “d’après nature”, “sur le motif”… ont cependant une signification très fluctuante, incertaine, désignant aussi bien le dessin d’observation ou d’étude scientifique que le croquis d’étude, l’exercice d’élève, le relevé d’architectec, le dessin militaire, le dessin de mémoire, les notes de voyage ou le rendu à peine esquissé d’une impression fugitive.

Le dessin sur nature se définit progressivement comme une œuvre en soi, une œuvre achevée ayant sa propre justification, sa propre finalité. Charles Daubigny peut ainsi publier en 1861 les eaux-fortes du Voyage en bateau à partir de ses croquis pris sur le vif en relatant ses excursions sur la Seine et l’Oise à bord du Botin, bateau-atelier qui lui permettait de travailler sur le motif.

L’espace de l’atelier et le plein air ne sont pas toujours des mondes distincts, et les artistes se situent souvent dans un va-et-vient entre les deux, l’œuvre de paysagiste de Corot étant au cœur de cette indétermination. Si le sujet est bien différent de celui de la peinture de plein air, la question de la couleur, prise directement sur le motif ou retravaillée en atelier à partir de notes de plein air, s’impose aussi au dessinateur.

Du 16 octobre au 29 janvier 2018. 

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Achille Bénouville, Vue de Frascati, 1840, graphite, plume et encre brune, lavis brun et rehauts de gouache blanche sur papier beige, H. : 27,4 cm, L. : 37,6 cm. Musée du Louvre, département des Arts graphiques © Musée du Louvre / Arts graphiques

PARIS.- This exhibition showcases the heterogeneity of French “from the motif” or “from nature” drawing in the first half of the 19th century, with a particular focus on leading figures of French art (Delacroix, Corot, Chassériau, Valenciennes and Daubigny), as well as lesser-known individuals such as the engraver Bléry. 

Organized with special support from the Bibliothèque Nationale de France and the cooperation of the Musée d’Orsay, the exhibition puts on display over 100 drawings and etchings, and some thirty sketchbooks—the “plein-air’ painter’s quintessential tool. 

The practice of drawing “en plein air” or “in the open air”, “from the motif”, first recorded in 17th-century France (and Europe), became common in the 18th century, and was considered an integral part of every young artist’s training in the 19th. The constantly evolving art movement eventually came to be seen as exceptionally important in the history of drawing. The meaning of expressions such as “from nature”, “after nature” and “from the motif” was fluid, vague: just as easily referring to observational and scientific drawings, as to studies, students’ practice drawings, architectural surveys, military sketches, drawings from memory, travel notes or the faint outlines of a fleeting impression. 

Drawings from nature gradually came to be viewed as artworks in their own right; finished pieces with their own justification and purpose. This change in perception led to the 1861 publication of Charles Daubigny’s Voyage en bateau, a collection of rapid sketches depicting his outings on the rivers Seine and Oise aboard his studio-boat the Botin, which provided an ideal setting for drawing from nature. 

The line between the studio and the outdoors was not always clear, with artists often swinging back and forth between the two. A prime example of this vague state: the work of landscape painter Corot. While his subject matter was significantly different to that of “plein-air” artists, he shared their preoccupation with color, which could either be applied directly “from the motif”, or reworked at the studio with the help of notes taken on site. 

Curator: Marie-Pierre Salé, in collaboration with Exhibition Officer Hélène Grollemund, Musée du Louvre Department of Prints and Drawings.

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Eugène Bléry, L’Angélique en fleur, eau-forte sur chine appliqué sur vélin, H. : 12,3 cm, L. : 16,6 cm. Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie © BnF

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Charles François Daubigny, Le déjeuner à Asnières, plume et encre brune (encre métallogallique) sur papier vergé satiné, H. : 11 cm, L. : 16,3 cm, musée d’Orsay © RMN-GP (musée d'Orsay) / Michel Urtado

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Camille Corot, Ruisseau à Civita Castellana avec un artiste portant son matériel sur le dos, 1827, graphite, plume et encre métallogallique sur papier vélin, H. : 31 cm, L. : 42 cm, musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Le Mage

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Camille Corot, Deux artistes sur le motif, graphite, plume et encre brune sur papier vergé, H. : 32, 4 cm, L.: 51,8 cm, musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMNGrand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

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Narcisse Diaz de la Peña, Paysage, crayon noir et aquarelle sur papier vélin, page d’album, H. : 21,4 cm, L.: 27,5 cm, musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Jean-Gilles Berizzi

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Eugène Delacroix, Etude de fleurs avec une branche de fuchsias, crayon noir et aquarelle sur papier vergé, H. : 15 cm, L. : 19,6 cm, musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Adrien Didierjean

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Adrien Dauzats, Vue du grand théâtre de Bordeaux, album, 1832, graphite, plume et encre brune, lavis d’encres brune et grise, H. : 8,8 cm, L. : 12,2 cm. Musée du Louvre, département des Arts graphiques © musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Marc Jeanneteau

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Paul Huet, Les Bords de l’Orne, près de Pont-des-Verres, album, 1860, traits de crayon noir et aquarelle, H. : 22 cm, L. : 36,9 cm, musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado

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Eugène Delacroix, Carnet des Pyrénées, Torrent du Valentin dans la gorge de la villa Castellane, 1845, crayon graphite et aquarelle, H. : 11,6 cm, L. : 19,5 cm (chaque feuillet), musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Philippe Fuzeau