2

Claude Debussy, Manuscrit musical autographe, signé "A.Cl. Debussy", pour Hymnis. Comédie lyrique de Théodore de Banville, musique de Achille-Claude Debussy, partition pour piano et chant, adressé à "Mme. [Marie] Vasnier". [Circa 1882]. Estimation : €120,000-180,000. © Christie's Images Ltd 2018. 

Paris – Le 29 mai prochain, Christie’s proposera une vente de « Livres rares et manuscrits » avec une sélection d’une centaine de lots.

Dans le cadre du centenaire de l’anniversaire de la mort du compositeur, Christie’s est particulièrement heureux de proposer à la vente un manuscrit autographe signé d’Hymnis, œuvre du jeune Claude Debussy, inspirée d’une comédie lyrique du poète parnassien Théodore de Banville, vers 1882 (120,000 – 180,000 €). Cette partition pour piano et chants, dédicacée à Marie Vasnier, amante du musicien, est apparue pour la dernière fois en vente en 1926. Elle n’a fait l’objet d’aucune publication et est partiellement inédite.

Conçue en 1867, Hymnis devait être donnée en 1868 avec une musique de Jules Cressonnois. À la suite d’une série de malentendus, ce ne fut qu’à l’automne 1879, qu’eut lieu la première représentation d’Hymnis sur la scène du Théâtre lyrique. L’année suivante, l’éditeur Tresse publie pour la première fois le texte de Banville.

De la mise en musique par Debussy de cette comédie du poète parnassien, il subsistait jusqu’à présent deux manuscrits connus, l’un provenant des Strophes de la première scène ('Il dort encore, une main sur la lyre' - Collection Martin Bodmer), l’autre du début de la scène 7, l’Ode bachique ('À toi Lyaeos' – ancienne collection Toscanini, Sotheby's Londres, 26 mai 1983, lot 17, £14,000). Ce nouveau manuscrit, apparu pour la dernière fois lors d’une vente aux enchères de Simon Kra, le 1er juin 1926 (n° 38), n’a été décrit dans aucun des catalogues consacrés à Debussy. S’il reprend avec des nouvelles variantes les Strophes de la scène 1 et l’Ode bachique, il comporte également de nouvelles séquences inconnues à ce jour, à savoir :

- Le duo d’Anacréon et d’Hymnis de la scène 1 ('Sous nos pas le ciel a mis'), pp. 7-8.

- La chanson d’Anacréon de la scène 2 ('Quand par un jour de soleil'), pp. 9-11, la fin de la quatrième strophe étant incomplète et la cinquième strophe manque.

- Le trio final de la scène 7 ('Ah nous sommes bénis'), pp. 23-31.

Une comparaison des séquences communes avec les deux autres autographes connus montre qu’il s’agit d’une mise au net, soigneusement calligraphiée afin de l’offrir, telle une lettre d’amour, à Marie Vasnier.

Entre 1880 et 1882, au plus fort de sa liaison avec Marie Vasnier, Debussy mit en musique 12 poèmes de Banville et 3 pièces de théâtre, dont Hymnis. Théodore de Banville est, avec Paul Verlaine, le poète qui inspira le plus le compositeur. Sa première œuvre publiée sera Nuit d'étoiles, sur un texte de Banville, en 1882. La plupart sinon toutes les mélodies sur des œuvres de Banville sont dédiées à madame Vasnier, soprano amateur et fille d’un professeur de musique, qui avait épousé à l’âge de dix-sept ans Henri Vasnier, greffier des bâtiments. Séduit par son talent musical et son charme, le peintre Jacques-Émile Blanche réalisa un magnifique pastel, en 1888, aujourd’hui conservé au Petit Palais.

3

Jacques-Émile Blanche, Marie Blanche Vasnier, 1888. Pastel sur toile, PPD3024, Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris © DR