Temporada : Saint-Gilles – Beau succès populaire pour le festival taurin avec un bon lot de novillos de Miranda de Pericalvo
Le festival taurin organisé ce samedi après-midi dans les arènes de Saint-Gilles a remporté un grand succès populaire, qui s'est doublé d'une évidente réussite artistique du fait de la qualité du lot de novillos de Miranda de Pericalvo qui a facilité le succès général des sept toreros présents au cartel. Par ailleurs, deux novillos, propriété de l'éleveur salmantin Manuel Martínez Erice, ont été graciés par Richard Milian et Sébastien Castella. Les arènes Émile-Bilhau ont enregistré un quasi-plein pour ce festival taurin organisé au profit de l'association Ciel – qui lutte contre la leucémie – qui s'est déroulé par un temps splendide.
Le cartel, entièrement français, réunissait les matadors de toros Curro Caro, Patrick Varin, Richard Milian, Denis Loré, Sébastien Castella, Julien Miletto et le novillero Jérémy Banti face à sept novillos de Miranda de Pericalvo, bien présentés et agréablement armés pour les toreros (le 1er fut le plus petit, avec un physique d'eral), bravitos en général et donnant un bon jeu (les exemplaires les plus complets furent les 2e et 4e ; les 3e et 5e, Renegado, n°74, negro, et Estampa, n°59, castaño, plus faibles mais d'une bonté absolue à la muleta, ont été graciés).
Curro Caro a coupé l'oreille du premier novillo du festival.
Patrick Varin a ravi deux pavillons à l'issue de sa faena.
Richard Milian a obtenu les trophées maximums symboliques à l'issue de sa prestation.
Denis Loré a coupé l'oreille du quatrième exemplaire de la course.
Sébastien Castella a ravi les trophées maximums symboliques à l'issue de sa prestation.
Julien Miletto a coupé une oreille à l'issue de son combat.
Jérémy Banti a ravi un pavillon face au dernier novillo de l'après-midi.
Le film de la course, par Christophe Chay.
Une année encore, le grand festival taurin organisé par l'association "El Mundillo", avec l'appui logistique de Sébastien Castella, Julien Miletto et Jérémy Banti a été couronné d'un grand succès. Le public a répondu nombreux à ce rendez-vous de l'afición et de la solidarité grâce notamment à un temps magnifique. L'élevage de Miranda de Pericalvo a pour sa part envoyé un bon lot de novillos même si les deux grâces ont été accordées avec générosité – notamment celle du 5e novillo – ; la demande émanant plus de quelques personnes isolées dans le callejón que du public.
Curro Caro, qui n'avait plus toréé de festival depuis trois ans, a demandé à ses aînés, Patrick Varin et Richard Milian, de le laisser passer en première position afin de ne pas attendre son tour pendant deux novillos ! L'artiste originaire de Linares a gratifié le public d'un toreo de cape généreux, se signalant au quite sur quelques véroniques personnelles. La faena, courte mais "ramassée", a comporté quelques phases gauchères empreintes de classe, le reste se diluant dans quelques détails de qualité. Une oreille a récompensé ses gestes de sentiment.
Patrick Varin a signé une belle et grande prestation cape en main, signant des véroniques templées et données avec sentiment. A l'issue d'un tiers de piques magistralement conduit par Olivier Riboulet, l'actuel manager de Jérémy Banti s'est signalé sur un bon quite par chicuelinas bien liées. Muleta en main, le torero d'origine lyonnaise a tracé une faena douce et subtile, comportant plusieurs séries à l'aguante affirmé. Toréant avec la main basse, Varin a régalé le public par ses attitudes gauchères et a semblé prendre du plaisir à toréer... Après un final par manoletinas, le "véritable" chef de lidia de cette course a enfoncé une bonne lame au second essai, ce qui lui a valu une double récompense fort méritée.
Richard Milian s'est distingué en allant accueillir son adversaire a porta gayola, plaçant méticuleusement son chapeau sur le sol, derrière lui. Le torero catalan a remarquablement réalisé la figure, se faisant toutefois désarmer à la cape avant de lier de vibrantes véroniques, alternées avec des chicuelinas. Limité de forces sous le fer, le novillo a été banderillé en commun par Richard Milian, Jean-Marie Bourret et Christian Romero, qui se trouvaient dans la contre-piste en civil. Face à un exemplaire d'une bonté absolue au troisième tiers, le jeune retraité s'est véritablement régalé muleta en main, enchaînant les séries avec immobilité, sourire et décontraction. Déplaçant son adversaire avec une étonnante esthétique sur le côté gauche, Richard Milian a toréé à l'inspiration, liant ses naturelles dans un mouchoir de poche avant d'obtenir le grâce qu'il cherchait depuis un bon bout de temps. La queue symbolique a été remise au torero qui vit désormais dans le département des Landes.
Denis Loré s'est montré énergique avec la cape face au 4e novillo, bravito sous le fer, et qui a répondu avec conviction en deux rencontres avec la cavalerie. Aux banderilles, Loré a posé les bâtonnets en compagnie de son apoderado, Jean-Marie Bourret, et de Sébastien Castella. Muleta en main, le torero nîmois a construit une faena solide et précise face à un novillo d'une grande fixité dans le leurre et "faisant l'avion" sur les deux premiers tiers de la faena. De la souplesse et du bon goût qui ont continué à se manifester jusque dans les redondos finaux. Denis Loré avait débuté sa faena de façon spectaculaire par un cambio dans le dos, redoublé. La conclusion s'est avérée plus confuse et décroisée, suivie de cinq passages avec l'épée. Une oreille a été accordée en trompe-l'oeil, du fait de la mauvaise conclusion.
Sébastien Castella a fait preuve de sa classe naturelle et de son élégance habituelle en maniant la cape. Le torero biterrois, qui a très peu fait piquer son adversaire, a déclenché l'ovation du public sur un quite très ajusté alternant chicuelinas serrées et tafalleras. Le tiers de banderilles, partagé avec Julien Miletto et Jérémy Banti, a été d'une extrême qualité ; Castella se distinguant au troisième passage sur une belle pose al quiebro alors que Banti a réussi une remarquable pose de calafía. Porté par le public et maître absolu de son sujet, Sébastien Castella a passé un agréable moment en piste avec le noble novillo de Miranda de Pericalvo : une faena de catégorie, débutée par une trincherilla de cartel et qui s'est poursuivie avec temple et aguante, souplesse et cadence des muletazos. Sébastien Castella a littéralement aspiré la charge de son adversaire, haussant considérablement le niveau de l'animal lors d'une faena experte. Un changement de main dans le dos, très coulé, enchaîné à une série de naturelles limpides, sans bouger les pieds, avant le final par redondos inversés, ont enchanté le public. Une faena de surdoué dont la principale qualité a été le lien permanent entre les séries, sans temps mort, avec classe et cadence. Une faena qui aurait mérité de se conclure sur un grand coup d'épée ; Sébastien ayant toréé largement au-dessus des conditions d'un novillo qui n'était pas d'indulto. Trophées maximums symboliques, tout de même...
Julien Miletto a vu son adversaire être médiocrement piqué avant un tiers de banderilles assez chaotique de la part de la cuadrilla. Excessivement faible, le novillo a parfois été déplacé à la muleta sur un trop long parcours, ne pouvant suivre le rythme imposé. Le Nîmois a dès lors choisi de le toréer à mi-hauteur, sans que la faena, trop hachée, décolle vraiment. La présidence ne lui en a pas tenu rigueur et lui a accordé une oreille après un pinchazo et une entière.
Jérémy Banti en a fini de cet après-midi en se distinguant lors d'une agréable réception à la cape à mi-chemin entre la tapatía et la tafallera. Une fois encore, le novillo a été médiocrement piqué, ce qui n'a pas empêché le novillero arlésien de se distinguer sur un quite par chicuelinas. Aux banderilles, Tino Lopes a trébuché de façon spectaculaire face à la tête du novillo, subissant une voltereta qui a finalement occasionné plus de peur que de mal. Muleta en main, Banti a construit une faena des plus sérieuses, tracée avec volonté et précision sur le côté gauche même si le public n'a pas totalement adhéré du fait de la faiblesse latente du Miranda de Pericalvo et du contexte général à la fin de course. Pourtant, l'Arlésien a fait valoir un agréable jeu de poignet en dépit d'un final un peu plus accroché. Une bonne lame et un descabello lui ont permis de couper une oreille légitime.
Fiche technique du festival taurin.
Source : Christophe Chay.
Arènes Émile-Bilhau – SAINT-GILLES. Samedi 14 octobre 2006. 16 h 00.
Festival taurin de l'association "El Mundillo". Temps splendide. Quasi-plein.
7 novillos de MIRANDA DE PERICALVO (10 rencontres à la cavalerie), bien présentés et agréablement armés pour les toreros (le 1er fut le plus petit, avec un physique d'eral), bravitos en général et donnant un bon jeu (les exemplaires les plus complets furent les 2e et 4e ; les 3e et 5e, Renegado, n°74, negro, et Estampa, n°59, castaño, plus faibles mais d'une bonté absolue à la muleta, ont été graciés),
pour
Curro CARO (en costume de ville gris anthracite) : 1 oreille.
1er novillo (dédié à Sébastien Castella) : pinchazo en gardant l'épée – entière tombée.
Patrick VARIN (en veste campera noisette & pantalon taupe) : 2 oreilles.
2e novillo (dédié à son épouse) : pinchazo al recibir en gardant l'épée – quasi-entière.
Richard MILIAN (en costume campero noir) : 2 oreilles et la queue symboliques.
3e novillo (dédié à des membres de son ancienne cuadrilla ; Michel Bouix, El Andaluz, Jean-Marie Bourret, José Caparros et Christian Romero) : gracié ; estocade au simulacre.
Denis LORÉ (en chaleco bronze & pantalon gris plomb) : 1 oreille.
4e novillo (dédié au public) : deux pinchazos profonds, en gardant l'épée – pinchazo – pinchazo en gardant l'épée – demi-lame contraire, descabello.
Sébastien CASTELLA (en chaleco velours noir & pantalon gris plomb) : 2 oreilles et la queue symboliques.
5e novillo (dédié au public) : gracié ; estocade au simulacre.
Julien MILETTO (en costume campero capuccino) : 1 oreille.
6e novillo (dédié à ses six compagnons de cartel) : pinchazo – entière.
Jérémy BANTI (en costume campero bleu marine bordé de sable) : 1 oreille.
7e novillo (dédié à Tino Lopes) : quatre-cinquièmes de lame, descabello.
Président : M. Michel Bonnafé.
Durée de la course : 3 h 00.
Remarques :
Le paseo a été précédé d'une démonstration de doma vaquera en piste par le cavalier Olivier Boutaud.
Une médaille a été remise en piste aux sept toreros à l'issue du paseo.
L'ordre d'ancienneté a été inversé pour permettre à Curro Caro de passer avant Patrick Varin et Richard Milian.
Richard Milian a banderillé le 3e novillo avec Jean-Marie Bourret et Christian Romero, spectateurs venus en civil.
Denis Loré a banderillé le 4e novillo avec Jean-Marie Bourret et Sébastien Castella.
Sébastien Castella a banderillé le 5e novillo en compagnie de Jérémy Banti et Julien Miletto.
Reseña des novillos de Miranda de Pericalvo :
1.N°53, negro (applaudi à l'arrastre).
2.N°64, castaño (ovationné à l'arrastre).
3.Renegado, n°74, negro (gracié).
4.N°67, negro (applaudi à l'arrastre).
5.Estampa, n°59, castaño (gracié).
6.N°12, castaño (silence à l'arrastre).
7.N°63, castaño (silence à l'arrastre).
Photo : Sébastien Castella, magnifique de classe - Photo Corrida.tv
