La protection de l'environnement doit être rigoureuse
Les infractions qui mettent en danger l'environnement deviennent un lieu commun dans plusieurs secteurs de production, de commerce et de services. Pourquoi ? La conscience écologique des entreprises et des particuliers reste faible. Intensifier les contrôles et les sanctions contre la pollution s'avère ainsi urgent.
"La pollution s'accentue. Malgré nos efforts, nous n'atteignons pas l'objectif de la stratégie nationale de protection de l'environnement qui voudrait contrôler, freiner et enrayer la dégradation du milieu naturel". Telle est la déclaration du ministre des Ressources naturelles et de l'Environnement, Mai Ai Truc, lors de la conférence qui a brossé le bilan de 3 ans de réalisation de la stratégie nationale sur la protection de l'environnement, début décembre à Hanoi.
Depuis 2005, le ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement a enquêté sur les pratiques environnementales de 90 entreprises implantées dans 6 villes et provinces du Nord et du Sud (Nam Dinh, Hà Nam, Hà Tây, Dông Nai, Binh Duong, Hô Chi Minh-Ville). Résultat : 96% d'elles enfreignent les lois. Les principales infractions portent sur le traitement des déchets industriels, la gestion des eaux usées, ou l'établissement de rapports qui minimisent les impacts de leurs activités sur l'environnement.
Les infractions sont monnaie commune, estime le chef du Département de l'environnement dudit ministère, Truong Manh Tiên. Quelles sont les causes de cette périlleuse situation ? L'inconscience des entreprises, les lacunes des organes d'inspection et de contrôle et la faiblesse des sanctions administratives qui n'entraînent pas de dissuasion efficace. Dans ce contexte, le renforcement des contrôles et l'intensification des peines réprimant les infractions qui touchent le milieu naturel se révèlent nécessaires.
Formation d'une force de police environnementale
Le ministère de la Police a décidé en novembre dernier de former une force policière de l'environnement. Ainsi, le ministère de la Police et celui des Ressources naturelles et de l'Environnement coopèrent pour réprimer sévèrement les actes qui polluent la nature.
Quelles sont les fonctions de cette nouvelle police ? Tandis que les policiers sanctionnent ceux qui s'approprient le bien d'autrui, cette nouvelle force punit ceux qui jettent à la dérobée leurs propres "biens", explique le vice-ministre des Ressources naturelles et de l'Environnement, Pham Khôi Nguyên. Selon lui, la police environnementale règlera des affaires quotidiennes comme le traitement des ordures ménagères, des déchets industriels ou les marées noires, etc.
D'autres tâches consistent à punir les importateurs illégaux de déchets, à mener des enquêtes sur les infractions qui mettent en danger l'environnement, ou encore à poursuivre les particuliers et collectivités qui enfreignent sciemment les lois.
Trente bureaux seront fondés dans les 30 villes et provinces les plus polluées. À long terme, toutes les localités auront leur office de police environnementale. Cette création survient un an après la promulgation de la loi sur la protection de l'environnement, ce qui perfectionne le système punitif.
Ces derniers temps, d'autres éléments favorables à la protection de l'environnement voient le jour. Le cadre juridique en la matière s'améliore avec l'adoption par l'Assemblée nationale de la loi sur la protection de l'environnement. Le plan annuel de développement socio-économique détermine 3 objectifs : l'économie, la société et l'environnement. Pour le dernier, l'Assemblée nationale a décidé de réserver depuis l'an dernier un pour cent du budget national à sa protection. (Hoàng Hà/CVN)