Canalblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Alain.R.Truong
Publicité
Alain.R.Truong
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 51 647 586
Publicité
Archives
Newsletter
Alain.R.Truong
Publicité
7 février 2007

Un musée privé d'antiquités au Vietnam

aFin 2006 à Thanh Hoa, dans le Centre, un musée privé d'antiquités ouvrait ses portes. Baptisé Hoàng Long, l'établissement est unique dans son genre, regroupant plus de 6.000 objets, dont certains vieux de plusieurs siècles. Rencontre avec son patron, Hoàng Van Thông, un constructeur amoureux... des arts antiques.
Grands et petits, ils sont exposés en bon ordre dans une vaste salle de 200 m², au 41, boulevard Dôi Cung, ville de Thanh Hoa. À peine la porte franchie, on s'égare dans les méandres de l'histoire. Haches et pioches en pierre, tambours en bronze, disques et bols en céramique, brûle-parfums et jarres en bronze, armes de toutes sortes (flèches, épées, piques, lances...), statues de génies en pierre et en bronze. Les sens sont affolés tandis que notre imagination se prend à divaguer. Dans la cour précédant la salle d'exposition, à côté d'un très vieux canon, s'impose un gigantesque tambour en bronze. De 1,21 mètres de haut et 1,55 mètres de diamètre de fond pour une reproduction "sur mesure" - sur l'initiative du patron du musée- du tambour de Ngoc Lu, le plus grand et ancien tambour trouvé au Vietnam.

Le ton est donné sur la valeur de ce musée. Ainsi ce n'est guère surpris que nous apprenions que 830 objets exposés entre ces murs ont passé une expertise chronologique pour en définir l'âge.

Les visiteurs ne s'y trompent pas non plus. En nombre, ils s'y rendent soit excités par l'amour des antiquités soit par admiration pour cet homme audacieux à la tête d'un trésor inestimable. Hoàng Van Thông, 52 ans, avoue y avoir consacré tout ce qu'il possède : passion, énergie, temps et argent.

De la curiosité à la passion
"La naissance du musée des antiquités complète le bonheur de ma vie", confie M. Thông. Une emphase qui traduit un attachement particulier à des antiquités auxquelles il s'est consacré ces 20 dernières années. Ingénieur dans le bâtiment, Hoàng Van Thông s'est déplacé de chantier en chantier sur tout le territoire. Un travail dur, souvent sous un soleil de plomb. Lui se prend au fur et à mesure à un petit jeu. Il traque les objets que recrachent parfois les pelles mécaniques. Il les ramasse puis lors de ses pauses, les contemple avec minutie. "Les décorations qui ornent ces objets sont tellement belles et bizarres qu'elles m'obnubilaient, je voulais absolument les déchiffrer", raconte M. Thông. Il se plonge alors corps et âme dans cette passion, dévorant les ouvrages en ce domaine. Une fois calé, "ce désir irrésistible" de monter une collection lui est venue. "J'ai cherché à acheter, coût que coûte, des antiquités", poursuit-il. Il rappelle dans un rire le jour où sa femme plongea dans une colère noire après qu'il eut échangé plusieurs centaines de kilos de riz contre un vieux brûle-parfum.

Au dire de M. Thông, sa ville natale de Thanh Hoa était autrefois le berceau de plusieurs civilisations dont celle de Dông Son. Par la suite, elle fut une fois cité impériale sous la dynastie des Mac et Trinh (16e-17e siècle). Une région marquée par l'histoire, renfermant dans son sous-sol d'innombrables vestiges d'une terre peuplée depuis des milliers d'années. Le musée de M. Thông ne vient que le confirmer, avec par exemple ces haches en pierre vieilles de 2.500 ans, ces instruments en bronze de l'époque dongsonnienne ou ces céramiques des dynasties Ly, Trân, Lê...

Rendez-vous du club des anciens
Pour Hoàng Van Thông, chaque objet de sa collection est lié à une histoire. Il avance les tambours en bronze qu'il a trouvés par hasard en 1997 dans la commune de Vinh Hung, district de Vinh Lôc, Thanh Hoa. Sur la sainte terre du seigneur Trinh, sa compagnie était chargée de construire un grand bâtiment. Quand la pelle mécanique s'attaqua aux ruines d'un petit temple, on trouva sous ses fondations un serpent fossilisé dont le corps était "transparent comme du cristal", à tel point qu'on pouvait voir sa colonne vertébrale et ses vaisseaux sanguins. "J'ai eu le pressentiment de découvrir quelque chose de secret. J'ai décidé de continuer les travaux après avoir consulté les autorités locales", poursuit-il. C'est ainsi que tout un trésor caché jadis est mis à jour, avec notamment un chapelet de tambours.

Ce musée un peu spécial, M. Thông a pris soin de l'entourer d'un jardin d'agrément. Là-bas, on l'appelle la "forêt en pleine ville" : plus de 200 plantes d'agrément séculaires entourant une maison sur pilotis vieille de 200 ans. "Il semble que tout ce qui est ancien m'attire", avoue le collectionneur. Voilà peut-être la raison qui fait de son domaine le lieu de rendez-vous du club des collectionneurs d'antiquité de Thanh Hoa.

M.Thông voit plus loin encore, avec notamment son plan pour agrandir le musée. "Avec 6 milliards de dôngs d'investissement, le futur musée aura une construction sur 4 étages. Le premier sera destiné à un restaurant, le second à la salle de réunion, les 3e et 4e aux salles d'exposition. Sans oublier le rez-de-chaussée réservé à la conservation des antiquités", déclare-t-il, fier. Le musée de Hoàng Long se visite toujours gratuitement. (Nghia Dàn/CVN)

Je vous laisse le soin d'apprécier au second degré l'article élogieux et les déclarations du collectionneur...

Publicité
Commentaires
Publicité