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Alain.R.Truong
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Alain.R.Truong
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10 juillet 2007

La préservation des poissons rares du Mékong

Sans_titreSur un terrain de la commune de An Thoi Trung (Cai Bè, Tiên Giang), couvert d'étangs et de lacs, près de la route nationale 1, 12 scientifiques du Centre national de variétés d'eau douce étudient les moyens de préserver les poissons rares du Mékong, dont certains sont en voie d'extinction.
Possédant près de 400 réservoirs composites de un à 20 m3, 60 réservoirs cimentaires de 15 à 30 m3 et 12 hectares d'aleviniers, chaque année, le Centre national de variétés d'eau douce propose sur le marché 10 à 20 millions d'alevins, dont des poissons rares comme le chai, le éc moi, le duong… Deux ans auparavant, le Centre a réussi à élever des poissons rares du Mékong qui étaient près de disparaître à cause de la pêche, tels que le hô, le bông lau ou le coc. "Le projet d'élever des poissons du Mékong est financé par le Comité du Mékong et l'organisation danoise Dalida sur 10 ans, de 2000 à 2010. La préservation d'un poisson rare est vraiment une question complexe qui exige que nous fassions tout notre possible", a fait savoir le docteur Pham Van Khanh, le directeur du Centre.

En 2002, pour le projet de la reproduction artificielle du coc, M. Khanh est allé dans un restaurant spécialisé dans les préparations à base de coc, à Vinh Long, et a réussi à s'en procurer, congelé, au prix de 70.000 dôngs le kilo. Les coc vivants sont si rares que les chercheurs du Centre sont prêts à tous les sacrifices pour en avoir, et leur élevage n'en est que plus difficile. "Malgré nos efforts, nous avons essuyé de nombreux échecs, car les +coc+ tombent malades et ne mangent plus. Mais aujourd'hui, notre élevage de +coc+ constitue une fortune pour le Centre", a-t-il dit.

Un autre poisson rare, le hô, un des poissons géants du Mékong, dont le nom scientifique est catlocarpio siamensis, est aussi élevé par les chercheurs. À présent, le Centre possède un banc de 84 hô, les plus gros pouvant atteindre 25 kg. "Ce banc de "hô" est vraiment une prouesse du centre", a déclaré Huynh Huu Ngai, un chercheur agrégé qui gère l'élevage des hô. "Le projet de préservation des +hô+ existe depuis 2003, mais nous n'avons obtenu des résultats qu'en juin 2005. La probabilité de succès n'atteignait alors que 13%. Sans faire cas des difficultés, les scientifiques du centre se sont acharnés à chercher les meilleures solutions afin de limiter les risques d'échec. En 2006, la probabilité de succès atteignait 40%. Ce résultat a été le fruit de nos efforts," selon M. Ngai.

D'après les pêcheurs du fleuve Hâu, un grand hô pourrait peser 200 kg, mais ce poisson est de plus en plus rare. Au Cambodge, le hô est rigoureusement protégé depuis 1987 par le gouvernement et il est mentionné sur la carte de surveillance depuis mars 2005. Tandis qu'au Vietnam, la défense du hô est peu assurée, d'autant qu'il est devenu une spécialité dans les restaurants ces dernières années.

Actuellement, les scientifiques du Centre national de variétés d'eau douce sont en train d'étudier les autres poissons rares du Mékong. "Nous continuons d'étudier les poissons en voie d'extinction comme le "suu", le "ngac", le "lang", le "ket"…, la reproduction artificielle de ces poissons pouvant constituer des élevages. Si nous ne le faisons pas, les poissons rares du Mékong n'existeront bientôt plus que dans les livres", a prédit M. Khanh. (Duy Tung-Thanh Trà/CVN)

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