La collection de dessins de Pierre-Jean Mariette
Giovanni Francesco Barbieri dit le Guerchin (1591-1666), Tobie enterrant les morts, plume et encre brune, lavis brun, 18,5 x 25 cm. Estimation : 20 000/30 000 €.
Pour le célèbre amateur d’art, cette feuille représentait le "vrai dessin". Pierre-Jean Mariette a été l’un des premiers collectionneurs à s’intéresser aux dessins italiens des XVIe et XVIIe siècles, au moment où on lui préférait les paysages et les scènes d’intérieur des Flamands et des Hollandais. Éditeur et écrivain, Mariette était l’héritier fortuné d’une famille de libraires, installée rue Saint-Jacques, à Paris. Amateur d’art éclairé, il ne restreint pas son intérêt aux seuls dessins, achetant aussi des bronzes et des meubles. Mariette entame d’ailleurs sa collection lors de la vente d’un autre grand collectionneur, Pierre Crozat, en 1741. Il l’enrichit progressivement, parcourant Rome, Bologne, Florence ou Venise à la recherche d’oeuvres d’art. En 1767, Mariette a réuni une collection de dessins, notamment un ensemble italien, considérée comme l’une des plus complètes d’Europe. Après sa mort, en 1774, et en dépit de sa volonté de léguer sa collection au cabinet du roi, une vente de succession est organisée du 15 novembre 1775 au 30 janvier 1776. Joly, le garde des estampes à la bibliothèque royale, tente d’en acquérir la totalité pour le roi. Mais son budget ne lui permettra d’acheter qu’un dixième des dessins – environ mille trois cents –, pour la somme de 52 000 livres. Le fonds Mariette du Louvre compte aujourd’hui mille sept cent quatre-vingt-douze dessins. L’encadrement, constitué de plusieurs feuilles beiges et blanches entourées d’une bande de papier bleu, est également spécifique. Dans cette collection Mariette, le Guerchin figure en bonne place aux côtés de Michel-Ange, de Carrache, du Titien, ou d’Andrea Del Sarto. Collectionnés dans les plus grands musées, les dessins du Guerchin possèdent, il est vrai, une certaine dimension picturale. Réalisés au crayon ou à la plume, ils présentent des jeux d’ombres savamment étudiés et des qualités naturalistes et de spontanéité remarquables. Le peintre, qui n’avait guère quitté la région émilienne, possède à son actif un nombre important de tableaux et de dessins. Son oeuvre se situe à une période charnière de la peinture italienne : le passage de l’art baroque à l’art classique. (courtesy www.gazette-drouot.com)
Châtellerault, samedi 24 novembre. Sabourin SVV. M. de Bayser
