Rare coupe ovale sur piédouche en bronze et émaux cloisonnés polychromes sur fond bleu lapis. Chine, période Jiaqing, (1796-1820
Rare coupe ovale sur piédouche en bronze et émaux cloisonnés polychromes sur fond bleu lapis. Chine, période Jiaqing, (1796-1820)
Au centre de la coupe, le caractère he, « resplendissant », est entouré de trois papillons et d'une guirlande de pivoines, clématites sur un fond de motifs quadrifoliés. Le bord, délimité par une frise de petites fleurs sur fond bleu turquoise, est orné de pampres de vigne. Le revers et le pied évasé sont décorés de papillons parmi des rinceaux de belles de jour. Deux anses en bronze doré finement ciselées sont en forme de dragons à cinq griffes, rugissant, les têtes dressées en vis-à-vis en partie supérieure, les griffes avant agrippant la bordure. Les corps se déroulent harmonieusement au revers, prenant appui sur leurs griffes arrière. Haut. 21,5 - Larg. 34,5 cm - Estimation : € 10,000-12,000
Longtemps, les émaux cloisonnés furent mal-aimés de l’art chinois, considérés par les puristes comme tardifs et, surtout, d’origine étrangère. Certains spécialistes pensent que cette technique, connue en Europe dès le XIe siècle, fut importée en Extrême-Orient par l’intermédiaire des commerçants musulmans, à la fin du XIVe siècle. Aux pièces du début ornées de couleurs franches, comme le rouge, le bleu et le jaune, la plupart destinées aux temples, succèdent, tout particulièrement au XVIIIe siècle, des formes plus variées et des coloris nuancés, qui gagnent les demeures impériales et privées. Parmi l’ensemble d’objets en bronze et émaux cloisonnés présentés lors de cette vacation, on remarque un brûle-parfum tripode d’époque Qianlong, décoré de rinceaux de lotus polychromes et de motifs de "grecques" en bleu lapis sur fond bleu turquoise, estimé 10 000 €, et une coupe sur piédouche (voir photo). Réalisée sous le règne de Jiaqing (1796-1842), celle-ci est décorée sur fond bleu lapis d’un fin réseau de motifs quadrifoliés, sur lequel se détachent trois papillons, des guirlandes de pivoines et clématites polychromes aux savants dégradés. Ces motifs entourent, au centre de la coupe, le caractère he ("resplendissant") en noir sur fond blanc. Le revers et le pied sont décorés de papillons, batifolant parmi des belles de jour ; les anses en bronze doré épousent la forme de dragons. Sous ce même règne, un paravent à huit feuilles, pour lequel il faut compter 150 000 €, célèbre l’harmonie entre l’âme et la nature, à travers huit scènes où des jeunes femmes évoluent dans des paysages. Au verso, un poème calligraphié chante les beautés de chaque saison, l’éternel retour de la nature. Chaque feuille comprend deux panneaux à décor incrusté de bois précieux et de pierres dures (néphrites vert épinard et céladon, jadéite veinée de vert, lapis-lazuli, malachite, cornaline, quartz rose), sur fond de laque rouge incisé de motifs géométriques.
Mardi 18 décembre, espace Tajan. Tajan SVV. M. Ansas, Mme Papillon d’Alton
