Encrier de bureau en écaille brune à décor piqué de cuivre doré - Naples, seconde moitié du XVIIIe siècle.
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Naples, seconde moitié du XVIIIe siècle. Attribué à l’atelier de Giuseppe et Gennaro Sarao. Encrier de bureau en écaille brune à décor piqué de cuivre doré, un présentoir centré d’un porte-plume, deux encriers, une boîte à sable et une clochette. Estimation : 300 000/350 000 €.
Après la Sicile, voici Naples. Petit rappel : le 12 novembre dernier, un encrier de début du XVIIe siècle, en vermeil, argent niellé, bronze doré guilloché et ciselé, rehaussé de corail rouge et de fils d’argent, était disputé jusqu’à 322 192 € frais compris (même maison de ventes). Si les productions de ce type apparaissent ponctuellement sur le marché, rares sont celles de cette qualité. Une enchère de haute volée, donc, pour une pièce d’exception illustrant la vogue du corail en Italie à partir des années 1580 - et tout particulièrement à Trapani, ville de l’ouest de la Sicile, spécialiste dans le travail de cette matière. Rendez-vous cette fois à un jet de pierres de l’île, à Naples, pour ce luxueux accessoire d’écriture en écaille. Objet de toutes les convoitises dans l’Antiquité, le matériau tombe dans l’oubli jusqu’à la Renaissance, où il est alors prisé dans toute l’Europe. Au XVIIe, il fait son entrée dans le mobilier associé à l’ébène, l’ivoire, la nacre ou les pierres dures sur les cabinets. D’abord appliquée dans les niches intérieures, l’écaille gagne l’extérieur des meubles dans les années 1640. Dix ans plus tard, elle les recouvre presque totalement. Quant aux Italiens, dont un certain Laurenzini (ou Laurentini) à Naples, ils se font une spécialité de la technique du "piqué-incrusté", inventée à la fin du XVIe siècle. De très fins motifs d’or, d’argent, de cuivre ou de nacre sont incrustés dans l’écaille préalablement chauffée. À Naples, divers ateliers ouvrent leurs portes, parmi lesquels ceux d’Antonio de Laurentis, Nicolas de Turris, Nicolas de Starace, ou encore Giuseppe et Gennaro Sarao, père et fils actifs jusqu’en 1777, à qui est attribué notre encrier. Plusieurs de leurs oeuvres sont d’ailleurs conservées dans de grandes collections européennes. Si les dames du XVIIe aiment les précieux ensembles de toilette, ces messieurs apprécient se faire représenter, dans leurs cabinets d’étude entourés d’encriers, écritoires et autres boîtes à sceaux. Dès le Moyen Âge, des "bureaux" - comme on les appelle à l’époque – font leur apparition. Souvent en matière précieuse, ils comprennent, posés sur un plateau, l’encrier, la boîte à sable, la sonnette, les plumes. Les modèles flamands sont peut-être les premiers à posséder un bougeoir servant à éclairer, autant qu’à faire fondre la cire à cacheter. En France, l’encrier (ou l’écritoire), ont leurs heures de gloire à l’époque de Louis XIV. L’inventaire du monarque en compte jusqu’à 33, livrés par les cinq orfèvres du roi. Après 1689, les ordonnances somptuaires les contraignent à réduire leur production. L’écritoire se divise alors en plusieurs objets indépendants... que les contrôleurs de la Monnaie ne pèseront qu’un à un. Jean Berain, au XVIIIe, crée un prototype que l’on retrouvera en Angleterre, en Allemagne, au Portugal, en Espagne et en Italie. À savoir : un plateau de forme variée avec trois coupelles, l’une renfermant l’encrier, l’autre le poudrier à sable, la dernière devant recevoir la sonnette. Les "tabletiers-enjoliveurs", comme on les appelait parfois, avaient de beaux jours devant eux... (courtesy www.gazette-drouot.com)
Mercredi 13 février, salle 1. Massol SVV.
