15 mars 2008
Rembrandt Bugatti (1885-1916), "Ours marchant"
Rembrandt Bugatti (1885-1916), Ours marchant, bronze, cire perdue marquée"AA. Hébrard", h. 21, l. 30,5 cm. Estimation : 120 000/150 000 €.
| Parmi les cent dernières oeuvres de Bugatti vendues depuis 2001 aux enchères figure un seul ours, dans un cortège comptant en revanche des dizaines de panthères et de jaguars (source : Artnet). Il s’agit d’un modèle rare, spécialement créé par le sculpteur pour l’exposition consacrée aux grands mammifères, organisée à la Société royale de zoologie d’Anvers en 1910. Il fut ensuite fondu en deux dimensions, l’une de quarante centimètres, l’autre, comme notre spécimen, d’une vingtaine de hauteur. Rembrandt Bugatti se distingue des autres sculpteurs animaliers, car il ne se limite pas aux seuls détails morphologiques. L’artiste cherche à capter l’essence même de l’animal, ce qu’il dégage. Aussi Bugatti fréquente-t-il assidûment le Jardin des Plantes de Paris et le zoo d’Anvers, où il étudie les divers pensionnaires de 1907 à 1914. Pour saisir le mouvement de l’animal, il choisit son geste le plus emblématique. De notre Ours émane une force tranquille, sa démarche étant tout à la fois souple et assurée. Bugatti doit également son succès au fondeur Adrien Hébrard. Son atelier excellait dans le travail du bronze où l’on pratiquait grâce à Albino Palazzolo la technique de la fonte à la cire perdue. Chaque moule était cassé après la cuisson, d’où des bronzes d’une qualité incomparable. La patine, minutieusement adaptée à chaque espèce, rend la sculpture extrêmement vivante. Rembrandt Bugatti est né dans une famille d’artistes. Son père, Carlo, n’est autre que le fameux créateur milanais de meubles, son frère Ettore le célèbre constructeur automobile. Rembrandt a su rapidement se faire un prénom. Prénom qui fut choisi par son oncle, le peintre Giovanni Seguantini, pour forcer le destin. Dès ses 14 ans, alors qu’il travaille dans l’atelier de son père, son ami le sculpteur Troubetskoy décèle son talent. Arrivé à Paris avec ses parents, il s’oriente rapidement vers la sculpture animalière et expose ses premières créations à peine deux ans plus tard, au Salon de la Société nationale des beaux-arts. En 1916, Bugatti se suicide. Il n’avait que 31 ans. En poursuivant l’édition des bronzes, Hébrard perpétue jusqu’à sa mort, en 1937, l’oeuvre du sculpteur, qui tombe ensuite dans l’oubli. Le marché l’a en définitivement sorti depuis les années 1990. (courtesy www.gazette-drouot.com) |
Bourg-en-Bresse, dimanche 16 mars. Européenne de ventes G.C. SVV. |
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