D'après Jacques BOUSSEAU (1681 - 1740) - Hercule bandant son arc - Première moitié du XIXe siècle
D'après Jacques BOUSSEAU (1681 - 1740) - Hercule bandant son arc - Première moitié du XIXe siècle
Épreuve en bronze patiné. Numéroté sur la base 410. Haut. : 88 cm - Larg. : 45 cm - Estimé : 10 000 / 12 000 €
Note: Le 30 décembre 1713, puis le 27 janvier 1714, Corneille Van Clève, directeur de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture, soumet à Jacques Bousseau le sujet d'un archer qui bande son arc pour le morceau de réception du sculpteur à l'Académie et lui octroie six mois pour sa réalisation. Le 24 janvier 1714, l'esquisse est agréée, le 30 juin suivant le modèle à grandeur reçoit son approbation, le 29 novembre de la même année le modèle à grandeur est terminé, enfin la statuette en marbre est présentée le 29 novembre 1715 et entre dans les collections de l'Académie conservées au Palais du Louvre, lieu actuel de sa conservation. L'extraordinaire popularité de cette statuette entraîna de multiples hypothèses sur l'exactitude de la représentation du personnage ; en effet, comme tout chef-d'oeuvre, elle porta successivement de nombreuses appellations : citons parmi les plus célèbres Soldat bandant son arc par Cousin de la Contamine en 1737 ; Ulysse qui tend son arc par Dezallier en 1781 ; Soldat martyrisant Saint Sébastien par Ballot de Sovot en 1874 ; Soldat qui bande un arc par Montaiglon en 1881
Il apparaît que le sculpteur réalisa plusieurs esquisses et études en terre cuite et en plâtre, plus ou moins abouties, à ce jour non-localisées dans des collections privées ou publiques
Contrairement aux fontes en bronze dont plusieurs exemplaires sont répertoriés, un exemplaire est conservé au château Nijenhuis, Hollande, dans la collection du docteur Hannema, fondateur du Musée Boymans de Rotterdam(Inv.26-705)
Un deuxième est conservé à la Huntington Collection de San Marino, Californie. Dans la collection personnelle de son directeur, M. R. Wark
Un troisième est à Moscou, Musée de l'Ermitage
(illustré dans Z. Zaretskaya et N. Kossoreva,
La sculpture Française des XVIIe et XVIIIe siècles au Musée de l'Ermitage, 1963, p. 161, n° 14)
Un quatrième fait partie des collections du Museum of Fine Arts de Boston ; il provient des collections du marquis de Hertford et Sir Richard Wallace
Un cinquième appartient au Birmingham Museum, don de M. F. Nettlefold (illustré dans The collection of bronzes et Castings in brass and ormolu formed by Mr. F. Nettlefold, 1934, p. 29-30)
Un dernier bronze, anciennement dans la collection Maverodato (vente à Paris, le 22 mai 1936), fait partie des collections du Musée du Louvre (Inv.OA8940)
Il est vraisemblable que quelques répliques en bronze furent réalisées du vivant même du sculpteur, ce qui semble correspondre aux statuettes dont la hauteur avoisine les 88 cm, dimension de l'original en marbre. Néanmoins la popularité de cette statuette fut si importante que dès la seconde moitié du XVIIIe siècle et jusqu'au milieu du XIXe siècle quelques autres fontes de dimensions moins importantes furent réalisées. C'est notamment le cas de l'exemplaire de l'ancienne collection Nettlefold, de celui du Musée du Louvre et du bronze présenté
Excepté ce raffinement, les caractéristiques techniques du bronze présenté dénotent une fonte à la cire perdue qui assure l'unicité de chaque statuette réalisée. Bousseau a donné la pleine mesure de son talent dans ce qui est considéré aujourd'hui comme son chef-d'oeuvre et une des sculptures les plus importantes du XVIIIe siècle français. Il met en place une nudité à peine voilée, son personnage s'arc-boute dans l'effort, ce qui fait saillir la musculature développée de ses bras et de son torse. L'allure tourmentée et agitée rompt définitivement avec la rigidité de la sculpture française du XVIIe siècle et sera une immense source d'inspiration pour de nombreux sculpteurs français des règnes de Louis XV et de Louis XVI
Delorme - Collin du Bocage Paris. Entier Mobilier d'un Château Normand. Vente du 26 mai 2008
