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Alain.R.Truong
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6 juin 2008

Armand-Albert Rateau (1882-1938), paire de fauteuils en chêne ciré et mouluré, mascarons en bronze patiné à tête de femme, estam

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Armand-Albert Rateau (1882-1938), paire de fauteuils en chêne ciré et mouluré, mascarons en bronze patiné à tête de femme, estampillés A.-A. Rateau, 69 x 59 x 49 cm. Estimation : 200 000/250 000 €.

Intemporel, un brin fantasque, singulier dans le paysage de l’art déco, Armand-Albert Rateau est tout cela et plus encore. Un Ruhlmann égaré aux pays des Mille et Une Nuits, une sorte de Paul Poiret de la décoration. L’artiste a lui aussi apprivoisé l’Orient, revisité les civilisations anciennes de la Méditerranée pour nourrir un répertoire original où batifolent dans un décor sylvestre félins, biches et volatiles. Dès 1919, le ton est donné. Pour sa première commande, la piscine du couple de milliardaires américains Blumenthal, le jeune décorateur imagine un cadre féerique avec naïades et mobilier de bronze à motifs aquatiques. D’emblée, Armand-Albert Rateau donne la mesure de son talent. Il fige dans l’airain ses souvenirs de Pompéi, réminiscences du voyage de 1914. Pour l’appartement de Jeanne Lanvin, rue Barbet-de-Jouy, dans le VIIe arrondissement de Paris, ce baroque amoureux du luxe confirme. Il repense le mobilier de l’Antiquité et n’hésite pas non plus à mélanger les styles et les époques. C’est riche mais raffiné, et, derrière l’illusion du décor, Armand-Albert Rateau n’oublie ni le confort ni la ligne. L’homme a le souci de l’ornement, le sens du détail, le goût aussi du métier bien fait, héritage de ses années de formation à la prestigieuse école Boulle. Dans ses ateliers de la rue Gide à Levallois-Perret, qui emploie à la fin des années 20 quelque deux cents artisans, Rateau créa une formidable machine à rêver pour milliardaires... Des meubles et des décors réalisés pour les fortunes de ces folles années, aujourd’hui encore follement coûteux. 4,16 M€ enregistrés en juin 2006 à Paris pour une paire de jardinières en bronze doré lors de la vente Dray chez Christie’s. Les créations d’Armand-Albert Rateau ne passent guère inaperçues. Ici, deux fauteuils d’un ensemble comprenant bureau, guéridon et miroir, présent du créateur aux actuels propiétaires. Le modèle du fauteuil fut dessiné en 1931, année de l’exposition coloniale organisée à Paris. L’artiste, parvenu à la plénitude de son style, révèle dans l’association du chêne et du bronze un sens absolu du raffinement. Sculptures à fleur de bois, délicates insertions de bronze foncé... Comment ne pas penser au fabuleux ensemble présenté en 2004 à l’occasion de la Biennale des antiquaires sur le stand des Vallois ? La galerie parisienne avait fait l’évènement de cette 22e édition en présentant les derniers chefs-d’oeuvre de l’appartement parisien de Jeanne Lanvin. Un air de famille de bon augure.
Paris, lundi 9 juin. salle 5 - Drouot-Richelieu. Baron - Ribeyre & Associés SVV, Mathias SVV. M. Marcilhac.

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