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6 juillet 2019

Un Chef d'oeuvre de Nicolas de Staël aux enchères chez Christie's pendant la FIAC - Paris 17 octobre 2019

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Nicolas de Staël, Parc des Princesprintemps 1952, huile sur toile, 200 x 350 cm© Christie's Image Ltd 2019

Paris – Christie’s France est heureuse de présenter aux enchères le Parc des Princes lors de la vente Paris Avant-Garde du 17 octobre 2019, pendant la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain). Conservé par les descendants de Nicolas de Staël depuis sa disparition en 1955, ce tableau monumental compte parmi les chefs d’œuvre de l’artiste et constitue l’un des chainons de l’histoire de l’art de l’après-guerre

Exécutée au printemps 1952, cette œuvre magistrale et de grandes dimensions (200 x 350 cm) constitue le point d’orgue de la fameuse série des footballeurs, que Nicolas de Staël peint à la suite du match France-Suède auquel il assiste avec son épouse, en nocturne, le 26 mars 1952 dans le célèbre stade parisien. Sous la lumière des projecteurs, le ballet auquel se livrent les joueurs est un spectacle saisissant pour l’artiste qui, à son retour, se lance dans des compositions plus ou moins figuratives qu’il exécute de chic au couteau.

« Tout son atelier était encombré d’ébauches de toutes dimensions, inspirées par ce spectacle, ici le chef de l’équipe française, là le défilé des joueurs sur la pelouse, là l’extraordinaire ciseau d’un joueur près de tomber. Tout comme flambé, dans des accords bleus, rouges, des ciels, des hommes articulés violemment, le mouvement compartimenté et général, verts, jaunes, une espèce de « conquête de l’air » » : écrit Pierre Lecuire dans son Journal des années Staël.

Pierre Martin-Vivier, Directeur International des Arts du XXe siècle : “C’est un honneur pour nous de présenter une œuvre qui appartient à l’Histoire de l’art du XXe siècle à Paris lors de la FIAC. Le Parc des Princes est un chef d’œuvre de Nicolas de Staël, l’une des œuvres plus symptomatiques des enjeux picturaux de l’immédiate après-guerre. Nous pensons que le marché accueillera ce tableau inédit avec le même enthousiasme qui nous anime. Provenant directement de la famille de l’artiste, Parc des Princes, estimé entre 18 et 25 millions d’euros, établira sans aucun doute un nouveau record pour Nicolas de Staël. » 

C’est davantage le jeu des formes et des couleurs, des mouvements des joueurs que la performance sportive qui intéresse cette figure montante de l’abstraction. La distance qu’il prend à l’égard de son modèle le conduit à une schématisation délibérée du motif. Cette période brève mais d’intense création marque un tournant vers une palette chromatique plus colorée, la disparition progressive des empâtements qui avait marqué jusqu’ici son travail. L’artiste est à l’apogée de son œuvre et opère une synthèse magistrale entre abstraction et figuration. Ce faisant, il apporte une réponse inédite et originale aux grands enjeux picturaux et esthétiques du XXe siècle qui marque durablement la création de son temps. « Ce que Les footballeurs apporteront à la peinture de Nicolas de Staël, et qui demeurera désormais, c’est sa façon si personnelle de partager la toile en champs d’intenses couleurs rompues d’accidents formels qui composent des métaphores visuelles évocatrices du réel. Staël imprègne notre regard, et aussi bien le sien, d’une vision singulière, percevant, comme il le disait à Jacques Dubourg, « la mer en rouge » et s’appuyant désormais sur le spectacle du vu pour poser l’évidente conviction de ses équivalences. » écrit Germain Viatte, en 1995, dans le catalogue de la rétrospective organisée à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny. Et Nicolas de Staël de conclure dans une formule devenue célèbre : « La peinture ne doit pas seulement être un mur sur un mur. La peinture doit figurer dans l’espace. Je n’oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d’un espace ».

Présenté au Salon de Mai de 1952, ce tableau est immédiatement salué par la critique. Elle accompagnera ensuite l’artiste lors des grandes expositions organisées autour de son œuvre : la première exposition de l’artiste à la galerie Knoedler en mars 1953, les grandes rétrospectives organisées au Palais de Tokyo en 1956, à la Kunsthalle de Berne en 1957 mais aussi à la Tate Modern de Londres en 1981, au Musée national centre d’art Reina Sofia à Madrid en 1991 et plus récemment au Centre Georges Pompidou en 2003.

Pierre Martin-Vivier, Directeur International des Arts du XXe siècle : “C’est un honneur pour nous de présenter une œuvre qui appartient à l’Histoire de l’art du XXe siècle à Paris lors de la FIAC. Le Parc des Princes est un chef d’œuvre de Nicolas de Staël, l’une des œuvres plus symptomatiques des enjeux picturaux de l’immédiate après-guerre. Nous pensons que le marché accueillera ce tableau inédit avec le même enthousiasme qui nous anime. Provenant directement de la famille de l’artiste, Parc des Princes, estimé entre 18 et 25 millions d’euros, établira sans aucun doute un nouveau record pour Nicolas de Staël. »

Deux semaines après avoir assisté au match, Nicolas de Staël décrit son enthousiasme au poète René Char :

« Très cher René,

Merci de ton mot, tu es un ange comme les gars qui jouent au Parc des Princes la nuit. […]

Je pense beaucoup à toi, quand tu reviendras on ira voir des matches ensemble, c’est absolument merveilleux, personne là-bas ne joue pour gagner si ce n’est à de rares moments de nerfs où l’on se blesse.

Entre ciel et terre, sur l’herbe rouge ou bleue une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi avec toute la présence que cela requiert en toute invraisemblance. Quelle joie ! René, quelle joie !

Alors j’ai mis en chantier toute l’équipe de France, de Suède et cela commence à se mouvoir un tant soit peu, si je trouvais un local grand comme la rue Gauguet, je mettrais deux cents petits tableaux en route pour que la couleur sonne comme les affiches sur la nationale au départ de Paris. […] 

À toi. Nicolas »

(Nicolas de Staël, ‘Lettre à René Char, 10 Avril 1952’, cité dans : Françoise de Staël, Ed., Nicolas de Staël: Catalogue Raisonné de l’Oeuvre Peint, Neuchâtel 1997, p. 975). 

Vente : Jeudi 17 Octobre à 19 h - Exposition : Du Vendredi 11 au Jeudi 17 Octobre - Christie’s: 9 avenue Matignon, 75008 Paris

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