Palace of Versailles hosts the exhibition "The King's Animals"
Affiche de l'exposition
PARIS.- Après l’exposition Hyacinthe Rigaud ou le portrait soleil, le château de Versailles présente l’exposition Les Animaux du Roi du 12 octobre 2021 au 13 février 2022. Environ 300 œuvres permettront de faire revivre un impressionant bestiaire constitué des milliers d'animaux qui peuplaient le château sous l'Ancien Régime. Le public pourra également redécouvrir les hauts lieux de la vie animale à la Cour. L'exposition mettra aussi en lumière la résistance des grands esprits de la Cour à la vision cartésienne réduisant les animaux à des machines, une théorie qui leur déniait intelligence et sensibilité.
Peut-on imaginer aujourd’hui le château de Versailles et ses jardins regorgeant de vie animale ? Pourtant les animaux de compagnie se comptaient par dizaines dans le château où chiens, singes, chats, oiseaux… vivaient dans les appartements et les antichambres. La Ménagerie, aujourd'hui disparue, abritait les animaux les plus rares, du coati au couagga, du casoar à la grue couronnée. Dans le parc, le gibier était abondant, 2000 chevaux étaient rattachés aux écuries royales et 300 chiens de chasse logeaient dans le grand chenil. Les animaux apparaissent aussi partout dans les décors du château et des jardins,où ils sont représentés pour leur symbolique mythologique ou politique.
Jean-Baptiste Oudry, Trois chiens devant une antilope. Huile sur toile. Irlande, Russborough House, © Alfred Beit Foundation.
Dès sa création, le château de Versailles a favorisé le développement d’un nouveau rapport au monde animal. À la Cour s’est même développée une farouche résistance à la théorie cartésienne des animaux- machines : dans le palais des rois de France, on n’a jamais douté que les animaux avaient une âme.
À l’occasion de l’exposition Les Animaux du Roi, cette faune fera son retour à Versailles, où elle n’a pas disparu sans laisser de traces. En effet, les meilleurs peintres du roi : Bernaerts, Boel, Le Brun, Desportes ou encore Oudry, leur ont donné leurs lettres de noblesse en les portraiturant à l'égal des personnalités de la Cour. Les chiens préférés des souverains avaient aussi droit à leurs effigies avec leurs noms inscrits en lettres d’or : les visteurs pourront donc faire la connaissance de Misse, Turlu, Tane, Blonde, Diane… et même de Général, chat de Louis XV, portraituré par Oudry.
Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), Portrait du Général, chat de Louis XV, 1728. Huile sur toile. Collection Elaine et Alexandre de Bothuri. © Tous droits réservés
Les animaux étaient également tissés à la Manufacture des Gobelins, mais aussi disséqués, gravés puis naturalisés à l’académie des Sciences et au Jardin du roi.
On découvrira ainsi l’éléphante naturalisée de Louis XV, mais aussi le squelette du premier éléphant de Versailles, une éléphante offerte à Louis XIV par le roi du Portugal.
L'exposition sera aussi l'occasion d'évoquer le bosquet du Labyrinthe, peuplé d'un bestiaire fantastique, illustrant les Fables d'Esope. Depuis la destruction de ce lieu mythique du jardin de Versailles, en 1775, jamais autant de sculptures qui en proviennent n'avaient été présentées au public.
Peintures, sculptures, animaux naturalisés, tapisseries, traîneaux, vélins, porcelaines, orfèvrerie… environ 300 œuvres seront rassemblées pour l’occasion et témoigneront de l'omniprésence de l'animal à Versailles. Elles proviennent d’une cinquantaine de collections françaises et internationales (Musée du Louvre, Muséum d’Histoire Naturelle, Musée de la chasse et de la Nature, Musée des Offices de Florence, Musée national de la Céramique, Musée d’Histoire Naturelle de l’Université de Pavie...).
Marie Leszczyńska (1703-1768), Une Ferme, d’après Jean-Baptiste Oudry, 1753. Huile sur toile. Château de Versailles © RMN-GP (Château de Versailles) / © Gérard Blot
L'exposition est organisée avec la collaboration exceptionnelle du musée du Louvre.
Commissariat d’exposition: Alexandre Maral, conservateur général au château de Versailles, en charge des sculptures et directeur du Centre de recherche du château de Versailles.
Nicolas Milovanovic, conservateur en chef au Musée du Louvre, responsable des peintures françaises du XVIIe siècle.
Scénographie: Guicciardini&Magni Architetti.
Pierre-Philippe Thomire, Candélabre de l’Indépendance américaine, 1785 © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / C. Fouin.
PARIS.- The Palace of Versailles is hosting the exhibition The King’s Animals. Some 300 works breathe new life into a spectacular artistic menagerie encompassing the thousands of animals that lived in and around the Palace during the Ancien Régime. The exhibition also sheds light on the opposition, among certain great minds of the French Court, to the Cartesian vision of animals as mere machines bereft of intelligence and sensibility.
Looking at the Palace and Gardens of Versailles today, we can hardly imagine them awash in animal life. And yet the Palace was once home to dozens of companion animals, with dogs, monkeys, cats, birds and more occupying the apartments and antechambers. The now bygone Royal Menagerie featured the rarest species, from the coati to the quagga, and from beavers to black crowned cranes. Game was plentiful in the park, the royal stables accommodated 2,000 horses and the kennels held 300 hunting dogs. Animals are omnipresent as well in the decor of the Palace and Gardens, depicted for their mythological or political symbolism.
Labyrinthe de Versailles. Gravures de Sébastien Leclerc gouachées par Jacques Bailly, textes calligraphiés à l’encre dorée par Nicolas Jarry. Manuscrit sur vélin, reliure en maroquin rouge aux armes et chiffre de Louis XIV. Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris © Tous droits réservés.
Since its creation, the Palace of Versailles contributed to establishing a new rapport with the animal world. Fierce resistance to the Cartesian theory of “animal machines” even emerged at court: in the Palace of the Kings of France, there was never any doubt that animals were endowed with a soul.
This legendary fauna is returning to Versailles for the exhibition The King’s Animals. Indeed, the King’s finest painters — Bernaerts, Boel, Le Brun, Desportes, Oudry — raised animals to noble standing through portraiture, alongside their paintings of Court worthies. Monarchs’ favourite dogs were also eligible for immortalisation on canvas, with their names gleaming in golden letters: visitors will thus make the acquaintance of Misse, Turlu, Tane, Blonde, Diane and other four-legged friends, not to mention Louis XV’s cat, Le Général, painted by Oudry.
Pierre Legros, Benoît Massou, Singe chevauchant un bouc, 1673-1674. Plomb polychrome, fonte. Château de Versailles © Château de Versailles, Dist. RMN © C. Fouin.
Animals were also portrayed in tapestries woven at the Manufacture des Gobelins, and some were dissected and stuffed by taxidermists for the Academy of Science and the King's Garden.
The public will also discover Louis XV’s stuffed elephant, as well as the skeleton of the first elephant to inhabit Versailles (a female given to Louis XIV by the King of Portugal).
Adam Perelle, Veüe et perspective de la Menagerie de Versaille du costé de la porte Royale, 1668-1695. Eau-forte aquarellée © Château de Versailles, Dist. RMN © C. Fouin.
Finally, the exhibition looks back on the Labyrinth Grove, adorned with a fantastic bestiary illustrating Aesop’s Fables. Never since the destruction of this mythical alcove of the Gardens of Versailles in 1774 have so many of the sculptures that once embellished it been presented to the public.
Paintings, sculptures, mounted animals, tapestries, sleds, vellums, porcelain, goldwork and more: some 300 works have been brought together for the exhibition, exemplifying the ubiquity of animals at Versailles. They are taken from some 50 collections in France and abroad (Louvre Museum, National Museum of Natural History, Musée de la Chasse et de la Nature, Galleria degli Uffizi in Florence, Sèvres Museum of Ceramics, Natural History Museum of the University of Pavia, etc.).
Nicasius Bernaerts (1620-1678), Autruche, 1664-1668. Huile sur toile. Musées de la Ville de Montbéliard, C.-H. Bernardot
Exhibition curators: Alexandre Maral, General Curator at the Palace of Versailles in charge of sculptures and Director of the Palace of Versailles Research Centre.
Nicolas Milovanovic, Chief Curator at the Louvre Museum, in charge of 17th century French paintings.
Pieter Boel (1622-1674), Éléphant du Congo vu de face. Vers 1668-1674. Pierre noire avec rehauts de pastel. Musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michèle Bellot.
Tentures des oiseaux de la Ménagerie de Versailles, Verdure au vautour et flamant rose, Manufacture royale de Beauvais d’après un carton (ou un modèle ?) de Pierre Charles Firens (?), Vers 1684-1711. Tapisserie, laine et soie. Ville de Lausanne, collection Benoist © Musée Historique Lausanne
Abraham Bosse (c. 1604-1676), d’après Sébastien Leclerc (1637-1714), Le caméléon. Description anatomique d’un caméléon, d’un castor, d’un dromadaire, d’un ours, et d’une gazelle, Paris, 1669. Paris, bibliothèque du Muséum national d’Histoire naturelle © Muséum national d’Histoire naturelle, Dist. RMN-Grand Palais / image du MNHN, bibliothèque centrale
Pieter Boel (1622/1625-1674), Grue à aigrette. Etude, Musée du Louvre © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojeda
Charles Le Brun (1619-1690), L’Espagne défaite, détail de l’esquisse pour le décor du salon de la Guerre, Château de Versailles © Château de Versailles, Dist. RMN © C. Fouin
Alexandre-François Desportes, La mort d'un chevreuil. Huile sur toile. Château de Versailles © Château de Versailles, Dist. RMN © C. Fouin.
Portrait de la princesse Palatine caressant un chien, France-XVIIe siècle. Huile sur toile. Eichenzell,Hessische Hausschiftung, Museum Schloss Fasanerie © Kulturstiftung des Hauses Hessen, Museum Schloss Fasanerie, Eichenzell bei Fulda 285.
Charles-Georges Leroy (1723-1789), Lettres philosophiques sur l’intelligence et la perfectibilité des animaux, Paris, imprimerie de Valade, an X (1802). Paris, Bibliothèque nationale de France © Bibliothèque nationale de France

















