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Francesco Guardi (1712-1793) Piazza S. Marco con Basilica e campanile.

Toile. 34,5 x 48 cm - Estimation : 400 000 / 600 000 €

Provenance : Major T. L. C. Curtis, Langford Hall, Newark, Nottinghamshire ;
Sa vente (et autres collections), Christie's, Londres, 9 juillet 1937, n° 40 (350 gns. Acquis par F. Sabin) ;
Collection F. T. Sabin, Londres, 1938 ;
Collection duc de Talleyrand ;
Vente anonyme, Christie's, Londres, 9 décembre 1988, n° 38 (£ 242 000) ;
Acquis à cette vente par le mari de l'actuelle propriétaire.

Bibliographie : Antonio Morassi, Guardi, Venise, 1973, t. 1, p. 374 (citée comme provenant de la collection du duc de Talleyrand.
Dario Succi, Francesco Guardi, Itinéraire d'une aventure artistique, Arcueil, 1995, p. 189, n° 201, repr. (Giacomo Guardi)

Note : Notre Piazza S. Marco est emblématique de Guardi.
Les figures qui la peuplent sont réduites à quelques touches de couleur, qui suggèrent des attitudes plus qu'elles ne les décrivent.
C'est la Venise de tous les jours, où le peuple et les nobles se croisent et vaquent ensemble à leurs occupations.
On perçoit, au fond, les tentes qui abritent des étals de marchands.

Malgré la multiplicité des toiles illustrant ce sujet (Guardi a exécuté plus d'une vingtaine de variations sur ce thème), chaque version révèle ses particularités, notamment en ce qui concerne les jeux d'ombre et de lumière.On trouve d'autres toiles qui adoptent un angle similaire :
celles du Museum of Fine Arts de Richmond (toile, 46 x 77 cm), de la collection Bolchini-Bonomi de Milan (toile,18 x 31 cm), ou celle du Metropolitan Museum (toile, 68,9 x 85,7 cm), entre autres.

La beauté du tableau réside ensuite dans l'ombre projetée par les procuraties anciennes, qui inonde un bon tiers de la place, mêlant la nuit et le jour.
Cette orientation de l'ombre se retrouve dans les versions citées plus haut, ainsi que dans celle de la National Gallery de Londres (toile, 34 x 54 cm).
Guardi aime à jouer avec les différents moments de la journée, et la quasi-totalité de ses compositions représentant la piazza S. Marco sont en partie couvertes par de l'ombre.

En revanche, et c'est en cela que notre toile se distingue de la plupart des autres, très peu de personnages vont et viennent sur la place. Le regard se porte immédiatement sur une touche de rouge, flamboyance d'un habit qui pourrait être celui de Casanova.
On peut rapprocher ce détail du chapeau rouge d'un des personnages du tableau du Metropolitan Museum.
Mais c'est de la toile de la collection J. Johnson de Philadelphie (toile,
40,5 x 71,7 cm) que notre tableau se rapproche le plus, tant en ce qui concerne l'ombre, la perspective, que le petit nombre de personnages.
Il semble d'ailleurs que l'on y retrouve deux groupes similaires sur la droite, personnages également présents dans la toile de la collection Willis, vendue chez Christie's New York en 1996 (toile, 39,4 x 63,5 cm).
Dario Succi propose de situer le tableau dans les années 1790, ultime période d'activité de l'artiste comme l'indique la palette chromatique et la prépondérance donnée au ciel dans la composition.

Un certificat daté du 29 septembre 2009 de Dario Succi sera remis à ­l'acquéreur.

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Francesco Guardi (1712-179) Piazza S. Marco con Basilica e campanile.

Panneau. 26 x 43 cm - Estimation : 200 000 / 300 000 €

Provenance : Collection M. A. Ryerson, Chicago
Prêté en 1932 à l'Institute of Art de Chicago ;
Collection Broglie, Paris ;
Collection comte du Boisrouvray avant 1973 ;
Vente de la collection du comte et de la comtesse Guy du Boisrouvray,
Sotheby's, New-York, 27 octobre 1989, n° 73 ;
Acquis à cette vente par le mari de l'actuelle propriétaire.

Bibliographie : « A guide to the paintings in the permanent coll. », Chicago, 1932, p. 181 ; Antonio Morassi, Guardi, Venise, 1973, t. 1, cat. 329, t. 2, fig. 360.
Dario Succi, Francesco Guardi, Itinéraire d'une aventure artistique,
Arcueil, 1995, p. 189, n° 197, repr. (Giacomo Guardi).

Note : Parmi les Vues de la Piazza S. Marco recensées par Antonio Morassi[1], peu fréquentes sont les compositions sur panneau. Obéissant à une composition très proche de celle que nous présentons sur toile, notre tableau illustre encore la maîtrise de Guardi dans l'usage des ombres - ici encore, les Procuratie Vecchie projettent leur ombre fraîche sur la place-,
comme sa subtilité dans le choix et la place des couleurs - une pointe de rouge dans l'habit du personnage à droite au premier plan attire l'oeil.

Notre tableau se différencie des quelques compositions sur panneau par son format panoramique qui permet à l'artiste de démontrer son adresse dans la description des deux Procuratie, aux architectures légèrement rehaussées de noir dont la transparence est renforcée par le choix du support. Ainsi la composition conservée à Milan dans la collection
Bolchini-Bonomi (panneau, 18 x 31 cm) propose un cadrage beaucoup plus resserré sur la basilique, tandis que la composition conservée à Zürich dans la collection Schäffer (panneau, 24 x 33 cm) et celle conservée à Bergame, galerie Lorenzelli
(panneau, 21 x 33 cm) privilégient davantage la vue sur les Procuratie Nove. Dario Succi propose de dater le tableau des années 1785, phase de pleine maturité de l'artiste.

Un certificat daté du 30 septembre 2009 de Dario Succi sera remis à l'acquéreur.

[1] Antonio Morassi, Guardi, Venise, 1973, t. 1, pp. 370 -377, cat. 314 - 352, t. 2, fig. 339 - 376.

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Francesco Guardi (1712-1793) Isola S. Michele.& Rio dei Mendicanti.

Paire de toiles. 16 x 23 cm. Au revers des deux toiles, cachets de la Douane française. Dans des cadres en bois dorés et sculptés, travail français du XVIIIe siècle. Estimation : 150 000 / 200 000 €

Provenance : Probablement collection Lord Carnavon ;
Vente anonyme, Paris, Galerie Charpentier, 9 - 10 mars 1956 (Mes Ader et Laurin), n° 83-84 ;
Collection comte du Boisrouvray avant 1973 ;
Vente de la collection du comte et de la comtesse Guy du Boisrouvray, Sotheby's, New-York, 27 octobre 1989, n° 72 ;
Acquis à cette vente par le mari de l'actuelle propriétaire.

Bibliographie : Antonio Morassi, Guardi, Venise, 1973, t. 1, cat. 610 et 652, t. 2, fig. 583.

Note: On connaît plusieurs versions de la vue du Rio Mendicanti.
La composition est la même que celle du tableau de la collection Peralta-Ramos de New York (toile, 51 x 76 cm), anciennement Pozzo di Borgo, qui est considéré par Morassi comme étant le premier de cette série, et la plus belle version en ce qui concerne l'exécution[1].
Notre tableau serait une œuvre plus tardive. Les gondoles qui longent la berge ne sont pas les mêmes sur les deux tableaux, mais elles ont quasiment la même disposition.
L'Hôpital civil qui se trouve sur le Fondamenta dei Mendicanti, sur la droite, est un des plus grands de Venise. Guardi a su animer le Rio dei Mendicanti par la présence de gondoles et de personnages.
Morassi admire la facture de notre tableau dont il souligne l'exceptionnelle fraîcheur des couleurs[2].
L'Isola San Michele est également un thème récurrent et spécifique à Guardi.
Notre tableau est une version tardive de ce thème.
Si la toile de Londres nous offre une vue de San Michele de face, la composition biaisée de notre version évoque plutôt les vues de San Giorgio Maggiore con la punta della Giudecca, et notamment, celle de l'Art Gallery de Glasgow (toile, 71 x 119 cm).
Il existe une œuvre similaire, qui faisait partie de la collection Moratilla (toile, 17,5 x 24,5 cm, Paris).
L'église de San Michele in Isola fut construite en 1469 par Mauro Codussi.
C'est la première église de la Renaissance vénitienne. Là y demeuraient des religieux, de 1212 à 1810, avant de laisser pour quelques temps leurs cellules de couvent à des prisonniers.
Y séjournèrent entre autres le frère Mauro, auteur de la Mappemonde qui se trouve à la Biblioteca Marciana de Venise, et le frère Cappellari, futur pape Grégoire XVI (1765-1846).

Un certificat daté du 15 septembre 2009 de Dario Succi sera remis à l'acquéreur.

[1] Antonio Morassi, Guardi, Venise, 1973, t. 1, cat. 609, p. 424, t. 2, fig. 579.
[2] Idem, t. 1, cat. 610, p. 424.

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Francesco Guardi (1712-1793) Capriccio.

Toile. 48,5 x 54,5 cm. Au revers une ancienne étiquette de vente française. Au revers, un cachet de douane 24 juin 1982. Estimation : 60 000 / 80 000 €

Provenance : Collection comte Potocki, Paris ;
Collection Sir William Farrer, Londres en 1894 ;
Par descendance collection G. O. Farrer ;
Sa vente, Sotheby's, Londres, 5 février 1947, n° 131 (acquis par Agnew £ 2 000) ;
Chez Agnew en 1949 ;
Collection R. P. Silcok ;
Vente anonyme, Sotheby's, Londres 21 avril 1982, n° 95 (£ 48 000) ;
Vente anonyme, Christie's, Londres, 9 décembre 1988, n° 42 (£ 143 000).
Acquis à cette vente par le mari de l'actuelle propriétaire.

Exposition : “Venetian Art”, Londres, New Gallery, 1894 - 1895, n°172.

Bibliographie : Bernard Berenson, The Venetian painters of the Renaissance, Londres, 1894, p. 109 ;
R. Palluchini, “Note alla Mostra dei Guardi”, Arte Veneta, XIX, 1965, p. 229 ;
Probablement Antonio Morassi, Guardi, 1973, t.1, cat. 824, t. 2, fig. 750 (mesures incorrectes).

Note: Cette œuvre a une importance non négligeable. En effet, dans Note alla Mostra dei Guardi, Rodolfo Palluchini révélait que le Capriccio de la Pinacoteca Ambrosiana de Milan, qui, jusqu'alors, était considéré comme l'œuvre originelle, était en réalité une copie de notre tableau.
Antonio Morassi accepta cette attribution avec enthousiasme, le décrivant comme une œuvre importante de Francesco Guardi, la plus belle pour ce thème[1].
Une œuvre semblable, mais simplificatrice et de moins bonne facture, a été vendue à Paris en 1967 (vente anonyme, Paris, Palais Galliera, 7 mars 1967, n°10).
Une autre faisait partie de la collection Rothschild.
Si Antonio Morassi proposait de situer le tableau dans les années 1770 - 1775, Dario Succi propose de dater le tableau vers 1770.

Un certificat daté du 20 septembre 2009 de Dario Succi sera remis à l'acquéreur.

[1] Antonio Morassi, Guardi, Venise, 1973, t. 1, cat. 824, p. 463, t. 2, fig. 750.

Vente du Mercredi 18 novembre 2009. Dessins et Tableaux Anciens, Mobilier et Obejts d'Art. Peintures & Arts Graphiques. Blanchet & Associés - Paris. Cabinet TURQUIN - Chantal MAUDUIT. Drouot Richelieu - Salles 5 et 6 - 9, rue Drouot - 75009 Paris. Pour tout renseignement, veuillez contacter la maison de ventes au (33)1 53 34 14 44.