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En provenance de la succession de Fitzroy Somerset cinquième Baron Raglan, ancien Président du Bugatti Owners' Club et administrateur du Bugatti Trust, 1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

"If Bugatti-worship were a religion, then the atheist Fitzroy Somerset, the 5th Lord Raglan, would have been its pope." (Lord Raglan obituary, The Guardian, 18 April 2010)

The 1933 Bugatti Type 51 Grand Prix Two-Seater owned by the late Fitzroy John Somerset, the 5th Baron Raglan (1927-2010), Patron and former Chairman of the Bugatti Owners' Club and trustee of the Bugatti Trust, is to be sold at Bonhams' Paris sale of Motor Cars on 5 February 2011. The auction will be held at one of Paris's most impressive venues – the Grand Palais on the Champs-Elysées.

Lord Raglan, whose great-great grandfather, the 1st Baron, was the General in command of British troops in the Crimean war – and forever associated with the ill-fated Charge of the Light Brigade – was renowned for his love of collectors' motor cars, in particular Bugattis. "My passion for Bugattis started when I was 18 and I have raced around the world," he once said, while Andrew Roth in Lord Raglan's obituary in The Guardian wrote:
"If Bugatti-worship were a religion, then the atheist Fitzroy Somerset, the 5th Lord Raglan, would have been its pope."

In 1998, following in the hallowed footsteps of Ettore Bugatti and Earl Howe, Lord Raglan was elected as only the third Patron of the Bugatti Owners' Club in its 80-year history, upon his retirement from an exceptionally successful period as the club's Chairman.

Lord Raglan bought this Bugatti Type 51 in 1979 and restored it himself over the next two and a half years, subsequently racing it for the next 20 years. It is now expected to sell for an estimated €1,000,000 – 1,400,000 (£800,000 - 1,150,000).

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Le regretté Fitzroy John Somerset, cinquième Baron Raglan, a laissé le souvenir très vif d'un grand amateur d'automobiles anciennes. Après une présidence heureuse, Lord Raglan fut la troisième personne seulement à devenir Protecteur du Bugatti Owners' Club (BOC) au Royaume-Uni, après Ettore Bugatti lui-même et l'illustre pilote de compétition, Earl Howe. La dévotion de Lord Raglan pendant toute sa vie à la légendaire marque française fut si intense que les premières lignes de sa nécrologie dans le quotidien national britannique The Guardian commençaient ainsi : « Si l'adoration de Bugatti était une religion, alors ... Lord Raglan, décédé à 82 ans, aurait été son pape. Comme président du Bugatti Owners' Club, il avait fait de son manoir sa basilique et entretenait » (sa Bugatti Type 51) « lui-même afin de lui rendre hommage, après avoir vendu 80 hectares de terre agricole pour l'acquérir. 'Ma passion pour les Bugatti a commencé quand j'avais 18 ans', dit-il, '... et j'ai couru dans le monde entier'. »
Nous proposons donc ici la Bugatti Type 51 avec laquelle Fitzroy Raglan courut « dans le monde entier » pendant près de 30 années au cours desquelles lui-même et le pilote habituel qu'il avait choisi, Sir John Venables-Llewellyn furent si souvent vainqueurs, notamment dans le Williams Trophy du VSCC que cette voiture remporta en de nombreuses occasions.
Actuellement, elle est enregistrée par le BOC britannique sous le numéro de châssis « 51153 » équipé du moteur n° 32. Le archives de l'usine confirment que cet ensemble formé par le châssis ainsi identifié et le moteur fut à l'origine assemblé à l'usine Bugatti de Molsheim en avril 1933 en tant que première d'une série de cinq voitures Type 51.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Aujourd'hui, il existe deux voitures qui possèdent cette identité de châssis, l'une aux Etats-Unis et l'autre, la « Type 51 Raglan » au Royaume-Uni. Chacune est parfaitement connue et reconnue par la fraternité internationale Bugatti. Toutes deux sont inscrites comme Bugatti Type 51 « 51153 » dans les registres Bugatti. Si ces deux voitures se caractérisent par leur cadre de châssis authentiquement fabriqué à Molsheim entre les deux guerres, aucune ne posséderait le véritable cadre avec lequel « 51153 » naquit en 1933.
Le cadre de la « Type 51 Raglan » offerte ici porte le numéro d'époque « 738 » qui concorde avec le fait qu'il s'agit d'un des derniers châssis Bugatti Type 51 datant de 1934 environ. Le cadre de la voiture américaine porte le numéro « 256 » d'un Type 35 première série datant de 1926 environ. On rappellera que les cadre de châssis des Bugatti Types 35, 37, 39 et 51 sont pratiquement identiques.
La Type 51 de Lord Raglan – comme le confirme le réputé spécialiste Bugatti britannique, David Sewell – possède les carter moteur inférieur, boîte de vitesses et pont arrière fabriqués et numérotés à l'époque installés à l'usine de Molsheim sur « 51153 », la voiture officielle originale de 1933. C'est la voiture présentée ici. Ses organes mécaniques véritablement fabriqués à Molsheim sont aussi montés dans le cadre de rechange d'époque « 738 », numéro frappé sur la face interne de la traverse arrière du châssis. Un tel numéro de châssis appartenant à l'une des dernières séries est cohérent avec 1934, époque où l'on sait que « 51153 » dut subir d'importantes réparations et une reconstruction après un grave accident survenu cette année-là dans la Targa Florio en Sicile.
Mais il convient d'examiner l'histoire de « 51153 » depuis sa naissance à Molsheim en 1933. On a la preuve qu'elle fut conservée par l'usine comme voiture de l'écurie officielle pendant une période de neuf mois grâce à son immatriculation à Strasbourg, en Alsace, le 4 juillet 1933 sous le numéro « 3732 NV2 », propriétaire « Automobiles Bugatti, Molsheim ». Les archives du directeur de l'usine de l'époque, François Seyfried, précisent que le moteur, la boîte et le pont arrière de « 153 » portaient tous à l'époque, le même numéro de fabrication : « 32 ».

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

La voiture était probablement la troisième - jusque-là non identifiée - des trois voitures d'usine Type 51 qui disputèrent les Grands Prix de Belgique et de Dieppe 1933. Comme les identités des voitures engagées dans ces courses et confiées aux pilotes officiels Varzi et « Williams » sont connues, « 153 » est selon toute vraisemblance la voiture d'usine confiée à René Dreyfus qui arriva troisième dans le GP de Belgique et deuxième à Dieppe.
Les comptes-rendus d'atelier laissent à penser que « 153 » fut la seule Type 51 d'usine engagée au GP de Monaco 1934, dotée d'un pont arrière à rapport final très court, 11x55. En soutien des trois Type 59, elle était pilotée par Pierre Veyron. Mais la voiture de Monaco portait une immatriculation différente – « 3734 NV2 » - et, selon Sandy Leith du Bugatti Register américain, elle était en réalité la « Voit. Mot. n° 22 » personnelle de Veyron, maintenant identifiée par son numéro d'usine « 54211 ».
Cependant, le 11 avril 1934, la Type 51 « 153 » fut réimmatriculée « 6545 NV2 » à Strasbourg. Après révision complète, elle fut vendue à Giovanni Aloatti de Turin, Italie. Aloatti pilota cette voiture le 20 mai 1934 à la Targa Florio, en Sicile où il fut gravement blessé dans un violent accident. Il est possible que la remise en état de la voiture après cet accident ait nécessité le remplacement du cadre de châssis.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

L'historien de Bugatti David Sewell n'a pas trouvé de traces de « 153 » avant le 9 décembre 1936, date à laquelle elle apparaît dans l'inventaire d'avant la guerre de Jack Lemon Burton, le célèbre négociant britannique spécialisé dans les Bugatti qui venait de l'importer au prix de 235 livres plus 78 livres et 10s de droits de douanes soit 313 livres 10s. Il la référença « Comminges », du nom du circuit routier situé au pied des Pyrénées. Du fait que JLB achetait ses voitures à l'Espagnol Genaro Leoz, on peut penser qu'il pouvait s'agir de la Type 51 engagée par Leoz au GP du Comminges 1934 où elle ne courut pas.
La concordance des numéros d'identification entre l'ancienne voiture d'usine vendue à Aloatti et la voiture réparée vendue par Leoz à Burton indique que le négociant espagnol a pu acheter la voiture à Aloatti et se charger des réparations nécessaires après l'accident à la Targa. Mais Burton ne trouva pas d'acheteurs pour « 153 » et la conserva jusqu'en 1942, date à laquelle elle fut acquise par Allan Arnold de la famille de l'entreprise de carrosserie de Manchester, « William Arnold Coachbuilding ».
À la fin de la guerre, en 1945, Allan Arnold commença à modifier la voiture pour courir. Une importante histoire de la voiture – sous le titre 'Une Bugatti Type 51 Modifiée' – parut dans The Autocar du 4 octobre 1946. M. Arnold y décrivait la voiture qui pesait 800 kg à l'achat et précisait que son objectif était de la ramener à 724 kg. À noter que l'adoption d'une carrosserie allégée en deux parties faisait gagner 68 kg. Équipée d'ailes « vélo », la voiture fut immatriculée à Manchester le 5 juillet 1946 sous le n° GXJ 96 et de nouveau immatriculée « GP 1000 » avant la fin de l'année 1947.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Allan Arnold et « 153 » coururent souvent en 1947 et 1948. En 1949, une refonte s'accompagna du montage d'une boîte présélective ENV, d'amortisseurs avant et arrière Newton à téléréglage, de freins hydrauliques Lockheed et de câbles anti-enroulement de l'essieu avant. La carrosserie fut modifiée et on installa un échappement à deux tubes de sortie. Arnold passa la voiture en annonce dans Motor Sport en mars 1950 et la céda à J. Wilkins qui déclara par la suite à Lord Raglan qu'il avait remonté la boîte Bugatti d'origine.
Le propriétaire de garage, J. H. Pratt, de Brampton près d'Huntingdon, acheta la voiture peu après le 1e avril 1953. Celle-ci possédait toujours sa carrosserie Arnold. Via le membre du BOC Jim Berry, elle passa aux mains de H. H. Thomas de Baldock puis à celles de S. E. L. Sturgeon d'Esher, dans le Surrey.
Le propriétaire suivant identifié est l'Américain William Quinn qui l'acheta en 1959 ou 1960 au Vintage Car Store, à New York. La caisse d'Arnold avait été remplacée par la carrosserie biplace à pointe courte que Harry Shouter avait installée en 1946 sur la Type 51 monoplace ex Esson-Scott châssis n° 51152.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Quand elle fut vendue à Quinn, l'échappement de « 153 » émergeait très bas sur le côté. On a longtemps cru que le moteur n° 32 de « 153 » avait été démonté lors de la première période britannique de la voiture pour être installé sur la monoplace spéciale PJS-Bugatti à châssis HAR de Peter Stubberfield. Cette voiture devint par la suite la propriété d'un ami de Stubberfield, H. H. Thomas, qui la vendit ans moteur vers 1960-61 à David Styles, en principe en ayant conservé le moteur Bugatti.
En 1962, en Amérique, « 153 » fut la propriété de Lynn Mayfield de La Jolla, Californie. Le Bugatti Register 1962 de Hugh Conway n'indique pas de numéro de moteur pour la voiture de M. Mayfield, mais précise que l'ancien moteur n° 32 de « 153 » était monté dans le châssis « 55207 » de la Bugatti Type 55 ex H. H. Thomas, alors aux mains de David Hale de Welwyn.
Cela semble peu crédible car lorsque cette Type 55 fut vendue vers 1963 à Pat Carmichael à Londres, l'ingénieur John Gardiner fut chargé de réaléser un carter de vilebrequin de Type 43 en vue de son montage sur la voiture en utilisant des cales d'épaisseur pour les supports moteur arrière. Il semble douteux que M. Carmichael ait demandé ce genre de travail s'il avait pu disposer d'un vrai carter de Type 51.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Il est donc possible que le carter d'origine n° 32 du Type 51 soit vraiment parti en Amérique avec le châssis « 153 ». Lorsque Lynn Mayfield vendit la voiture à Ray Jones en 1963, il paraît probable que le carter n° 32 fût toujours présent sur la voiture puisque plusieurs années après, M. Jones vendit « son carter » au spécialiste des Bugatti Uwe Hucke après être devenus amis et voisins dans le Midi de la France.
On notera que le mot « carter de Bugatti » ne désigne pas en l'occurrence un simple réservoir d'huile boulonné au bas du moteur sur le carter de vilebrequin, mais qu'il s'agit de toute la moitié inférieure du carter de vilebrequin qui intègre les quatre supports boulonnés aux longerons du châssis qu'ils rigidifient. Il est donc essentiel que cette pièce importante venue de fonderie et usinée porte le même numéro que le châssis qui la reçoit à l'origine.
Contrairement à cette histoire, en 1993, un examen attentif ultérieur de la Type 55 en question ex Carmichael ne révéla aucune pièce susceptible d'avoir appartenu au moteur n° 32.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Il est donc hautement probable que ce moteur n° 32 ait accompagné le châssis « 153 » tout au long de cette période. À l'intérieur de la couverture de son exemplaire personnel du Bugatti Register de Conway de 1962, Ray Jones nota la « 153 » comme sa quatrième Bugatti achetée.
En 1967, Jones vendit ce que l'on croyait être « 153 » équipée du moteur n° 32 à « Jack » Nuttle d'Ann Arbor, Michigan, qui la restaura au cours des années suivantes.
En mai 1979, Lord Raglan acheta à Ray Jones à Menton, en France, le cadre roulant Type 51 n° 738 plus la boîte de vitesses et pont arrière n° 32 ainsi qu'une quantité d'autres pièces mécaniques. Il s'agissait du dernier exemplaire restant des nombreuses Bugatti Type 35, 37 et 51 que Ray Jones avait achetées et vendues pendant vingt ans. Peu après, Lord Raglan acheta le carter Type 51 n° 32 ex Type 51 « 153 » de Uwe Hucke.
Le dossier de documentation joint à la voiture comprend le brouillon d'un article de 1981 écrit par Mark Garfitt qui commence ainsi : « J'était présent au GP de Monaco en mai 1979 lorsque j'appris que Lord Raglan était sur le point d'acheter une Bugatti GP Type 51 non restaurée (n° 32). La voiture n'avait pas couru depuis 1955 environ et encore, à l'époque, sous la forme d'une 'spéciale ', l'Allan Arnold ... ».

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

La restauration de la Type 51 de Lord Raglan avec une aide importante du spécialiste britannique Geoffrey St John demanda 27 mois, jusqu'en 1981. Une carte postale existe encore, en date du 3 novembre 1981, envoyée par Hugh Conway, autorité s'il en fut en matière de Bugatti, déclarant que « GP 1000 » était « 51153 » ex-Molsheim 12 avril 34 ! importée par JLB - c'est-à-dire Jack Lemon Burton – « maintenant chez Lord Raglan à Cefntilla Court, Usk ». Deux courtes notes de la main de Lord Raglan peuvent être consultées, l'une disant : « Pièces de chez Jones. Voiture
67 500 dollars au cours de 2,158 dollars pour une livre = 31 278, 96 Livres moins 765 livres = 30 513, 962 (sic) ... » On y trouve aussi une facture de 1981 émise par l'éminent spécialiste Bugatti Barry Price de A.B. Price Ltd, Studley, Warwickshire – mécaniciens automobiles – relative à d'importants travaux sur la carrosserie et le châssis dont « rebouchage de trous inutiles » pour un montant de 500,71 livres.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Le carnet de notes personnel de Lord Raglan récapitule les travaux effectués sur la voiture comme par exemple : « Achat du 28 mai 1979 ; un tas de pièces, août 1979 ; nettoyage châssis, rebouchage de 250 trous de diverses dimensions par soudage électrique (acier doux). Sablage et peinture au zinc du même ... » Tous ces perçages n'ont peut-être pas servi au montage des différentes carrosseries au cours de la longue vie du châssis, mais peut-être pour gagner du poids conformément aux modifications d'Allan Arnold.
Le carnet constitue un fascinant compte-rendu de la restauration de la Bugatti, des nombreux problèmes rencontrés et résolus – jusqu'à « encore retardé par un lumbago » et « interrompu pour cause de panne électrique » - jusqu'à la dernière ligne qui conclut : « Peinture du récupérateur, séchage dans l'Aga ... », le four de la cuisinière à charbon de Sa Seigneurie à Cefntilla Court !
Le carter inférieur tel qu'il apparaît aujourd'hui a été examiné avec attention par Hugh Conway. Dans une note à Lord Raglan en date du 28 janvier 1981, il confirma que les numéros '51153' et '32' frappés sur la patte support moteur arrière gauche semblaient authentiques. Mais trois des quatre pattes supports avaient été cassées – preuve probable d'un violent accident (Targa Florio 1934 ?) – et réparées tant bien que mal. Seule la patte arrière droite était restée intacte. Récemment, la patte arrière gauche a dû être rechargée et soudée et cette réparation a oblitéré le numéro original « 32 » frappé lu par Conway, tandis que seul le « 153 » du n° 51153 de série reste lisible.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Les éléments d'époque de la carrosserie qui subsistent aujourd'hui comprennent l'auvent et le tablier qui devraient provenir du châssis n° 4650, le tablier ayant été élargi pour être installé, et le saute-vent est aussi d'origine. Le carénage de la pointe est aussi considéré comme original car obtenu du bugattiste et ami Hamish Moffatt. On pense qu'il provient de la Type 35 C n° 4863 de Bob Roberts dont ce dernier avait refait la carrosserie dans les années 1970.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Au cours des trois dernières décennies, la Bugatti Type 51 de Lord Raglan a signé plus de victoires en compétition que tout autre voiture comparable. Il l'engagea régulièrement pour son pilote Sir John Venables-Llwellyn – comme dans le GP historique couplé au GP de Monaco 1984 que « 153 » remporta aisément – lui-même prenant le volant pour les épreuves sur route.
En janvier 2009, Lord Raglan fit une conférence sur la voiture à l'Assemblée Générale annuelle du Bugatti Trust, événement qui fut filmé pour la postérité (disponible en DVD). Il y raconta comment il avait adopté avec enthousiasme le mot d'ordre d'Ettore Bugatti à propos de la préparation des voitures de course : « Beaucoup de jeu – beaucoup d'huile – beaucoup de vitesse » !

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Détaillant les modifications introduites sur la voiture, il expliqua comment il avait élevé le régime du compresseur de 1,22 à 1,5 fois la vitesse du moteur tout en agrandissant l'entrée d'air du dit compresseur de 43 à 53 mm soit 43 pour cent de gain de passage d'air afin de porter la pression d'admission à 1,5 kg/cm2. Il estima que la puissance du moteur avait été relevée de 180 cv à près de 250. Les performances exceptionnelles de la voiture sur circuit semblent recouper ces chiffres.
De nos jours, « 153 » immatriculée au Royaume-Uni (V5C) possède ses papiers d'identification de véhicule historique émis par la FIA et son homologation spéciale du Vintage Sports Car Club et elle est éligible pour toutes les manifestations du BOC. Lord Raglan la maintenait prête à courir et non comme une bête à concours et son état est bon à tous points de vue.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

David Sewell qui fait autorité a examiné en détail la voiture de Lord Raglan et a fait des recherches poussées sur son histoire comme sur celle du châssis course d'usine Type 51 n° 51153. En 1966, il est possible que Ray Jones ait vendu à 'Jack' Nuttle le moteur n° 32 de « 153 ». Par la suite M. Nuttle a échangé le carter complet n° 32 – à cause de ses trois pattes supports cassées – à M. Jones contre le carter complet Type 51 n° 20 provenant du châssis 51127 , identité actuelle de ces pièces qui appartiennent à l'ancienne voiture de Nuttle actuellement en Amérique.
Si cette voiture apparaît au Bugatti Register américain sous le numéro « 51153 », la voiture de Lord Raglan a été reconnue comme étant « 51153 » par le Bugatti Register britannique depuis 25 ans car elle possède au moins trois des cinq organes essentiels : le carter du moteur, la boîte de vitesses et le pont arrière de la voiture d'origine, le tout étant installé dans un cadre de châssis d'époque.

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Nous présentons donc la « Bugatti Type 51 de Lord Raglan » telle qu'elle a été ressuscitée pour et par lui après 1979, telle qu'elle a été si intensément engagée en course et telle qu'elle a remportée souvent et partout tant de victoires au cours de nombreuses saisons de compétition.

Fitzroy Raglan était le fanatique de Bugatti par excellence, au point de partager peut-être le qualificatif de « pur sang ». Sa brillante conférence adressée à ses camarades du Bugatti Trust a prouvé son enthousiasme pour la marque et donné le détail des travaux effectués sur sa chère Type 51. Lorsque le chevronné journaliste automobile Ronald « Steady » Barker se leva pour remercier Fitzroy au nom d'une assistance encore sous le charme, il commença par ces mots : « Ce n'est pas souvent qu'on a le privilège d'entendre la parole du Seigneur et encore moins de l'entendre en direct ... »

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Cette Bugatti Type 51 a vécu tous les avatars que peut connaître une typique voiture de Grand Prix des années 1930 ...en mêlant tant de caractère et de charme dans une des créations artistiques et mécaniques les plus raffinées et les plus durables d'Ettore Bugatti.
Mais surtout, il ne s'agit pas seulement d'une Bugatti 51 parmi d'autres. C'est la voiture qu'un futur propriétaire ne saura mieux décrire dans les années à venir que comme 'la Type 51 de Lord Raglan'. Telle est l'automobile à laquelle, pendant si longtemps, cette personnalité si sympathique et si remarquable a consacré tant de passion, d'intérêt et de dévotion – et qui a constamment démontré son hyper compétitivité et sa vitesse ...

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1933 Bugatti Grand Prix Type 51 Biplace, Chassis no. 738. photo Bonhams

Also from the Estate of Lord Raglan, the sale will offer his 1930 Bugatti Type 46 Cabriolet, with coachwork by Figoni, estimated at €250,000 – 300,000 (£200,000 – 250,000).

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En provenance de la succession de Fitzroy Somerset 5ème Baron Raglan Protecteur et ancien Président du Bugatti Owners' Club, 1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. Coachwork by Figoni. Registration no. SV 6684 (UK). Chassis no. 46331. Engine no. 199. photo Bonhams

Le chef-d'œuvre de Bugatti pour 1929 ne fut pas une voiture de Grand Prix, mais un sensationnel et luxueux châssis à moteur huit cylindres de 5,3 litres conçu pour recevoir les carrosseries les plus somptueuses et les mieux équipées et pour offrir la conduite la plus souple et le meilleur comportement routier possibles. Il s'agissait du Type 46 qui fut vite surnommé « La Petite Royale ». Non pas qu'il fut véritablement « petit » avec son moteur de 5 359 cm3 et son généreux châssis pesant 1 150 kg. Mais cette voiture présentait de grandes similitudes avec la puissante Royale dont une boîte de vitesse à trois rapports intégrée au pont arrière et la course longue (130 mm) des dernières Royale. La Type 46 se situe incontestablement parmi les Bugatti les plus grandes et elle se révèle d'une souplesse impressionnante sur le rapport supérieur. À l'époque de la crise mondiale, elle répondit à une demande réelle bien qu'elle dût affronter sur un marché limité une concurrence nommée Hispano-Suiza, Isotta-Fraschini, Rolls-Royce et Cadillac. Néanmoins, la marque Bugatti était dans une classe à part sans doute en raison de l'engagement personnel d'Ettore Bugatti dans la conception et la fabrication et de la reconnaissance internationale de la créativité de la famille Bugatti dans de nombreux domaines – sans oublier bien entendu les victoires de la marque en compétition.

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

Commentant le nouveau modèle en 1930, le magazine britannique The Motor écrivit : « Elle réunit le luxe d'une grande limousine, la souplesse et le comportement en prise directe d'un coupé de ville bien né à une tenue de route parfaite, à la vitesse et aux accélérations des meilleures voitures de sport. »

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

46331 fut livrée en châssis le 17 mai 1930 au Garage Mondan & Wilson à Paris pour son premier propriétaire, le Parisien Georges Combe qui, à l'évidence, avait compris ses extraordinaires spécificités. Il devait commander une caisse deux portes quatre places à Figoni, carrossier par excellence dont les conceptions et le savoir-faire complétaient la créativité de Bugatti. Combe conduisit cette élégante voiture dans la capitale et au cours de voyages familiaux dans les Pyrénées, la conservant en service régulier jusqu'en 1939 avant qu'elle ne soit démontée et cachée pendant la guerre. En 1948, la voiture fut sortie de sa cachette, réassemblée et munie d'une carrosserie break (voir photo) en vue de participer au Rallye Alger–Le Cap 1951. A cette occasion, de nombreuses modifications furent introduites dont le détail figure au dossier. Les circonstances voulurent que 46331 échappe à cette aventure plutôt risquée. Combe conserva la voiture jusque dans les années 1960 et son nouveau propriétaire entama une campagne de reconstruction de la voiture dans son état d'origine après avoir racheté à Combe la caisse Figoni.

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

46331 trouva un meilleur refuge en 1996, date de son acquisition par le passionné de Bugatti qu'était Lord Raglan. Une fois de plus, la voiture fit l'objet d'une restauration bien documentée grâce à l'intervention, entre autres, des réputés spécialistes de la marque Ivan Dutton et John Merryfield. Les acheteurs potentiels sont invités à examiner le très complet dossier qui l'accompagne afin d'apprécier pleinement l'ensemble du travail de restauration effectué et le soin apporté par Lord Raglan aux plus petits détails. Cette Bugatti est maintenant offerte en très bon état général et de fonctionnement et elle a passé le contrôle technique du MoT en octobre dernier.

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

46331 qui possède une histoire continue fascinante et bien documentée, très connue dans les cercles Bugatti internationaux, a été reconnue par Lord Raglan et le reste du monde comme une des plus grandes automobiles de l'histoire.

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

From the estate of Fitzroy Somerset, 5th Baron Raglan, Patron and Past Chairman of the Bugatti Owners' Club, Trustee of the Bugatti Trust

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

Bugatti's masterpiece for 1929 was not a Grand Prix racing car but a sensational eight cylinder, 5.3-litre engined luxury car chassis, designed to take the finest and most sumptuously equipped coachwork, providing the ultimate in flexible motoring with exceptional road manners. This was the Type 46 that earned the sobriquet 'La Petite Royale'. Not that there was much petite about the 5,359cc engine or substantial chassis which weighed some 1,150kg. However the car shared many similarities with the mighty Royale, including the three speed gearbox in the rear axle and the long (130mm) stroke of the later Royales. Of the larger Bugattis the Type 46 ranks most highly and offered impressive top gear flexibility. At a time of world recession it found a ready demand, despite competing in a reduced market place with the likes of manufacturers such as Hispano-Suiza, Isotta-Fraschini, Rolls-Royce and Cadillac. Somehow the Bugatti marque stood in a class of its own, perhaps because of Ettore Bugatti's personal involvement in design and manufacture and the internationally recognised genius of the Bugatti family in so many spheres – and in no small way because of the marque's successes on the racing circuit.

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

Writing of the new model in 1930 the English magazine The Motor reported: It combines the luxury of a large limousine, the flexibility and top gear performance of a thoroughbred town carriage with the perfect road holding, the speed and acceleration of the best type of sports model.

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

46331 was delivered as a chassis in 17th May 1930 to Garage Mondan & Wilson in Paris for its first owner, Parisian Georges Combe, who clearly recognised its outstanding specification. He was to commission two-door four-seat coachwork by Figoni – the design and craftsmanship from this carrossiere- par-excellence complementing the genius of Bugatti. Combe was to drive his elegant new car actively in the metropolis and on family trips to the Pyrenees, retaining it in regular use until 1939 when it was dismantled and hidden away during hostilities. In 1948 the car emerged from store, was re-assembled and a special estate car body was fitted (see photo) to enable 46331 to take part in the 1951 Alger-Le Cap Rallye – many other modifications being carried out at the same time, all recorded on file. A change in circumstances saw that 46331 did not suffer the indignity of participating in that event. Combe retained the car until the 1960's, its new owner then embarking on restoring it to original condition and specification, having acquired the Figoni body from Combe's store.

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

46331 found a still better home in 1996 when it was acquired by Bugatti aficionado Lord Raglan and once again the car was to be the subject of a well documented restoration using respected marque specialists including Ivan Dutton and John Merryfield amongst many others. Prospective buyers are advised to inspect the comprehensive file to appreciate fully the extent of the restoration and Lord Raglan's attention to fine detail. She is now presented in very good condition overall and in full working order have passed an MoT road worthiness test last October.

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

46331 is a car with a continuous, well documented and fascinating history – very well known in international Bugatti circles and a model recognised by the late Lord Raglan, and universally, as one of the World's Supercars.

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1930 Bugatti Type 46 Cabriolet. photo Bonhams

This is not the first time that Bonhams has offered a Bugatti owned by a former Patron of the Bugatti Owners' Club at one of their Parisian auctions. In 2009, a 1937 Bugatti Type 57S, originally owned by Earl Howe, sold for a remarkable €3.4 million.

James Knight, Group Head of Bonhams Motoring Department, says, "We feel privileged to have been appointed to offer these magnificent Bugattis with such well-known provenance. Lord Raglan will be forever linked to the Bugatti marque and his cars have only come to market following his death. They will undoubtedly attract a great deal of interest from collectors world-wide."