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Pendule aux « Trois Grâces ». D'après un modèle de François Vion, reçu Maître bronzier en 1764. Paris, époque Louis XVI. Photo Kohn

Bronzes dorés, émail et verre. Cadran signé DURAND à Paris. H. 48,5 cm, diam. 14 cm - Estimation : 25 000 / 35 000 €

Cette pendule en bronze ciselé et doré s'inspire du célèbre modèle de pendule dite aux « Trois Grâces » crée par le bronzier François Vion en 1769. Madame du Barry posséda un de ces exemplaires qui appartient aujourd'hui au Musée du Louvre (en dépôt au Château de Fontainebleau). Une autre est au Metropolitan Museum de New York.

Trois figures féminines, Aglaë, Thalée et Euphrosine, se tiennent debout simplement vêtues d'un drapé leur couvrant les hanches. Une superbe guirlande de roses s'enlace autour de leurs bras.

Elles déambulent autour d'une colonne cannelée et soutiennent avec élégance un vase antique contenant le cadran. Celui-ci, de forme circulaire en émail blanc indique les heures en chiffres romains, les minutes et les quantièmes en chiffres arabes.

Il est entouré d'un long branchage de roses. L'ensemble de la pendule est couronné par un angelot finement ciselé sortant des nuées et tenant le profil du Roi Henri IV.
La base circulaire est parcourue par une frise de feuilles de vigne et d'un tore de laurier.

Ce thème des « T rois Grâces » fut très prisé par les horlogers et les bronziers de la fin du XVIIIe siècle car il permettait de mêler parfaitement le retour à l'Antiquité par le biais d'un sujet mythologique et le charme d'un sujet léger avec la représentation de ces trois femmes dénudées. Ce groupe féminin, à la fois frivole et charmant, a été décliné dans plusieurs versions notamment pour accueillir des cadrans circulaires.
La position des jeunes femmes peut parfois varier, pouvant être vues de dos, de face ou de trois quarts. Si notre pendule se rapproche fortement du modèle de Vion notamment par le mouvement des Grâces, leurs drapés ou encore cette guirlande de roses, il n'est pas exclu que son auteur s'inspira également de celui de Falconet (1716 - 1791) crée vers 1770. En effet, le Musée du Louvre conserve une pendule en marbre aux « T rois Grâces » attribué à ce sculpteur où les personnages, à l'instar de notre oeuvre, tournent autour d'une colonne antique.

Le bronzier a su ici s'inspirer des meilleurs faiseurs de son époque pour réaliser une pendule remarquable de qualité en respectant le grand gout néoclassique de la riche clientèle contemporaine du règne de Louis XVI.

Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris www.kohn.com