2

2

2

2

2

2

Paire de commodes probablement offerte pour le mariage de Ferdinand Ier des Deux-Siciles et Marie-Caroline d’Autriche, Naples-Sicile ou Milan, troisième quart du XVIIIe siècle. Photo Kohn

Bâti de tilleul, placage de merisier, amarante et palissandre, bronzes dorés et marbre blanc. H. 100,5 cm, L. 134,5 cm, P. 67 cm - Estimation : 220 000 / 250 000 €

Cette exceptionnelle paire de commodes de forme rectangulaire, rare par sa structure, pourrait avoir été offerte pour célébrer le mariage entre le Roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles (1751-1825) (appelé aussi à tort Ferdinand IV de Bourbon-Naples) et Marie-Caroline d'Autriche (1752-1814), soeur de Marie-Antoinette en 1768.

Elles présentent en façade un large panneau en placage de merisier où se détache, selon la double technique de l'intarsia et de la marqueterie, un médaillon figurant les profils présumés des deux souverains, traité à la manière des camés antiques, entouré de guirlandes de lauriers.

Il est encadré d'un placage de palissandre, d'amarante et de merisier et ceint d'une baguette en bronze doré.

Cet élément amovible s'ouvre et se glisse dans la partie supérieure du meuble pour démasquer deux tiroirs de longueur à traverses de soutien apparentes.

Les poignées de tirage en bronze doré apparaissent sur un fond de merisier encadré de perles.
Au centre, les entrées de serrure prennent place au milieu d'une marqueterie de bois exotique figurant un carré sur la pointe.

Les panneaux latéraux s'ornent d'armoiries composées de trois fleurs de lys surmontées d'une couronne et entourées de lauriers.

Les quatre pieds gaines sont placés dans l'exact

Prolongement des montants décorés de cannelures et de denticules simulées.

La rigueur de la forme générale de ces meubles est assagie par une accolade située sous la façade et les deux côtés.
Chacune est coiffée d'un marbre blanc à vaguelettes.

Cette paire de commodes reste un rarissime et très bel exemple de l'ébénisterie italienne du XVIIIe siècle, tant par sa structure que par son décor.

La forme parfaitement rectiligne et l'ornementation d'une très grande sobriété, composée de grands aplats de placage, indiquent une création que l'on peut attribuer à un atelier napolitain ou sicilien à partir des années 1770.

Cette attribution est également attestée par les motifs exécutés en intarsia visibles sur ces commodes. Outre les portraits qui semblent renvoyer à Ferdinand Ier et son épouse, les armoiries visibles sur les côtés sont à rapprocher de celles, simplifiées, de Ferdinand Ier des Deux-Siciles, les trois fleurs de lys surmontées d'une couronne.

Cette iconographie, insolite dans ce type de meuble, laisse à penser qu'il pourrait s'agir d'une commande particulière, très probablement un cadeau offert au Roi et à la Reine pour célébrer leur mariage.

On peut rapprocher également ce travail de l'oeuvre d'ébénisterie de Giuseppe Vignati qui travailla à la fin du XVIIIe siècle à Milan, influencé par les réalisations de Maggiolini qui se fit une spécialité de ce type de meuble.

La rigueur des formes, la sobriété du placage, le travail de l'intarsia et le recours à ces motifs de camées sont visibles dans une paire de commodes aujourd'hui conservée en mains privées. Outre le décor, on y retrouve ce même ingénieux système de vantaux placé en façade qui se dissimule sous la ceinture supérieure pour révéler des tiroirs de longueur.

Kohn. Mardi 5 mars 2013. Hôtel Le Bristol - Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré – 75008 Paris - www.kohn.fr