L'Homme de Piltdown (Eoanthropus dawsoni)
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L'Homme de Piltdown (Eoanthropus dawsoni) est l'une des plus grandes supercheries scientifiques de l'histoire.
En réalité, le fossile présenté par Charles Dawson était un assemblage artificiel composé d'un crâne humain médiéval (vieux d'environ 500 à 600 ans), une mâchoire d'orang-outan contemporain, dont les dents avaient été limées pour simuler une usure humaine et une teinte artificielle obtenue par trempage dans un bain de fer et de bichromate de potassium pour simuler une importante fossilisation.
Le canular satisfaisait deux préjugés majeurs de la communauté scientifique de l'époque. Les paléoanthropologues britanniques pensaient que le développement d'un gros cerveau avait précédé l'évolution du reste du corps (la découverte d'Australopithèques plus tard a prouvé l'inverse : la bipédie et la dentition ont évolué avant l'augmentation du volume cérébral). Par ailleurs, ils souhaitaient doter le Royaume-Uni d'un « premier Homme », rivalisant ainsi avec les découvertes de l'Homme de Néandertal en Allemagne ou du Pithécanthrope en Indonésie.
La supercherie n'a été officiellement exposée qu'en 1953 par Joseph Weiner, Wilfrid Le Gros Clark et Kenneth Oakley grâce à de nouvelles méthodes de datation par le fluor et à des analyses chimiques.
Bien que Charles Dawson (mort en 1916) reste le principal suspect d'avoir fabriqué ces pièces, l'identité exacte de tous les complices éventuels (parmi lesquels ont parfois été cités Pierre Teilhard de Chardin ou Arthur Conan Doyle) demeure encore un sujet de débat.