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Alain.R.Truong
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12 janvier 2008

Le "nam trâm", un violoncelle propre au Vietnam

Le pays ne compte aujourd'hui que 4 nam trâm, un violoncelle propre au Vietnam. Apparu pour la première fois en octobre 2004 dans l'orchestre du Théâtre de musique traditionnelle Bông Sen (fleur de lotus), le nam trâm a même étonné les professionnels du fait de sa résonance très basse qui s'accorde à merveille avec les mélodies folkloriques. Son créateur, Nguyên Hoang Kim Quang, est un violoncelliste.

La particularité de l'orchestre du Théâtre de musique traditionnelle Bông Sen, de Hô Chi Minh-Ville, réside dans le nam trâm, un violoncelle "à la vietnamienne". Contrairement à de nombreux instruments traditionnels tels que flûte traversière, tambour, tambourin, monocorde, cithare à 16 cordes, luth à 2 cordes... le nam trâm se distingue par sa taille importante, celle d'un violoncelle. Il s'agit en effet d'une "variété" de cet instrument, avec une grande caisse presque rectangulaire. "Le +nam trâm+ possède les qualités d'un violoncelle en ce qui concerne l'intensité et la fréquence du son, permettant une instrumentation parfaite dans un orchestre traditionnel. Sans oublier sa résonance basse qui accompagne à merveille les mélodies folkloriques", lance avec fierté le créateur du nam trâm, Nguyên Hoàng Kim Quang, un violoncelliste sorti du Conservatoire de Hanoi.

"Cohabitation à contrecoeur"
Mais pourquoi cette création ? Son explication est toute simple : "Violoncelliste, je fais partie intégrante de l'orchestre Bông Sen depuis 1976.
C'était pourtant, pour nous, une +cohabitation à contrecoeur+ entre les instruments contemporains et traditionnels. Harcelé par cette idée, j'ai nourri l'ambition de créer un instrument à l'instar d'un violoncelle, susceptible de parfaire l'instrumentation de notre orchestre qui manquait jusque là de ton grave".

En 2003, l'ambition de Nguyên Hoàng Kim Quang a reçu le soutien du musicien Thê Viên qui travaillait au Centre culturel de Hô Chi Minh-Ville. Après de longues recherches et discussions, les 2 instrumentistes sont parvenus à l'idée de combiner 2 instruments - le day (luth avec une caisse rectangulaire) et le tu dai - pour donner naissance à un troisième, le nam trâm. La conception initiale achevée, MM. Quang et Viên sont partis pour Hanoi où ils sont allés frapper la porte des luthiers expérimentés. Avec la participation dévouée de ces derniers, le premier modèle de nam trâm a enfin pris forme, suscitant une attente soucieuse de ses créateurs. Essais, discussions, modifications, ajustements... À la troisième mouture, en octobre 2004, le violoncelle vietnamien a officiellement vu le jour. Son auteur a reçu la mention excellente du Conseil scientifique comprenant, entre autres, les professeurs en musique Ca Lê Thuân et Tô Vu, le musicien Vu Thanh, les compositeurs Kiêu Tân, Nguyên Thanh Tân et Vu Van Tuyên. Ayant l'apparence d'un instrument traditionnel, il possède une grande caisse rectangulaire aux angles arrondis, un long manche avec une fleur de lotus à son extrémité et 4 cordes accordées par quintes (do, sol, ré, la) qui, à l'instar du violoncelle, sont soit frottées avec un archet, soit pincées.

Un mois seulement après sa naissance, le nam trâm a été présenté avec fierté, en novembre 2004, aux spectateurs suédois lors de la fête "Les journées vietnamiennes à Stockholm" à laquelle le théâtre Bông Sen a eu l'honneur de participer. Le succès se confirme alors, et la direction du théâtre a décidé de faire fabriquer 3 nam trâm de plus pour compléter son orchestre traditionnel.

Quant à son créateur, Nguyên Hoàng Kim Quang, il parle de son oeuvre sans prétentions : "Cet instrument sera perfectionné au fil du temps en ce qui concerne ses qualités musicales. Quoi qu'il en soit, il nous permet de nous débarrasser de notre complexe d'infériorité de devoir emprunter un instrument occidental pour notre orchestre oriental". (Long Son/CVN)

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